Connecteurs rapides en électricité : Wago a-t-il vraiment enterré le domino ? Qu’est-ce qu’un connecteur rapide ? Dans quel cadre peut-on l’utiliser ? Nous allons faire le tour du sujet afin de vous rapporter toutes les informations relatives à ce produit devenu incontournable dans toute installation électrique.
- Rapide à mettre en œuvre
- Sécuritaire
- Réutilisable (borne à levier)
- Polyvalent
- Testable (pour certains modèles)
Petite, transparente, orange ou jaune, parfois munie d’un levier : La borne de connexion rapide s’est installée dans les boîtes de dérivation, derrière les appareillages et dans les tableaux électriques. Au point que « Wago » pour les électriciens, est presque devenu, dans le langage courant du chantier, le nom de toutes les bornes automatiques. Mais peut-on réellement les utiliser partout ? Que disent les normes ? Peut-on raccorder du fil souple et du fil rigide ensemble ? Une borne peut-elle être cachée derrière un doublage ? Et surtout : comment une connexion aussi petite peut-elle supporter plusieurs dizaines d’ampères sans chauffer ?
Sur les chantiers, le vieux « domino » à vis a sérieusement perdu du terrain.
Il faut reconnaître que la borne automatique possède des arguments : Elle est petite, rapide à installer, ne nécessite généralement aucun outil pour réaliser la connexion et évite le serrage manuel d’une vis. Mais sa simplicité est également son principal piège. Parce qu’un conducteur entre dans une borne ne signifie pas nécessairement qu’il doit y entrer. Et parce qu’un raccordement tient lorsque l’on tire légèrement dessus ne signifie pas qu’il constitue une connexion électrique correctement réalisée.
Commençons donc par le commencement.
En électricité « Wago » n’est pas le nom d’un produit : C’est une marque
WAGO est un fabricant allemand de matériels de connexion électrique. Son nom est devenu tellement courant sur les chantiers français que l’on entend désormais : « Mets-moi un Wago là-dessus. »
De la même manière que certaines marques sont entrées dans le langage courant, « Wago » tend à désigner abusivement n’importe quelle petite borne de connexion rapide. Techniquement, il faut plutôt parler de borne de raccordement, borne de connexion, connecteur à ressort, connecteur à enficher, etc., suivant la technologie considérée.
Et cette distinction n’est pas seulement sémantique. Toutes ces bornes n’acceptent pas les mêmes conducteurs, les mêmes sections, les mêmes courants ni les mêmes conditions d’utilisation.
Il existe plusieurs familles de bornes rapides en électricité du bâtiment
Information importante, ne mélangeons pas tout. Nous parlons bien ici d’électricité du bâtiment. Car la marque fabrique également des connecteurs pour l’industrie, et pour l’électronique.
Deux connecteurs qui se ressemblent ne sont pas nécessairement destinés aux mêmes conducteurs. Prenons deux produits extrêmement courants et examinons les dans le détail.
La série Wago 221
Crédit photo : S.USTUN / Google PIXEL 9 PRO.
C’est la petite borne transparente munie de leviers orange que beaucoup connaissent. Le fabricant indique par exemple pour une 221-413 une capacité maximale de 4 mm² et son utilisation avec différents types de conducteurs. La fiche produit indique également une température ambiante maximale de 85 °C. WAGO
La documentation donne notamment pour cette famille :
- conducteurs rigides et semi-rigides : 0,2 à 4 mm² ;
- conducteurs souples : 0,14 à 4 mm².
- Réutilisable sans risque (grâce à la fonction levier)
- De 2 à 10 connecteurs sur une borne.
- Deux points de test (c’est pratique !)
Il existe également une famille 221 permettant d’aller jusqu’à 6 mm². WAGO
En outre les connecteurs de cette série sont testables (sans relever le levier ou retirer le fil). Autrement dit on peut simplement venir appliquer le multimètre directement sur le connecteur aux emplacements prévus à cet effet. C’est plutôt cool. Ce point de test est généralement placé au centre du connecteur (sauf pour les connecteurs 2 fils évidemment).
