Avoir une ou deux bâches à œillets dans son camion n’est pas un luxe, c’est surtout du bon sens lorsque vous gérez divers types de chantiers. Protéger vos ouvrages, protéger vos matériaux, et faire face en cas de pluie : C’est la base !
- Pourquoi utiliser une bâche à œillets ?
- À quoi peut-elle servir ?
- Quelles sont les dimensions courantes ?
- Quelles épaisseurs pour quels usages ?
- Et à quel prix ?
On fait le tour complet du sujet, avec évidemment, nos exemples d’utilisation sur nos chantiers réels.
Qu’est-ce qu’une bâche à œillets ?
Il existe deux types principaux de bâches, polyéthylène et PVC, et nous allons évoquer les deux modèles dans cet article. Nous les avons testées, au travers de chantiers divers (voir nos photos).
Une bâche de protection avec oeillets est une toile de protection souple, généralement imperméable, fabriquée en polyéthylène (PE), en PVC ou dans un autre matériau technique, dont la périphérie est équipée d’œillets permettant sa fixation à l’aide de cordes, de tendeurs, de sandows ou de dispositifs d’arrimage.
Les œillets, généralement métalliques mais parfois réalisés en matière plastique, sont répartis à intervalles réguliers sur les bords de la bâche. Ils permettent de la tendre, de la maintenir en position et de répartir les efforts exercés sur ses points d’attache.
Dans le bâtiment, les bâches à œillets sont notamment utilisées pour protéger les matériaux stockés, couvrir provisoirement certains ouvrages, préserver les équipements des intempéries ou réaliser des fermetures temporaires sur les chantiers.
Leurs caractéristiques varient selon le grammage (g/m²), la nature du matériau, la résistance mécanique, le traitement contre les ultraviolets et la qualité des renforts périphériques.
À retenir : les œillets facilitent la fixation de la bâche, mais ne garantissent pas à eux seuls sa résistance au vent ou à l’arrachement. Celle-ci dépend également de la conception de la toile et de son système d’ancrage. Sur les toitures notamment, il est bon de lester avec vos bottes de liteaux afin de créer un aplat sans prise au vent.
Pour quels usages devez-vous disposer d’une bâche à œillets ?
Lorsqu’on évoque la bâche il est souvent fait référence à la couverture des maisons. Ça semble logique et c’est vrai. C’est effectivement le cas le plus courant et surtout visible de l’utilisation d’une bâche. Dans ce cadre, sont visés essentiellement les couvreurs en cours de rénovation, ou bien encore les mesures d’urgence (provisoires) en après sinistre.
Crédit photo : S.USTUN / Monbatiment.fr
Mais la bâche a bien d’autres utilités, surtout dans le bâtiment.
- Protéger son ouvrage (toiture par exemple).
- Protéger son outillage (lorsque ce dernier est à l’extérieur) comme une radiale sur table ou un établi avec outils vissés).
- Protéger les matériaux : sacs de ciment, sacs d’enduits, plaques de placo, etc.
- Couvrir des bois qu’on souhaite garder secs le temps de la pose (bardages par exemple).
- Etc.
Les usages sont très nombreux, et divers. C’est justement ce qui fait de la bâche à œillets un accessoire indispensable sur vos chantiers (ou dans votre camion). Pour exemple, sur notre chantier école, nous utilisons une bâche à œillets pour protéger les plaques de contreplaqué de 15 mm trop volumineuses pour être stockées à l’intérieur.
Sur ce même chantier, nous utilisons une bâche pour couvrir provisoirement le toit terrasse car nous avons ouvert le plafond pour la gaine de VMC qui est traversante.
Un chantier : De nombreuses utilités !
Protéger les abords ou les sols ? Ça marche aussi !
On a toujours besoin d’une bonne bâche !
Gâcher du mortier au sol, ou verser du gravât ponctuellement sur les abords, les films polyane traditionnels ne sont pas assez solides pour protéger le support. La bâche elle, elle tient le coup.
