Interview de Logane Bouillon, économiste de la construction indépendante.
Métrer, chiffrer, analyser un dossier, vérifier sa cohérence, anticiper les coûts et éviter qu’un oubli ne se transforme en perte sèche sur le chantier : Le métier d’économiste de la construction reste assez méconnu du grand public. Il joue pourtant un rôle essentiel auprès des artisans, entreprises du bâtiment, maîtres d’œuvre et, dans certains cas, des particuliers.
Pour mieux comprendre cette profession, nous recevons Logane Bouillon, économiste de la construction indépendante, formée comme technicienne supérieure du bâtiment en économie de la construction. Après avoir travaillé pour un constructeur de maisons individuelles puis dans la rénovation au sein d’une entreprise générale du bâtiment, elle exerce aujourd’hui à son compte et travaille principalement à distance sans pour autant négliger le terrain. Logane est donc une femme de l’art, que nous sommes heureux d’accueillir à la rédaction.
Je la remercie de tout cœur pour son intervention et son décryptage d’un métier à forte plus-value (S.USTUN).
Son métier permet de rappeler une évidence parfois oubliée dans le bâtiment : Un chantier correctement exécuté peut malgré tout devenir une mauvaise affaire s’il a été mal chiffré au départ.
Place à Logane, et bonne lecture.
Qu’est-ce qu’un(e) économiste de la construction ?
Réduire l’économiste de la construction à quelqu’un qui « fait des devis » serait particulièrement réducteur. Son travail consiste à traduire un projet de construction ou de rénovation en quantités, coûts et données économiques exploitables. Selon la mission confiée, il (elle) peut notamment :
- analyser les documents techniques d’un projet ;
- réaliser les métrés et quantitatifs ;
- établir ou préparer un chiffrage ;
- déterminer ou aider à déterminer un prix de revient ;
- participer à une étude de prix ;
- préparer une réponse à un appel d’offres ;
- contrôler la cohérence entre différents documents ;
- mettre à jour certains prix ;
- conseiller l’entreprise, le maître d’œuvre ou le maître d’ouvrage sur les conséquences économiques du projet.
Le métier se situe donc à la rencontre de plusieurs univers : La technique du bâtiment, le métré, la connaissance des matériaux, l’économie, les prix et la compréhension concrète de l’exécution des travaux.
L’économiste de la construction doit comprendre ce qui va être construit avant de pouvoir correctement le quantifier.
Le métré : bien davantage qu’une multiplication de surfaces
Une partie fondamentale du travail repose sur le métré.
Sur plan ou à partir des documents du dossier, l’économiste de la construction détermine les quantités nécessaires à la réalisation de l’ouvrage : Mètres carrés, mètres linéaires, mètres cubes, unités, volumes, équipements, et bien évidemment : Les prix.
À première vue, l’exercice peut sembler essentiellement mathématique, or il ne l’est pas nécessairement.
Deux personnes peuvent mesurer exactement la même surface et aboutir à deux besoins réels différents si l’une d’elles n’a pas suffisamment anticipé les conditions d’exécution.
Prenons un exemple très simple.
Un sol nécessite théoriquement 8 m² de carrelage. Commander exactement 8 m² n’a pourtant pas forcément de sens. Il faut tenir compte des découpes, du calepinage, des pertes, du format des carreaux et surtout de leur conditionnement.
Si les carreaux sont commercialisés par cartons contenant une quantité déterminée, le besoin d’achat réel n’est plus strictement égal à la surface géométrique calculée. Avec certains grands formats coûteux, cette différence est loin d’être anecdotique.
Nous avons évoqué ce sujet dans nos cours de métrage.
Même chose pour un revêtement de sol en lés : la surface à couvrir ne suffit pas nécessairement à décrire le problème. Il faut également réfléchir aux dimensions disponibles, aux découpes et parfois même aux contraintes d’acheminement jusqu’à la zone de pose.
C’est là qu’apparaît toute la différence entre mesurer un ouvrage et comprendre comment il va être réalisé.