La série Wago 2273
Crédit photo : S.USTUN / Google PIXEL 9 PRO.
Visuellement, nous sommes toujours face à une petite borne de raccordement mais le fonctionnement et les conducteurs admis diffèrent.
La 2273-203, par exemple, est donnée par Wago pour des conducteurs rigides, jusqu’à 2,5 mm². En photo ci-dessus, je vous présente le modèle 2273-205. Le 203 vaut pour 3 connecteurs, le 205 admet jusqu’à 5 connecteurs quant à lui.
Autrement dit : Mettre un conducteur souple dans une borne parce qu’il « rentre dedans » ne suffit absolument pas à rendre le raccordement correct. C’est la fiche technique de la borne qui décide. Ce point est TRES important, on gardera donc à l’esprit qu’il ne faut l’utiliser avec des fils souples.
NOTA : Le symbole du cercle avec une flèche (voir ma photo ci-dessus) indique l’endroit où placer son testeur. Très pratique.
La série 222 : Moins connue
Moins connue que ses sœurs, la borne de connexion rapide série 222 est singulière. Elle prend plus de place, elle est plutôt très difficile à manipuler notamment pour les leviers (ça claque fort !) et surtout, elle n’accepte pas les température aussi élevée que ses petites camarades. Vigilance, ici c’est 40 degrés Celsius MAX.
Elle est évidemment réutilisable et se décline également en termes de section de câble et de nombre de connecteurs sur la même borne.
Tableau : toutes les bornes ne font pas la même chose
| Technologie / exemple | Conducteurs | Particularité | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Borne à levier type Wago 221 | Rigide, semi-rigide et souple selon modèle | Très polyvalente, ouvrable | Respecter section et dénudage |
| Borne automatique type Wago 2273 | Rigide selon modèle | Extrêmement compacte | Ne pas introduire un conducteur incompatible |
| Domino à vis | Variable suivant le matériel | Technologie traditionnelle | Serrage et compatibilité des conducteurs |
| Bornier à vis | Variable | Très répandu dans les équipements | Couple de serrage lorsqu’il est prescrit |
| Sertissage | Dépend du connecteur | Excellente tenue si correctement réalisé | Pince, matrice et connecteur adaptés |
Une règle simple doit donc remplacer toutes les autres : On choisit le connecteur en fonction du conducteur et de l’application, et non le conducteur en fonction du connecteur que l’on a dans sa poche. Évidemment, sur les chantiers cette règle n’est pas toujours franchement observée.
Le principe : remplacer la vis par un ressort
Le traditionnel domino réalise le contact électrique grâce au serrage mécanique d’une vis sur le conducteur. Dans une borne automatique à ressort, le principe est différent. Une pièce métallique élastique exerce une pression sur le conducteur et le maintient contre la zone conductrice de la borne.
L’idée est particulièrement intéressante en électricité.
Une connexion électrique doit remplir simultanément deux fonctions : Assurer la continuité électrique et maintenir mécaniquement le conducteur.
Il faut donc obtenir une résistance électrique de contact aussi faible que possible tout en conservant cette qualité de contact dans le temps. Avec un dispositif à ressort correctement conçu et correctement employé, la pression de contact est générée par la borne elle-même. Cela supprime notamment une variable importante des connexions vissées : La qualité du serrage réalisé par l’opérateur.
Cela ne signifie évidemment pas qu’une connexion à ressort est infaillible.
Cela signifie simplement que la qualité du contact ne dépend plus d’un utilisateur qui aurait serré une vis trop fort, trop peu ou de travers.
Que dit réellement la NF C 15-100 ?
Voilà où les choses deviennent intéressantes.
On entend régulièrement : « Les Wago sont conformes à la NF C 15-100. »
La formulation est beaucoup trop simpliste.