Quand vous faites tourner une bétonnière sur des abords il convient à minima de protéger ces derniers. Rendre un chantier sale n’est pas franchement bien vu par les clients. En revanche, ils vous féliciteront s’ils voient que vous avez pensé à une bâche de protection. Une bâche solide peut tenir ainsi pendant des années si vous évitez de lui asséner trop de coups de pelle !
Pourquoi des différences d’épaisseurs selon les bâches ?
| Utilisation | Grammage conseillé | Matériau | Précautions et recommandations |
|---|---|---|---|
| Protection de mobilier de jardin | 70 à 150 g/m² | PE | Prévoir une fixation adaptée et éviter les poches d’eau. |
| Protection de bois de chauffage | 120 à 200 g/m² | PE renforcé | Couvrir le dessus en laissant les côtés ventilés pour favoriser le séchage. |
| Protection de matériaux sur chantier | 150 à 250 g/m² | PE renforcé | Résistance à l’abrasion et fixation périphérique à vérifier. |
| Protection de machines et équipements | 150 à 250 g/m² | PE renforcé | Éviter la condensation et protéger les arêtes vives. |
| Protection de véhicules et remorques | 200 à 350 g/m² | PE renforcé ou PVC | Prévoir une ventilation et des points d’arrimage appropriés. |
| Couverture provisoire de toiture | 250 à 650 g/m² selon système | PE technique ou PVC | Utiliser un dispositif adapté à la mise hors d’eau provisoire, avec fixation étudiée selon le vent et la configuration. |
| Bâchage d’échafaudage | 150 à 300 g/m² selon produit | PE technique | Produit spécifique, résistance au vent, charges sur échafaudage et exigences de réaction au feu à vérifier. |
| Fermeture provisoire de bâtiment | 250 à 650 g/m² | PE renforcé ou PVC | Prévoir des renforts périphériques et un ancrage adapté aux efforts du vent. |
| Stockage extérieur longue durée | 250 à 650 g/m² | PE traité UV ou PVC | Privilégier la résistance aux UV, à la déchirure et aux intempéries. |
| Confinement de chantier | Selon procédé validé | Film ou membrane spécifique | Respecter les exigences propres aux travaux, notamment en présence d’amiante ou de plomb. Une bâche ordinaire ne suffit pas. |
Grammages donnés à titre indicatif. Le choix d’une bâche dépend également de sa résistance mécanique, de son traitement anti-UV, de ses renforts, de son mode de fixation et des conditions d’exposition. Pour les usages techniques, respecter les prescriptions du fabricant et les exigences applicables au chantier.
Une bâche de 240 g/m² avec des œillets mal sertis ou des ourlets insuffisamment renforcés peut se déchirer prématurément sous l’effet du vent. La qualité du tissage, la résistance à la traction, le traitement anti-UV et l’espacement des œillets sont également déterminants.
À quel prix trouver une bâche à œillets ? Et quels sont les formats disponibles ?
| Dimensions | Surface | Grammage | Type | Prix indicatif TTC |
|---|---|---|---|---|
| 2 × 3 m | 6 m² | 60 à 90 g/m² | PE légère | 4 à 8 € |
| 3 × 4 m | 12 m² | 60 à 90 g/m² | PE légère | 7 à 12 € |
| 4 × 6 m | 24 m² | 70 à 90 g/m² | PE légère | 12 à 20 € |
| 5 × 8 m | 40 m² | 60 à 90 g/m² | PE légère | 16 à 35 € |
| 2 × 3 m | 6 m² | 120 à 160 g/m² | PE renforcée | 8 à 18 € |
| 3 × 5 m | 15 m² | 120 à 160 g/m² | PE renforcée | 11 à 25 € |
| 4 × 5 m | 20 m² | 120 à 160 g/m² | PE renforcée | 15 à 30 € |
| 5 × 8 m | 40 m² | 120 à 160 g/m² | PE renforcée | 23 à 60 € |
| 2 × 3 m | 6 m² | 240 à 250 g/m² | PE lourde | 12 à 20 € |
| 3 × 5 m | 15 m² | 240 à 250 g/m² | PE lourde | 17 à 35 € |
| 4 × 5 m | 20 m² | 240 à 250 g/m² | PE lourde | 22 à 40 € |
| 5 × 8 m | 40 m² | 240 à 250 g/m² | PE lourde | 37 à 70 € |
| 6 × 10 m | 60 m² | 240 à 250 g/m² | PE lourde | 58 à 100 € |
| 2 × 3 m | 6 m² | 600 à 650 g/m² | PVC professionnelle | 50 à 75 € |
| 3 × 4 m | 12 m² | 600 à 650 g/m² | PVC professionnelle | 75 à 120 € |
| 4 × 8 m | 32 m² | 600 à 650 g/m² | PVC professionnelle | 150 à 300 € |
| 5 × 8 m | 40 m² | 600 à 650 g/m² | PVC professionnelle | 200 à 500 € |
Prix indicatifs TTC relevés en octobre 2026, hors livraison. Les tarifs varient selon le fabricant, les renforts, les traitements UV et l’espacement des œillets.