On remercie Logane Bouillon pour sa participation
Avant d’aller plus loin, je tenais à remercier Logane pour son intervention, en live, et le temps qu’elle a accordé à la rédaction de cet article et de la vidéo associée. Logane est une femme de l’art, professionnelle, indépendante et qui maîtrise son sujet sans aucune hésitation, preuve en est, ses réponses à mes questions sont d’une clarté et d’une instantanéité sans pareille. Elle a donné de son temps pour la rédaction, nous lui devons un juste retour alors pour la contacter c’est simple :
- Le site web Loganestimplus.fr
- Son profil sur LinkedIn.
DCE, CCTP, DPGF : Les documents que l’économiste doit savoir lire
Dans un dossier structuré, l’économiste travaille rarement à partir d’un document unique. Il peut notamment analyser le DCE, dossier de consultation des entreprises, qui rassemble les pièces permettant aux entreprises de comprendre le projet et de préparer leur offre.
Parmi ces documents figure fréquemment le CCTP, cahier des clauses techniques particulières.
Le CCTP décrit les prestations et prescriptions techniques attendues : nature des ouvrages, matériaux, procédés, caractéristiques et conditions particulières d’exécution selon le projet.
On peut également trouver une DPGF, décomposition du prix global et forfaitaire, permettant de ventiler le prix proposé suivant les différents postes prévus au marché.
Pour l’économiste, ces documents ne doivent pas être lus séparément. Il faut les croiser.
Un plan peut faire apparaître un élément absent du CCTP. Une description peut sembler incompatible avec une représentation graphique. Une prestation nécessaire peut être insuffisamment décrite. Le travail ne consiste alors plus seulement à remplir des cases dans un tableau.
« Il faut identifier l’incohérence, la signaler et déterminer avec le professionnel concerné la manière dont elle doit être traitée dans son offre. » Logane Bouillon.
L’économiste de la construction joue aussi un rôle de garde-fou
C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de cette profession. Architectes, maîtres d’œuvre, entreprises, artisans, bureaux d’études : Personne n’est infaillible. Un document peut comporter une omission ou une incohérence.
L’économiste apporte alors un regard supplémentaire sur le dossier. Il (elle) joue le rôle de garde fou.
Logane résume cette fonction par un travail d’analyse et de conseil : Lorsqu’une incohérence apparaît entre un CCTP, un plan ou une DPGF, elle la relève avant d’établir son métré.
Ce contrôle croisé peut éviter qu’une prestation soit tout simplement oubliée du chiffrage. Et quelques petites lignes oubliées peuvent parfois représenter beaucoup d’argent une fois le chantier commencé.
À quel moment intervient-il ?
Pour une entreprise générale ou un artisan, l’économiste peut intervenir avant même que le devis soit envoyé au client. Le professionnel reçoit par exemple une demande concernant une rénovation.
Avant de contractualiser les travaux, il transmet les plans et informations nécessaires à son économiste. Celui-ci analyse le dossier, réalise le métré et prépare les éléments nécessaires au chiffrage.
L’entreprise conserve évidemment la maîtrise de ses prix, de ses choix commerciaux et de son organisation. L’intérêt est ailleurs : disposer d’une base quantitative beaucoup plus structurée avant de s’engager.
Cette distinction est importante.
Lorsqu’une entreprise oublie une prestation avant de signer un marché forfaitaire, le problème ne disparaît pas lorsque le chantier commence. Il apparaît simplement plus tard, lorsque quelqu’un doit payer le coût réel de cette prestation.
Neuf, rénovation, logements, bâtiments professionnels : un métier transversal
Le champ d’intervention peut être très large.
Au cours de son expérience, Logane Bouillon a travaillé sur des maisons individuelles, des opérations de rénovation, des bâtiments industriels, des cabinets médicaux, de petits collectifs ou encore des locaux commerciaux. Les méthodes et contraintes changent évidemment selon le projet.
Un bâtiment industriel ne s’étudie pas comme une maison individuelle. Un ERP peut soulever des questions réglementaires spécifiques. Une rénovation présente une difficulté supplémentaire : l’existant.
Dans le neuf, une grande partie du projet est théoriquement définie par les plans et pièces techniques.
En rénovation, la réalité du bâtiment peut réserver davantage de surprises. D’où l’importance des informations transmises par l’artisan ou le maître d’œuvre ayant visité les lieux.