La NF C 15-100 concerne l’installation électrique basse tension. Les connecteurs sont, quant à eux, des produits auxquels s’appliquent leurs propres référentiels et prescriptions techniques. Il faut donc distinguer trois niveaux :
- la réglementation, qui fixe notamment les objectifs de sécurité ;
- les normes d’installation, qui définissent les règles permettant d’atteindre ces objectifs ;
- les normes et prescriptions applicables au matériel, qui déterminent notamment les caractéristiques et conditions d’emploi du connecteur.
En France, l’arrêté du 3 août 2016 relatif aux installations électriques des bâtiments d’habitation impose des objectifs fondamentaux de sécurité et prévoit une présomption de satisfaction de ces objectifs pour les installations réalisées selon les prescriptions de la NF C 15-100 qu’il cite. Il admet également une norme équivalente dès lors qu’elle atteint le même niveau de sécurité. Légifrance
Depuis, le corpus normatif a évolué.
Attention : la NF C 15-100 a changé en 2024
Une nouvelle série NF C 15-100 a été publiée en août 2024.
L’ancienne grande norme est désormais découpée en une série de textes comprenant notamment la NF C 15-100-1, consacrée aux exigences générales, ainsi que différentes parties traitant d’applications particulières. Afnor EDITIONS
AFNOR indique que la nouvelle série constitue depuis septembre 2025 la référence pour les installations neuves, ainsi que pour les extensions et modifications et les parties des installations existantes concernées par ces travaux. Il subsiste toutefois une subtilité juridique : l’arrêté de 2016 cite toujours expressément l’ancien corpus de 2002 et ses amendements pour la présomption réglementaire de conformité. Groupe AFNOR
Ce n’est pas qu’une querelle de juristes. Cela rappelle quelque chose d’essentiel : Une borne ne devient pas « conforme » simplement parce qu’elle porte une marque connue. C’est l’ensemble constitué par le produit choisi, le conducteur, sa section, son installation, son environnement et la manière dont le raccordement est exécuté qui doit être compatible avec les prescriptions applicables.
Les connecteurs eux-mêmes répondent à des normes
Les connecteurs pour installations domestiques et analogues peuvent notamment relever de la série EN/IEC 60998, selon leur catégorie.
Ainsi, la documentation technique de la Wago 2273-203 mentionne notamment une homologation VDE selon EN 60998. On retrouve donc deux choses qu’il ne faut pas confondre : NF C 15-100 → règles relatives à l’installation ;
EN/IEC 60998 et autres normes produits → caractéristiques et essais applicables à certaines familles de dispositifs de connexion.
C’est une distinction fondamentale.
Combien d’ampères peut supporter une borne Wago ?
Question simple.
Réponse moins simple qu’elle n’en a l’air. Prenons une Wago 221-413. Les données techniques du fabricant indiquent notamment :
450 V – 32 A – conducteurs jusqu’à 4 mm², avec une longueur de dénudage de 11 mm pour cette référence. WAGO Embedded
Pour une 2273-203, les données disponibles indiquent une tension assignée de 450 V et un courant assigné de 24 A, pour des conducteurs rigides jusqu’à 2,5 mm². WAGO
Mais attention à une erreur de raisonnement extrêmement fréquente.
Ce n’est pas parce qu’une borne accepte 32 A qu’un conducteur de 1,5 mm² devient capable de transporter 32 A dans une installation domestique.
La capacité du connecteur et le dimensionnement du circuit sont deux choses différentes.
Le courant admissible d’un circuit dépend notamment :
- de la section des conducteurs ;
- du mode de pose ;
- des conditions thermiques ;
- du dispositif de protection ;
- du type de circuit ;
- des règles d’installation applicables.
La borne ne « donne » donc jamais une intensité supplémentaire au conducteur.
Peut-on mettre des fils de sections différentes dans la même borne ?
Oui, si la borne considérée autorise individuellement les conducteurs et sections concernés et si le circuit lui-même est correctement conçu.
C’est précisément l’un des avantages des connecteurs à ressort indépendants. Une borne 221, par exemple, possède plusieurs points de connexion reliés électriquement entre eux.