Attention au poids, surtout dans les grandes dimensions. S’il faut lever la bâche en hauteur, même pliée correctement, cela peut représenter un effort considérable. Prenez les précautions nécessaires.
On évite le risque : On fixe correctement la bâche
Ne pas laisser de prise au vent
L’ennemi numéro un d’une bâche (et par conséquent le vôtre) c’est le vent. Évitons de générer du risque car il vaut mieux ne rien protéger, que de voir une bâche s’envoler sur la voie publique par grand vent ! Attention, c’est du vécu.
En tant que professionnels, vous êtes responsables de la sécurité sur vos chantiers, mais également en dehors de ces derniers. Une bâche qui vole au vent n’est jamais bon signe. Alors avant de partir en week-end, faites un tour de votre chantier et vérifiez qu’aucune bâche n’offre de prise au vent. Vous serez plus sereins.
Crédit photo : S.USTUN / Monbatiment.fr.
Notre retour d’expérience :
Sur notre chantier école, chose que nous n’avions pas anticipée, les couvre-joints épais du bardage ne permettaient pas de plaquer correctement la bâche contre le support. Cette différence d’épaisseur laissait naturellement une voie d’air de quelques centimètres tous les 20 centimètres. Inutile de comprendre que le premier jour de grand vent du nord, tout a lâché ! On ne résiste pas à des vents de 80 km/h.
Notre solution :
Nous avons vissé un tasseau sur toute la périphérie, qui enclave la bâche (tant pis pour elle) afin de l’empêcher de se soulever via les prises d’air. Efficace, mais létal pour la protection.
Fixation des bâches à œillets : Que dit la réglementation ?
Dans le secteur du bâtiment, la fixation des bâches à œillets doit répondre aux exigences de sécurité applicables à leur utilisation. Il n’existe toutefois pas de règle réglementaire unique définissant un espacement obligatoire des œillets ou des fixations pour toutes les bâches de chantier.
Les échafaudages bâchés font notamment l’objet d’exigences particulières, mais ce n’est pas le même type de protections qui sont utilisés dans ce cas.
Pour les autres utilisations, telles que la protection des matériaux, les fermetures provisoires ou les bâchages de toiture après-sinistre, les dispositifs de fixation doivent être adaptés aux risques, aux conditions d’exposition et à la résistance des supports. C’est ici que votre responsabilité entre en jeu, vous devez tout sécuriser et par tous les moyens possibles.
La présence d’œillets métalliques, même rapprochés, ne garantit donc pas à elle seule la sécurité d’une installation. La résistance de la toile, des renforts périphériques, des attaches et des ancrages doit être considérée dans son ensemble (voir notre photo ci-dessus).
Conclusion
Placez une ou deux bâches à œillet dans votre camion ou dans vos ateliers mobiles. Cela sert TOUJOURS et bien plus souvent qu’il n’y parait. L’investissement est indolore mais il permet de se prémunir contre des aggravations de sinistre sur les chantiers, la perte de matériaux, ou la dégradation de vos outils.
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.