En rénovation, le plan ne raconte pas toujours toute l’histoire
Prenons un exemple très concret : La création d’un appareillage électrique.
Compter une prise, un interrupteur ou un équipement ne suffit pas toujours à définir correctement le coût de l’intervention.
Selon le support existant, il peut être nécessaire de réaliser une saignée, d’ouvrir puis de reprendre certaines finitions, de protéger les locaux ou de mettre en œuvre des moyens particuliers.
Le coût d’un ouvrage n’est donc pas uniquement celui de l’objet finalement visible. Il comprend également tout ce qu’il a fallu faire pour pouvoir le poser.
C’est une différence fondamentale entre un chiffrage purement théorique et une étude nourrie par la connaissance du terrain.
L’expérience du chantier reste précieuse
L’économiste travaille beaucoup derrière un écran.
Cela ne signifie pas qu’il doit ignorer le chantier. Logane Bouillon a grandi dans cet univers. Son père étant carreleur, elle explique avoir fréquenté les chantiers dès son enfance. Aujourd’hui encore, lorsqu’elle travaille avec des artisans proches géographiquement, elle apprécie de pouvoir retourner voir les ouvrages qu’elle a chiffrés.
Cette confrontation entre ce qui avait été prévu sur le papier et ce qui a réellement été exécuté est particulièrement instructive.
Parce que le métré parfait dans un tableur peut devenir imparfait dès qu’il rencontre un escalier trop étroit, un conditionnement inattendu, une découpe particulière ou une contrainte d’accès.
Le terrain rappelle continuellement que le bâtiment reste un métier physique, une culture de l’excellence, et une perpétuelle remise en question.
Pourquoi externaliser ses métrés lorsqu’on est artisan ?
Un artisan est parfaitement capable de réaliser ses propres devis. La question n’est pas là.
La véritable question est plutôt : dans quelles conditions les réalise-t-il ? Après une journée de chantier ? Le soir ? Entre deux rendez-vous ? Dans son véhicule ? Pendant le week-end ?
Selon l’expérience rapportée par Logane lors de notre entretien, certains professionnels peuvent consacrer plusieurs heures par semaine à leurs métrés et devis. Ce temps n’est pas passé sur le chantier, auprès des clients ou à piloter l’entreprise.
Et lorsque le temps manque, le risque est naturellement de chiffrer plus vite, donc de commettre des erreurs ou des approximations. L’économiste apporte alors une autre organisation du travail.
Comme le résume Logane :
« Votre métier, c’est le chantier. Moi, mon métier, c’est de sécuriser vos chiffrages. »
La formule décrit assez bien la complémentarité entre les deux professions. Le réalisme, c’est accepter de déléguer cette tâche à un(e) professionnel(le).
Le prix de revient : savoir ce qu’un chantier coûte réellement
Facturer 10 000 euros une prestation ne signifie évidemment pas gagner 10 000 euros. Encore faut-il connaître son coût réel.
Matériaux, main-d’œuvre, sous-traitance, temps de réalisation, frais associés, pertes et charges doivent être intégrés selon la méthode de calcul utilisée par l’entreprise.
L’étude de prix permet donc de dépasser le simple quantitatif pour réfléchir au prix de revient et au prix auquel l’entreprise peut raisonnablement proposer sa prestation.
L’enjeu est considérable !
Une entreprise peut remplir son carnet de commandes tout en fragilisant sa trésorerie si ses prix ont été construits sur des bases insuffisantes. Le bon chantier n’est pas uniquement celui que l’entreprise sait réaliser.
C’est aussi celui qu’elle a correctement vendu. Et vous l’aurez compris aisément, c’est ici que l’économiste de la construction va faire toute la différence. C’est un atout, pas une charge !
Les prix des matériaux doivent être actualisés
L’économiste de la construction peut également intervenir sur les données utilisées par l’entreprise pour construire ses prix.
Les coûts d’achat évoluent. Une base de prix pertinente à un instant donné peut ne plus l’être quelques mois plus tard.
Dans le cadre d’une étude de prix, il peut donc être nécessaire de reprendre des bons de commande ou données récentes, de vérifier les coûts effectivement supportés et d’actualiser les bases servant aux prochains devis.
