Toutes les entreprises du bâtiment qui prennent de l’envergure ont un besoin factuel et légitime d’un logiciel qui cumule le CRM, la comptabilité, les appels, les devis, les factures, etc. Ce type de logiciel se nomme un ERP (Enterprise Resource Planning). Divalto se place sur ce segment du logiciel tout en un, et cela semble correct : De prime abord.
Mais le « banger » qui souhaite révolutionner la gestion de nos entreprises peut également s’avérer être la loose totale.
On en parle, c’est notre dossier du jour.
Avant propos
Vous avez vos petites habitudes de travail sur MDE, tout le personnel est formé, des assistant(e)s administrati(f)ves aux chargés d’affaires, et voilà qu’un beau jour on vous annonce une révolution : On change de CRM, ou plutôt d’ERP, on passe sur Divalto !
Certes, ce doux nom qui évoque une étude en Mi mineur peut être attrayant de prime abord, mais le chamboulement que crée la transition inquiète : Prise en main, interface, logique du logiciel, efficacité hors intranet, et stabilité… De quoi faire exploser de rage son siège social, et toutes ses antennes locales.
Divalto, vendu comme un véritable « banger » pour les entreprises, ne récolte malheureusement que des critiques acerbes en off. Du moins pour les métiers du bâtiment.
« C’est lent, c’est peu intuitif, c’est une « machine à gaz » qui nous fait perdre en gestion comme en production. »
Voilà ce qui ressort des témoignages que nous avons recueillis. Alors où se trouve le bug ? Où se situe le malaise en ce qui concerne cette « solution » informatique qui tient plus du problème, que de la solution, aux dires des utilisateurs ?
Et soyons parfaitement honnêtes, pour avoir testé la solution au sein de la rédaction, le logiciel demeure solide et efficace, mais sans doute pas pour nos métiers.
Le témoignage des utilisateurs et l’enquête de la rédaction
Cet article, vous l’aurez compris, n’est pas à proprement parler un article « élogieux » mais bel et bien un article de fond qui nait de nombreux témoignages et d’une utilisation du logiciel « in situ », vérifié par la rédaction. Relater les faits simplement, sur la base des retours utilisateurs et après avoir testé l’outil de sorte que nos propos soient objectifs et factuels.
Divalto clive, Divalto fait baisser la productivité, Divalto pousse de nombreux employés à s’en plaindre : C’est un vrai sujet.
Nous avons décidé d’enquêter et notre avis est plutôt cinglant. Les témoignages et la désaffection pour le logiciel sont légitimes, nos essais sont objectifs : On est loin du « banger » annoncé par la marque. Peu de temps après notre enquête, la société qui utilisait Divalto, dont nous reprenons le témoignage, à changé d’ERP.
IMPORTANT : Notre avis ne vaut que, et uniquement que pour les entreprises du bâtiment et ne remet en aucun cas en cause la pertinence du logiciel pour d’autres usages.
Divalto : un ERP français ambitieux, entre puissance industrielle et complexité terrain
Dans l’univers foisonnant des logiciels de gestion d’entreprise, peu d’acteurs français peuvent se targuer d’une longévité comparable à celle de Divalto. Ça c’est un fait.
Depuis plus de quarante ans, l’éditeur alsacien s’est imposé comme une référence sur le segment des ERP destinés aux PME et ETI. Mais derrière une promesse séduisante (centraliser, automatiser, optimiser) se cache une réalité plus contrastée.
Sur le terrain, du moins pour les moyennes et grandes entreprises du bâtiment, le logiciel est inadapté, il réduirait même la productivité des collaborateurs au point que ces derniers s’en plaignent.
Passant de 12 à 3 devis par semaine pour les chargés d’affaires hyper actifs, la note est salée. Appels de lignes de BPU compliquées, non « responsive » sur un PC portable, erreurs mineures qui obligent à retaper totalement un devis : Les avis sont acerbes !
Une promesse forte : l’ERP comme colonne vertébrale de l’entreprise
À première vue, Divalto coche toutes les cases du progiciel moderne. Sa solution phare, Divalto Infinity, se présente comme un ERP complet capable de gérer l’ensemble des flux d’une entreprise : comptabilité, production, logistique, CRM, ressources humaines.