On peut donc rencontrer un conducteur d’une section et un autre d’une section différente, dès lors que chacun appartient à la plage autorisée pour la borne et que l’ensemble du circuit respecte ses propres règles de dimensionnement. Mais attention : la présence d’une borne acceptant les deux sections ne rend pas automatiquement licite n’importe quel changement de section dans un circuit.
Encore une fois, connecteur et conception du circuit sont deux sujets différents.
Peut-on mélanger fil rigide et fil souple ?
Avec certaines bornes, oui. Avec d’autres, non.
La série 221 est précisément conçue pour accepter plusieurs types de conducteurs. Wago indique pour ses 221 courantes des plages concernant les conducteurs rigides, semi-rigides et souples. WAGO
Une 2273-203, en revanche, est explicitement présentée comme un connecteur pour conducteurs rigides.
Et voilà pourquoi le mot « Wago » ne suffit pas.
Demander : « Est-ce que je peux mettre du souple dans un Wago ? » revient presque à demander : « Est-ce que je peux mettre ce pneu sur une Renault ? »
La marque ne nous donne pas le modèle.
Et les embouts sur les fils souples ?
Voilà encore un domaine dans lequel les habitudes de chantier peuvent devenir trompeuses.
On entend parfois qu’un conducteur souple doit obligatoirement recevoir un embout avant d’être introduit dans n’importe quelle borne.
Ce n’est pas une règle universelle.
Avec une borne spécifiquement conçue pour recevoir directement un conducteur souple, il faut suivre les instructions du fabricant.
Ajouter systématiquement un embout « parce que c’est plus propre » peut même modifier les conditions de raccordement prévues par le fabricant.
La règle est donc toujours la même :
type de conducteur + borne + section + préparation du conducteur doivent correspondre aux prescriptions du produit.
Le dénudage : Quelques millimètres qui changent tout
C’est probablement l’erreur la plus banale et la plus courante (sans jeu de mot).
Un conducteur insuffisamment dénudé risque de ne pas pénétrer correctement dans la zone de contact. À l’inverse, un conducteur trop dénudé peut laisser apparaître du cuivre à l’extérieur de la borne. Or la longueur n’est pas laissée au hasard.
Pour la 221-413 prise précédemment comme exemple, Wago indique 11 mm.
D’autres modèles réclament d’autres longueurs.
Wago rappelle d’ailleurs que la longueur de dénudage dépend de la série et indique les informations correspondantes sur ses produits. WAGO
Quelques millimètres peuvent donc séparer une connexion correctement réalisée d’une connexion médiocre. Si on peut éviter ce type de risque autant ne pas s’en priver.
Pourquoi les bornes transparentes sont-elles intéressantes ?
Ce n’est pas seulement esthétique.
Ci-dessus : Lot neuf de connecteurs rapides transparents / Crédit photo : S.USTUN.
La transparence permet de contrôler visuellement :
- la présence du conducteur ;
- son enfoncement ;
- la position du cuivre ;
- l’absence d’un dénudage manifestement incorrect.
Cela n’exonère évidemment pas l’opérateur de réaliser correctement la connexion, mais c’est un excellent moyen de contrôle. Après raccordement, un contrôle mécanique raisonnable permet également de vérifier que le conducteur est effectivement retenu.
Pourquoi une mauvaise connexion chauffe-t-elle ?
Un conducteur électrique possède une résistance. Une connexion également. Lorsque cette connexion est correctement réalisée, sa résistance est extrêmement faible.
Mais imaginons maintenant :
- un conducteur mal engagé ;
- une surface de contact insuffisante ;
- un conducteur endommagé ;
- une borne inadaptée ;
- une connexion détériorée.
La résistance locale peut augmenter. Or la puissance dissipée par effet Joule peut s’écrire : P = R × I² avec :
P = puissance dissipée en watts
R = résistance en ohms
I = intensité en ampères.
Et le terme important est le carré de l’intensité.
Prenons simplement un exemple pédagogique.