L’objectif n’est pas simplement de connaître « le prix moyen » d’un matériau.
Pour une entreprise, la donnée intéressante est souvent beaucoup plus concrète : Combien ce matériau lui coûte réellement dans ses conditions d’achat.
L’économiste peut-il travailler entièrement à distance ?
Une partie importante de ces missions peut aujourd’hui être réalisée à distance lorsque les documents nécessaires sont disponibles.
Plans, CCTP, DPGF, tableaux de prix et autres pièces peuvent être transmis numériquement. Logan Bouillon, installée dans les Landes, travaille ainsi avec des clients situés dans différentes régions françaises.
Cela n’élimine pas l’intérêt du terrain. Cela signifie simplement que le déplacement systématique n’est plus indispensable pour certaines missions de métré, d’étude de prix ou d’analyse documentaire.
La qualité de l’étude dépend alors fortement de la qualité des informations fournies.
Un économiste peut-il également aider un particulier ?
Oui.
Même si l’activité de Logane est aujourd’hui principalement orientée vers les professionnels, certaines missions peuvent concerner directement des particuliers.
Un particulier peut notamment avoir besoin d’une estimation en amont d’un projet ou vouloir connaître l’ordre de grandeur d’une rénovation avant l’achat d’un bien.
Autre situation particulièrement intéressante : l’analyse de plusieurs devis d’entreprises.
Trois artisans peuvent présenter trois offres très différentes sans qu’il soit facile pour le maître d’ouvrage de comprendre pourquoi.
Le moins cher n’a peut-être pas prévu exactement la même prestation. Le plus cher n’est pas nécessairement excessif. Les quantités, matériaux, hypothèses ou limites de prestations peuvent différer.
L’analyse économique permet alors de comparer les offres autrement qu’en regardant uniquement le chiffre inscrit en bas de la dernière page.
Économiste de la construction et intelligence artificielle : le métier est-il menacé ?
Impossible aujourd’hui d’éviter la question.
Une intelligence artificielle peut déjà analyser des documents, produire des tableaux, assister à la rédaction d’un mémoire technique ou effectuer certains calculs.
Nous avons d’ailleurs réalisé nous-mêmes un test de métré sur une maison individuelle relativement simple.
Le résultat était intéressant.
Pas parfait, mais suffisamment sérieux pour comprendre que ces outils vont continuer à progresser.
Logane Bouillon a également effectué ses propres essais en transmettant notamment un plan et un CCTP à une IA pour tenter d’obtenir un métré.
Son constat a été beaucoup plus réservé : le résultat comportait encore de nombreuses erreurs.
Cette expérience ne permet évidemment pas d’établir une règle générale sur toutes les intelligences artificielles et tous les projets.
Elle met cependant en évidence la vraie question.
Le problème n’est pas uniquement de savoir si une machine sait mesurer une longueur ou multiplier une surface par un prix.
Il faut savoir si elle comprend suffisamment le projet pour détecter ce qui manque, ce qui est incohérent et ce qui risque de poser problème lors de l’exécution.
Et surtout : Qui contrôle le résultat ?
Utilisée comme outil d’assistance, l’IA peut probablement faire gagner du temps.
Utilisée comme substitut aveugle à la compétence technique, le risque est différent : une erreur peut être parfaitement présentée dans un tableau Excel et rester une erreur.
Le danger : Automatiser une erreur sans la relire
Le cas des petites entreprises mérite particulièrement réflexion. L’artisan manque justement de temps, il a « la tête dans le guidon ».
C’est l’une des raisons pour lesquelles il peut être tenté de déléguer une partie de son travail administratif ou de chiffrage à une IA. Mais s’il n’a déjà pas le temps de réaliser complètement l’étude lui-même, aura-t-il réellement le temps de contrôler ligne par ligne le résultat produit automatiquement ?
C’est probablement là que se situe aujourd’hui la limite la plus importante. Sur ce sujet, nous travaillons actuellement sur un document de recherche dédié à l’IA.
L’outil peut accélérer. Il ne dispense pas de vérifier.