L’éditeur met également en avant :
- une architecture modulaire,
- une forte capacité de personnalisation,
- et une bascule assumée vers le cloud et le SaaS.
Cette orientation répond à une tendance lourde du marché : Démocratiser des outils autrefois réservés aux grands groupes. Divalto insiste d’ailleurs sur sa capacité à offrir une vision « 360° » de l’activité et à améliorer la productivité grâce à l’automatisation des métiers. Ok.
Pour les métiers du bâtiment, la gestion « devis – compta – facturation – Qualité » est donc plaisante, alléchante. Sur les 3 derniers points, sans doute que Divalto est performant. Or sur le premier point, la rédaction des devis, le logiciel n’est clairement pas adapté. Métreurs, chargés d’affaires et responsables d’agence s’en plaignent. « C’est tout sauf productif ».
Sur le papier, la proposition est solide, presque irréprochable.
Une richesse fonctionnelle indéniable.
L’un des principaux atouts de Divalto réside dans sa profondeur fonctionnelle. L’ERP couvre un spectre particulièrement large :
- gestion commerciale et financière,
- production (GPAO),
- gestion des stocks (WMS),
- CRM intégré,
- pilotage industriel et reporting avancé.
À cela s’ajoute une spécialisation progressive par métier (industrie, négoce, services terrain), signe d’une volonté de coller aux réalités sectorielles.
Pour les entreprises structurées, cette richesse constitue un véritable levier :
- centralisation des données,
- meilleure traçabilité,
- capacité d’analyse accrue.
Certains utilisateurs soulignent d’ailleurs la fiabilité et l’évolutivité de la solution, ainsi que sa capacité à accompagner leur croissance. D’ailleurs rassurons nous, sur ce segment Divalto est sans doute bien meilleur que d’autres solutions existantes sur le marché.
Divalto côté terrain : Des devis impossibles à taper !
Attention, nous ne jetons pas la pierre sur Divalto, la majorité des autres logiciels ERP ne sont pas non plus la panacée. En revanche, là où MDE se révèle rapide, simple à prendre en main et solide sur l’architecture, Divalto laisse dubitatif. Sur 10 chargés d’affaires qui ont utilisé Divalto ou un logiciel similaire, 8 sont clairement péremptoires :
« On double ou on triple le temps de rédaction d’un devis. Le logiciel n’est pas pensé pour le bâtiment, appeler les lignes d’un BPU est un véritable labeur ». Geraldine B.
« Divalto n’est pas pratique, je tape mes devis 3 à 4 fois plus lentement qu’avant, donc je travaille plus, souvent le soir, pour rien ». Christophe G.
« On ne comprend rien, j’ai abandonné, je donne mes devis à taper à mon assistante ». Malik B.
Orienté gestion, le logiciel plait
Orienté côté gestion, administrative et comptable, c’est un tout autre discours. Là, les témoignages sont clairement opposés aux ressentis sur le terrain. Divalto est une « grosse babasse » qui mouline tout. Il semblerait que le logiciel soit l’arme ultime des gestionnaires et cela semble faire consensus.
Une « usine à gaz » qui va vous extraire absolument tout, des achats aux marges en passant par les débours. Une fois le stade de « l’acclimatation » passé, l’ERP semble plaire aux gens de bureau. C’est donc, sans doute, ici que se situe la faiblesse du logiciel : Un manque de polyvalence en termes d’interface UI entre le terrain et les bureaux.
Nous ne sommes pas allés plus loin sur ce sujet car vous le savez si vous nous lisez, pour la rédaction le terrain prime sur l’administratif. Le ressenti des métreurs, chargés d’affaires, responsables d’agence qui œuvrent 12 heures par jour pour maintenir l’activité, prévaut sur l’administratif innocent. Nous « faisons » du bâtiment. Les meilleurs outils doivent être dans les mains de celui où celle qui est sur l’échelle.
On peut donc conclure ainsi : Divalto est sans doute excellent pour les majors du bâtiment « assis ». Au détriment, évidemment, des gens de terrain.
Le revers de la médaille : un ERP exigeant, parfois trop
Mais c’est précisément cette puissance qui devient, dans certains cas, un handicap.