Si une mauvaise connexion présente une résistance de 0,05 Ω et qu’elle est traversée par 16 A :
P = 0,05 × 16²
P = 12,8 W
Imaginez maintenant près de 13 watts dissipés non pas dans un radiateur, mais sur quelques millimètres, au fond d’une boîte.
On comprend immédiatement pourquoi la qualité des connexions constitue un enjeu majeur de sécurité.
Avec 20 A, dans notre exemple :
P = 0,05 × 20² = 20 W.
La moindre résistance parasite devient donc beaucoup plus problématique lorsque l’intensité augmente.
Une borne Wago peut-elle brûler ?
Bien sûr.
Comme pratiquement n’importe quel composant électrique soumis à des conditions anormales. La bonne question n’est donc pas : « Est-ce qu’un Wago peut brûler ? » mais :
« Pourquoi une connexion correctement dimensionnée et correctement réalisée s’est-elle échauffée ? »
Il faudra rechercher notamment :
- un mauvais enfoncement ;
- un conducteur incompatible ;
- une section incorrecte ;
- une borne détériorée ;
- un environnement thermique anormal ;
- une surcharge du circuit ;
- une connexion ayant subi une contrainte mécanique ;
- un conducteur oxydé ou endommagé ;
- l’utilisation d’un matériel hors de ses caractéristiques assignées.
Photographier une borne fondue ne démontre donc pas, à lui seul, un défaut de conception du produit.
Il faut rechercher la cause. C’est exactement la même démarche qu’en expertise bâtiment : le désordre est un symptôme, pas nécessairement la cause.
Peut-on utiliser ces bornes dans une boîte de dérivation ?
Photo numéro 1 : Ci dessus, je note qu’un raccord rapide est effectué dans le faux plafond en vide de construction. Je demande à l’intervenant de rajouter une boite de dérivation. Serge USTUN.
Photo numéro 2 : Sur le même chantier, même plafond, le raccord du point lumineux effectué avec du WAGO est sécurisé dans la boite de dérivation. S.USTUN.
C’est précisément l’un de leurs emplois classiques. Mais le raccordement électrique ne doit pas être considéré isolément. Les connexions doivent bénéficier de la protection appropriée contre les contraintes auxquelles elles sont exposées : Contacts, contraintes mécaniques, environnement, etc.
Une petite borne posée librement n’est pas magiquement devenue une « boîte de dérivation ». Il faut donc raisonner sur l’ensemble du système de raccordement.
Peut-on enfermer un Wago derrière du placo ?
NON ! Pas sans boîte d’encastrement !
Le raisonnement normatif porte sur la possibilité d’inspection, d’essai et d’entretien des connexions et prévoit des cas particuliers suivant le procédé de connexion employé.
Il faut donc se méfier de la règle de chantier simplifiée : « Toutes les connexions doivent forcément rester accessibles. » Comme de son contraire : « Un Wago peut être enterré n’importe où. »
Aucune de ces deux phrases n’est suffisamment précise.
La possibilité de rendre une connexion inaccessible dépend du système de connexion employé, de sa qualification pour cet usage, des prescriptions du fabricant et des règles applicables à l’installation.
En pratique, pour une dérivation classique réalisée avec des bornes d’installation ordinaires, la solution la plus saine reste généralement de prévoir une enveloppe ou boîte appropriée et une accessibilité permettant contrôle et intervention, sauf système spécifiquement conçu et qualifié pour une connexion permanente inaccessible.
Cacher une poignée de bornes libres derrière une plaque de plâtre n’est donc certainement pas une bonne manière de concevoir une installation.
Peut-on les mettre directement dans un mur ?
Même raisonnement.
Une borne de connexion n’est pas à elle seule un système complet de protection mécanique. Il faut considérer :
- son enveloppe ;
- le matériau environnant ;
- les contraintes mécaniques ;
- la température ;
- l’humidité éventuelle ;
- la possibilité d’intervention ;
- les prescriptions du fabricant.
