Pathologies courantes des dalles béton : Fissures, faïençage, retraits, nous vous proposons un diagnostic complet des pathologies existantes.
Avant propos
La dalle en béton est un élément structurel incontournable dans de nombreux ouvrages : Maisons individuelles, bâtiments industriels, parkings, voiries, terrasses ou encore dallages sur terre-plein.
Sa popularité repose sur sa résistance mécanique, sa durabilité et sa relative facilité de mise en œuvre. Pourtant, malgré ces qualités, les dalles béton sont fréquemment sujettes à des pathologies qui peuvent compromettre leur esthétique, leur fonctionnalité et parfois leur pérennité structurelle.
Parmi les désordres les plus courants, on retrouve les fissures, le faïençage et les phénomènes de retrait.
Ces manifestations peuvent apparaître peu de temps après le coulage ou se développer progressivement au fil des années. Un diagnostic précis est indispensable pour en comprendre les causes, évaluer leur gravité et définir les solutions adaptées.
Cet article propose un diagnostic complet des principales pathologies des dalles béton, en abordant leurs mécanismes, leurs symptômes, leurs causes et les méthodes d’analyse couramment utilisées par les professionnels.
Rappels sur le comportement du béton
Le béton est un matériau composite constitué principalement de ciment, de granulats, d’eau et parfois d’adjuvants. Après le coulage, il subit un processus de prise et de durcissement appelé hydratation du ciment. Durant cette phase, le béton évolue physiquement et mécaniquement, ce qui le rend sensible à certains phénomènes comme :
- La perte d’eau (évaporation).
- Les variations de température.
- Les contraintes mécaniques internes et externes.
- Les déformations différées (retrait et fluage).
La dalle béton, par sa grande surface et sa faible épaisseur relative, est particulièrement exposée à ces phénomènes, ce qui explique la fréquence des pathologies observées.
Les fissures des dalles béton
Définition et typologie des fissures.
Une fissure est une discontinuité linéaire visible à la surface du béton. Elle peut être superficielle ou traversante, stable ou évolutive. On distingue généralement :
- Les microfissures (inférieures à 0,2 mm), souvent d’ordre esthétique.
- Les fissures fines (0,2 à 0,5 mm), pouvant favoriser les infiltrations.
- Les fissures ouvertes (supérieures à 0,5 mm), potentiellement structurelles.
Leur orientation (droite, sinueuse, en réseau), leur localisation et leur évolution dans le temps sont des indices précieux pour le diagnostic.
Causes principales des fissures
Les fissures peuvent avoir des origines multiples, parfois combinées :
- Retrait du béton : perte d’eau lors du séchage entraînant une contraction entravée.
- Variations thermiques : dilatation et contraction dues aux écarts de température.
- Surcharges ou charges mal réparties : efforts supérieurs à la capacité portante de la dalle.
- Défaut de ferraillage : armatures insuffisantes, mal positionnées ou absentes.
- Mouvements du support : tassements différentiels du sol ou du hérisson.
- Joints absents ou mal réalisés : impossibilité pour la dalle de se déformer librement.
Diagnostic des fissures
Le diagnostic repose sur plusieurs étapes :
- Observation visuelle : largeur, longueur, orientation, localisation.
- Mesure de l’ouverture : à l’aide de jauges de fissures ou fissuromètres.
- Surveillance dans le temps : pose de témoins pour vérifier l’évolution.
- Analyse du contexte : âge de la dalle, conditions de mise en œuvre, usage.
Toutes les fissures ne sont pas nécessairement graves, mais leur compréhension est essentielle pour éviter des dégradations futures.
Le faïençage du béton
Qu’est-ce que le faïençage ?
Le faïençage se caractérise par un réseau de microfissures superficielles, formant un aspect en toile d’araignée ou en carreaux irréguliers. Il apparaît généralement en surface, sans traverser l’épaisseur de la dalle.
Ce phénomène est fréquent sur les dalles récentes, notamment les dallages industriels ou les surfaces lissées.
Origines du faïençage :
Le faïençage est principalement lié à des déséquilibres lors de la prise du béton :
- Évaporation trop rapide de l’eau de surface (vent, chaleur, ensoleillement).
- Excès d’eau ou de laitance en surface.
- Surfaçage trop précoce ou trop intensif.
- Absence ou insuffisance de cure du béton.
Ces facteurs provoquent des retraits différentiels entre la surface et le cœur du béton.
Conséquences et diagnostic :
Le faïençage est généralement considéré comme un désordre esthétique. Toutefois, il peut :
- faciliter la pénétration de l’eau et des agents agressifs,
- réduire la durabilité de la surface,
- poser problème pour des revêtements ultérieurs.
Le diagnostic repose essentiellement sur l’examen visuel et la vérification du caractère superficiel des microfissures (absence de fissures traversantes).
Les phénomènes de retrait du béton
Les différents types de retraits :
Le retrait est une diminution volumique du béton sans application de charge. On distingue principalement :
- le retrait plastique : survient avant la prise, lorsque l’évaporation est trop rapide,
- le retrait de dessiccation : lié à la perte d’eau après durcissement,
- le retrait thermique : dû à la baisse de température après le pic thermique d’hydratation,
- le retrait endogène : lié à la consommation de l’eau par l’hydratation du ciment.
Impact du retrait sur les dalles
Lorsque le retrait est entravé (par le sol, les murs, les armatures), des contraintes de traction apparaissent dans le béton. Celui-ci, peu résistant en traction, fissure pour se libérer de ces contraintes.
Les conséquences possibles sont :
- fissures de retrait plus ou moins régulières,
- décollement partiel du support,
- désaffleurements et défauts de planéité.
Diagnostic du retrait
Le diagnostic du retrait s’appuie sur :
- la régularité et la géométrie des fissures,
- leur apparition précoce (quelques jours à semaines),
- l’absence de surcharge ou de mouvement du sol,
- l’analyse des conditions de cure et de formulation du béton.
Méthodologie globale de diagnostic d’une dalle béton
Un diagnostic fiable nécessite une approche méthodique :
- Collecte des informations : plans, date de réalisation, usage, conditions climatiques.
- Inspection visuelle détaillée : cartographie des désordres.
- Mesures et essais : largeur des fissures, planéité, humidité.
- Analyse des causes probables : confrontation des observations avec les mécanismes connus.
- Évaluation de la gravité : esthétique, fonctionnelle ou structurelle.
Dans les cas complexes, des investigations complémentaires peuvent être nécessaires (carottages, essais de résistance, étude de sol).
Conclusion
Les pathologies des dalles béton — fissures, faïençage et retraits — sont des phénomènes fréquents qui résultent le plus souvent d’une combinaison de facteurs liés au matériau, à la mise en œuvre et à l’environnement.
Si certaines manifestations sont purement esthétiques, d’autres peuvent révéler des désordres plus sérieux nécessitant une intervention.
Un diagnostic rigoureux, basé sur l’observation, la compréhension des mécanismes physiques et l’analyse du contexte, est indispensable pour distinguer les désordres bénins des pathologies préoccupantes. Il constitue la première étape vers des solutions durables, qu’il s’agisse de simples réparations de surface ou de reprises plus lourdes.
En matière de dallage béton, la prévention reste la meilleure stratégie : une conception adaptée, un béton correctement formulé, une mise en œuvre soignée et une cure efficace sont les clés pour limiter l’apparition de ces pathologies et garantir la longévité des ouvrages.
Merci pour vos lectures et bon chantier.