Les retours utilisateurs font apparaître une critique récurrente :
👉 a complexité de mise en œuvre
Plusieurs témoignages évoquent :
- des paramétrages lourds,
- une ergonomie jugée peu intuitive,
- et une nécessité de formation importante.
Pour des structures modestes ou peu digitalisées, Divalto peut apparaître comme un outil « surdimensionné ». Certaines entreprises rapportent même une perte d’efficacité par rapport à leur ancien système, faute d’appropriation rapide.
Autre point sensible : la dépendance aux intégrateurs.
Divalto fonctionne largement via un réseau de partenaires pour le déploiement. Résultat :
- qualité variable selon les prestataires,
- suivi parfois jugé insuffisant,
- responsabilités diluées en cas de problème.
Un modèle classique dans l’ERP… mais qui peut devenir frustrant pour les clients.
Un positionnement tarifaire qui interroge
Côté budget, Divalto se situe clairement dans une gamme intermédiaire à élevée. Le coût moyen peut avoisiner 1 000 € par utilisateur et par an, hors intégration et personnalisation. Pour notre enquête, il s’agit d’un déploiement important au niveau national avoisinant 300 000 euros HT dont la maintenance annuelle sera proche de 100 000 euros. Certes, il s’agit là d’un déploiement important et ce coût ne reflète pas la réalité pour des entreprises de taille plus réduites. Mais tout de même !
À cela s’ajoutent souvent :
- les frais de déploiement,
- la maintenance,
- les évolutions ou modules supplémentaires.
Certains utilisateurs dénoncent une logique où « tout est facturé », y compris les correctifs ou améliorations, ce qui peut alourdir considérablement la facture sur le long terme.
Une stratégie tournée vers l’avenir… mais encore en transition
Ces dernières années, Divalto a amorcé un virage stratégique :
- migration vers le cloud,
- intégration progressive de l’intelligence artificielle,
- spécialisation par métiers.
Cette transformation vise à rendre l’ERP plus accessible et plus agile face à une concurrence accrue (notamment SaaS et solutions low-code).
Cependant, le défi reste entier :
👉 moderniser sans perdre la richesse historique du produit
Car c’est bien là tout l’enjeu : conserver la puissance d’un ERP traditionnel tout en simplifiant radicalement l’expérience utilisateur.
L’avis de la presse et des acteurs du bâtiment sur Divalto
Concernant la presse numérique, aucun avis particulier sur le logiciel Divalto lorsqu’on suggère l’activité bâtiment. Aucun site ne propose un essai, avec un recul sur l’outil. Divalto semble donc être passé totalement en transparence sur ce segment. Les avis sont quant à eux nombreux, mais ils ne concernent pas le bâtiment à priori.
Verdict : un ERP robuste, mais pas universel
Divalto n’est ni un mauvais logiciel, ni une solution miracle. Il n’est juste pas fait pour le bâtiment.
C’est un ERP :
- puissant et complet, trop peut-être, parfaitement adapté aux entreprises structurées,
- mais exigeant, tant en termes de déploiement que de conduite du changement.
À privilégier si :
- vous êtes une PME/ETI avec des métiers complexes, hors bâtiment.
- vous avez un budget et un accompagnement solides,
- vous cherchez une solution évolutive sur le long terme.
À éviter si :
- vous êtes une petite structure,
- vous recherchez un outil simple et rapide à déployer,
- vous ne disposez pas d’un intégrateur fiable.
Conclusion
A la rédaction nous avons testé, retesté, jusqu’à détester. Certes, ce verdict ne plaira pas à la marque mais soyons honnêtes. Les femmes et hommes de terrain ont un quotidien lourd, fatiguant, et tardif. 1 heure de plus pour taper un devis, dans nos métiers, c’est 2 mois de boulot en plus en fin d’année. Autrement dit, le choix d’un logiciel peut littéralement planter une entreprise, au point d’épuiser les collaborateurs en actions inutiles mais fagocitantes.
Divalto incarne une certaine vision française de l’ERP : ambitieuse, complète, industrielle. Mais à l’heure où les entreprises recherchent de plus en plus de simplicité et d’instantanéité, le logiciel doit encore prouver qu’il peut concilier puissance et accessibilité.