« La borne est isolée » ne signifie pas « je peux la noyer n’importe où ».
Et dans les combles ?
Oui, des connexions peuvent évidemment être réalisées dans les combles.
Mais là encore, l’environnement compte. Température, poussière, humidité, protection mécanique, présence d’isolants et accessibilité doivent être considérées. Certaines bornes possèdent par ailleurs une température ambiante maximale définie.
Par exemple, Wago indique T85, soit une température ambiante maximale de 85 °C, pour la 221-413, tandis que la 2273-203 est donnée à T60, soit 60 °C. WAGO
Voilà un détail rarement regardé lorsqu’on prend une borne au fond de la caisse à outils. Dans tous les cas, rappelez vous simplement que vous devrez encapsuler vos connecteurs dans une boîte de dérivation, y compris dans les combles !
Et dehors, en extérieur ?
Une borne électrique standard n’est pas automatiquement une connexion extérieure étanche.
Il faut distinguer : la connexion électrique elle-même et sa protection contre l’environnement.
Une installation extérieure peut être exposée :
- à la pluie ;
- à la condensation ;
- aux projections d’eau ;
- à l’humidité ;
- aux poussières ;
- aux variations de température.
Le choix de l’enveloppe et son indice de protection doivent donc être adaptés à l’environnement. Une borne transparente n’est pas une boîte étanche simplement parce que son plastique entoure le cuivre.
Et dans une salle de bains ?
Même prudence.
Les salles contenant une baignoire ou une douche font l’objet de règles particulières au sein de la série NF C 15-100. La nouvelle organisation normative comporte d’ailleurs une partie spécifique, la NF C 15-100-7-701. Groupe AFNOR
On ne décide donc jamais qu’une connexion est admissible dans une salle de bains uniquement en regardant la borne. Son emplacement, le volume concerné, le matériel et son mode de protection doivent être pris en compte.
Peut-on utiliser des Wago dans un tableau électrique ?
Oui, des bornes de raccordement adaptées peuvent être rencontrées dans ou à proximité d’ensembles électriques. Mais cela ne signifie toujours pas que n’importe quelle borne peut remplacer n’importe quel bornier.
Un tableau possède ses propres contraintes :
- courant ;
- encombrement ;
- organisation des conducteurs ;
- dissipation thermique ;
- maintenance ;
- repérage ;
- compatibilité avec l’appareillage.
Pour les répartitions importantes, des blocs de répartition et borniers spécifiquement prévus à cet effet constituent souvent une solution beaucoup plus appropriée qu’une accumulation de petites bornes volantes. On appelle cela des « supports DIN ». Dans les faits, c’est rarement utilisé par les électriciens. Une notion importante à retenir : Même si la NFC15-100 autorise les bornes rapides dans les goulottes GTL, elles doivent être ordonnées de manière claire et lisible. Autrement dit, « proprement agencées ».
Peut-on raccorder un radiateur électrique avec une borne rapide ?
Une fois encore : oui, si toutes les caractéristiques correspondent à l’application. Prenons un appareil de 2 000 W sous 230 V. Son courant est approximativement :
- I = P / U
- I = 2 000 / 230
- soit environ 8,7 A.
Une borne possédant un courant assigné largement supérieur ne rencontre donc pas, par principe, de difficulté simplement parce qu’il s’agit d’un chauffage.
Mais il faut encore que :
- le circuit soit correctement dimensionné ;
- la borne accepte les conducteurs employés ;
- la section soit admissible ;
- la connexion soit correctement réalisée ;
- les conditions thermiques et d’installation soient respectées.
Le mot « radiateur » ne suffit donc ni à autoriser ni à interdire une borne.
Une borne 32 A peut-elle servir sur un circuit 32 A ?
Attention au raccourci.
Le courant assigné du connecteur constitue une caractéristique du produit dans des conditions déterminées. Il ne suffit pas de lire « 32 A » sur une fiche technique pour décider qu’une borne convient automatiquement à n’importe quelle application protégée par un disjoncteur 32 A.