Or, sur un chantier important, une erreur quantitative ou une prestation oubliée peut représenter des sommes sans commune mesure avec le temps économisé lors de la préparation du devis. Plus simplement, même si l’enjeu n’est pas financier (petits chantiers) cela va créer des incompréhensions sur les devis. Je vous interpelle suffisamment régulièrement sur ce sujet (Serge USTUN).
Un métier de chiffres, mais surtout un métier de bâtiment
L’image de l’économiste assis toute la journée devant un tableur ne raconte finalement qu’une petite partie du métier.
Bien sûr, il faut aimer les chiffres.
Mais il faut également comprendre un plan, connaître les techniques constructives, suivre les évolutions réglementaires, connaître les matériaux, comprendre le déroulement d’un chantier et savoir rechercher une information lorsque celle-ci n’est pas immédiatement disponible.
Logane emploie une comparaison intéressante : celle du médecin généraliste.
L’économiste ne peut pas mémoriser chaque information concernant tous les produits, toutes les techniques et toutes les réglementations du bâtiment. En revanche, il doit savoir identifier la question et où chercher la bonne réponse.
Cette capacité devient probablement encore plus importante à mesure que les bâtiments et les réglementations se complexifient.
Faire appel à un économiste : une dépense ou un investissement ?
C’est finalement la question centrale. Vu depuis l’extérieur, confier un métré ou une étude de prix à un professionnel constitue une ligne de dépense supplémentaire. Mais ce raisonnement oublie ce que cette prestation remplace.
- Elle remplace du temps passé par l’artisan à réaliser lui-même l’étude.
- Elle peut permettre d’identifier certaines prestations oubliées.
- Elle peut fiabiliser les quantités.
- Elle peut aider à actualiser les prix.
- Elle peut améliorer la compréhension économique d’un chantier avant que l’entreprise ne s’engage contractuellement.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un économiste rend tout chantier automatiquement rentable ni qu’aucune erreur n’est possible.
Cela signifie que l’entreprise dispose d’un niveau supplémentaire d’analyse et de contrôle avant de fixer son prix.
Et dans un secteur où quelques pourcents d’écart peuvent transformer la rentabilité d’une opération, cette fonction mérite probablement davantage d’attention.
Un travail qui doit s’adapter aux outils de l’entreprise
L’externalisation n’oblige pas nécessairement l’entreprise à abandonner ses habitudes. Logane Bouillon explique par exemple travailler à partir des trames déjà utilisées par ses clients.
L’artisan peut transmettre son propre modèle de devis ou son tableau Excel. Le métré est alors organisé pour s’intégrer autant que possible à son fonctionnement habituel.
C’est un détail qui n’en est pas vraiment un.
Un bon outil n’est utile que s’il peut être réellement exploité par celui qui le reçoit.
Conclusion : Chiffrer avant de construire
Dans le bâtiment, nous parlons énormément de mise en œuvre, de DTU, de matériaux, de pathologies et de techniques constructives. Nous évoquons beaucoup moins ce qui se passe avant le premier coup de marteau.
Pourtant, un chantier commence bien avant son ouverture.
Il commence lorsqu’un professionnel lit un plan, interprète un descriptif, mesure, compte, recherche un prix, estime un temps de travail et transforme toutes ces informations en une proposition commerciale. Une erreur à ce stade peut accompagner l’entreprise pendant toute la durée du chantier.
L’économiste de la construction intervient précisément à cet endroit.
- Entre le projet dessiné et le chantier réel.
- Entre les mètres carrés théoriques et les cartons réellement commandés.
- Entre le prix proposé au client et ce que les travaux coûteront effectivement à l’entreprise.
Son travail tient parfois dans une feuille de calcul mais derrière chaque ligne de cette feuille, il doit y avoir une compréhension du bâtiment. Et c’est probablement là que réside toute la valeur du métier.
À propos de cette interview
Cet article est issu de notre entretien avec Logane Bouillon, économiste de la construction indépendante, au cours duquel nous avons abordé son parcours, le métré, l’étude de prix, le travail avec les artisans, la rénovation, les appels d’offres ainsi que l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les métiers de l’économie de la construction.
L’entretien vidéo complet accompagne cet article, et vous pouvez vous abonner (gratuitement) à notre chaine YouTube pour soutenir notre travail de fond : La chaine Bati Blog.
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.