Il faut vérifier l’ensemble : Conducteur + section + borne + circuit + environnement + protection + prescriptions fabricant.
C’est particulièrement important lorsque les puissances deviennent élevées.
Peut-on réutiliser une borne ?
Cela dépend encore une fois du produit.
Une borne à levier est, par construction, destinée à pouvoir être ouverte et refermée dans les conditions prévues par son fabricant.
Pour les connecteurs automatiques sans levier, il faut se reporter aux instructions du produit et ne pas extrapoler les possibilités d’une famille à une autre.
Dans tous les cas, une borne ayant :
- chauffé ;
- noirci ;
- fondu ;
- subi une déformation ;
- perdu sa capacité de serrage ;
- subi un arc électrique ;
doit être considérée avec la plus grande méfiance. Vu le prix d’une borne, économiser quelques dizaines de centimes sur un composant ayant subi une anomalie électrique n’a aucun sens.
Attention aux conducteurs en aluminium
C’est un excellent exemple démontrant qu’une borne n’est jamais universelle.
L’aluminium présente notamment un problème d’oxydation de surface et des propriétés différentes du cuivre.
Wago prévoit des procédures et produits spécifiques pour certaines applications aluminium : nettoyage de la surface oxydée, emploi d’une pâte de contact adaptée et utilisation uniquement des séries prévues pour cet usage. Le fabricant commercialise notamment certaines 2273 préremplies de pâte de contact. WAGO
Donc : Ne jamais supposer qu’une borne prévue pour du cuivre accepte automatiquement de l’aluminium.
Wago contre domino : Lequel est le meilleur ?
Le domino possède un énorme historique d’utilisation et reste capable de réaliser d’excellentes connexions lorsqu’il est adapté aux conducteurs et correctement mis en œuvre.
Son résultat dépend fortement de la qualité du serrage.
- Trop peu serré : mauvais contact.
- Trop serré : possibilité d’endommager le conducteur ou le matériel.
- Mal positionné : connexion médiocre.
Avec certains conducteurs souples, la préparation de l’extrémité et le type de borne deviennent également déterminants. Le connecteur à ressort déplace une partie de cette problématique : La pression de contact est générée mécaniquement par la borne.
Cela rend le résultat beaucoup plus reproductible. À condition, toujours, d’utiliser le bon produit.
Les dix erreurs que l’on retrouve sur le terrain
Voici ce qu’il faut retenir.
- Choisir une borne uniquement parce que le fil rentre dedans.
- Utiliser un conducteur souple dans une borne prévue uniquement pour du rigide.
- Ne pas respecter la plage de sections du fabricant.
- Dénuder trop court.
- Dénuder trop long et laisser du cuivre apparent.
- Ne pas enfoncer le conducteur jusqu’à sa position correcte.
- Réutiliser une borne ayant subi une surchauffe.
- Considérer une borne nue comme adaptée à l’extérieur ou à l’humidité.
- Confondre le courant assigné de la borne avec le courant admissible du circuit.
- Croire que le simple mot « Wago » constitue une garantie de conformité.
Alors, le Wago a-t-il tué le domino ?
Pas juridiquement et pas complètement techniquement.
Mais sur les installations modernes, les connecteurs à ressort ont apporté quelque chose d’extrêmement précieux : une connexion rapide dont la pression de contact ne dépend pas directement du coup de tournevis de l’installateur.
Leur succès n’a donc rien d’un hasard.
Ils sont compacts, pratiques, rapides et, lorsqu’ils sont correctement choisis et mis en œuvre, particulièrement efficaces. Mais leur facilité d’utilisation crée un paradoxe.
Plus un matériel paraît simple, plus on oublie facilement qu’il possède une fiche technique.
- Une Wago 221 n’est pas une 2273.
- Une borne pour conducteur rigide n’est pas nécessairement une borne pour conducteur souple.
- Une borne acceptant 32 A n’autorise pas un conducteur à transporter 32 A.
- Une borne isolée n’est pas nécessairement une connexion étanche.
Et une connexion qui fonctionne aujourd’hui n’est pas nécessairement une connexion correctement réalisée.
Finalement, la règle tient en une phrase :
La bonne borne n’est pas celle dans laquelle le fil rentre. C’est celle qui a été conçue pour ce fil, cette section et cet usage.
C’est sans doute moins spectaculaire qu’une norme de 650 pages. Mais sur un chantier, c’est déjà une excellente règle de sécurité.
FAQ – Connecteurs rapides et bornes Wago
Les Wago sont-ils autorisés en France ?
Oui. Il n’existe pas d’interdiction générale des connecteurs à ressort de ce type. Leur emploi doit toutefois respecter les caractéristiques du produit et les règles applicables à l’installation.
Un Wago est-il « conforme NF C 15-100 » ?
Cette formulation est imprécise. La NF C 15-100 régit l’installation électrique. Les connecteurs relèvent de normes produits et de caractéristiques propres. C’est leur emploi dans une installation correctement conçue et réalisée qui doit respecter les exigences applicables.
Peut-on mettre du fil souple dans un Wago ?
Dans certaines séries, oui. Une 221 est notamment conçue pour plusieurs types de conducteurs. Une 2273-203 est en revanche destinée aux conducteurs rigides.
Quelle longueur faut-il dénuder ?
Elle dépend du modèle. Pour une Wago 221-413, la documentation indique par exemple 11 mm. Il faut systématiquement consulter le marquage ou la documentation du produit.
Une borne Wago peut-elle chauffer ?
Toute connexion électrique peut chauffer en cas de résistance de contact anormalement élevée, de mauvaise utilisation, de surcharge ou d’autres conditions anormales. Une borne correctement sélectionnée et correctement raccordée est précisément conçue pour assurer un contact électrique fiable dans ses caractéristiques assignées.
Peut-on mélanger du 1,5 et du 2,5 mm² ?
Une borne peut accepter plusieurs sections lorsque sa plage de raccordement le prévoit. Cela ne signifie pas pour autant que n’importe quel changement de section est autorisé dans un circuit : le dimensionnement et la protection du circuit doivent rester conformes.
Peut-on cacher une borne derrière du placo ?
Il ne faut pas transformer cette question en règle simpliste. Les exigences relatives aux connexions et à leur accessibilité comportent des cas particuliers selon le procédé employé. Pour une dérivation conventionnelle, une boîte adaptée et accessible reste la solution de référence ; une connexion destinée à devenir inaccessible doit relever d’un procédé approprié à cet usage.
Peut-on utiliser une borne Wago dehors ?
La borne seule n’est pas nécessairement protégée contre l’eau et les conditions extérieures. Il faut utiliser un système et une enveloppe offrant le degré de protection requis pour l’environnement considéré.
Peut-on réutiliser une Wago 221 ?
Le mécanisme à levier permet l’ouverture et la reconnexion conformément aux prescriptions du fabricant. En revanche, une borne endommagée, déformée ou ayant subi une surchauffe doit être remplacée.
Sources et références
- Arrêté du 3 août 2016 – Légifrance — cadre réglementaire applicable aux installations électriques des bâtiments d’habitation et articulation avec la NF C 15-100. Légifrance
- AFNOR – Nouvelle série NF C 15-100 — publication de la révision 2024 et présentation du nouveau corpus normatif.
- AFNOR – NF C 15-100-1, exigences générales — fiche officielle de la norme d’août 2024.
- WAGO – borne 221-413 — caractéristiques fabricant de la borne à levier 3 conducteurs, jusqu’à 4 mm².
- WAGO – borne 2273-203 — caractéristiques fabricant de la borne automatique destinée aux conducteurs rigides jusqu’à 2,5 mm². WAGO
- Fiche wikipédia du fabricant.
- Norme NF C15 100 / Explications sur le site de la rédaction.
- Crédits photos et chantiers : S.USTUN / Monbatiment.fr / Google pixel 9 PRO.
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.








