Nous le savons, l’accessoire ne suit pas le principal dans le bâtiment. C’est même très souvent l’inverse. Parlons accessoire, parlons consommables, parlons stock. Car bien souvent, et nous le constatons chaque jour sur le terrain, ce sujet est trop largement sous estimé.
Conducs, chefs de chantiers, responsables de travaux : Nous vous invitons à réfléchir sur ce sujet hautement stratégique qui n’est presque jamais évoqué par ailleurs. Gérer vos stocks de consommables intelligemment, c’est réussir son chantier en tenant les délais et en maîtrisant les coûts.
On en parle.
Outils et méthodes pour éviter les ruptures et les surstocks en atelier ou sur chantier
Débutons par un avant propos de terrain.
Dans le bâtiment, ou plus largement dans le BTP, on voit deux tendances en termes d’approvisionnement : Le flux tendu et le surstock.
Évidemment vous avez vos contraintes en interne, mais ces deux méthodes sont l’une et l’autre néfastes pour vos chantiers. Évidemment, les deux positions peuvent être défendues mais soyons honnêtes, personne ne souhaite stopper un chantier pour faire du réapprovisionnement, et personne ne souhaite faire du stock à outrance au point d’immobiliser la moitié de ses fonds. On cherche le juste milieu. Les négoces traditionnels, nous le savons, sont peu enclins à apprécier ces subtilités, mais certains fournisseurs l’ont bien compris. Le schéma type du négoce traditionnel à largement évolué avec des solutions de click and collect ou mieux, des solutions de livraison en direct. Des spécialistes comme Berner utilisent très largement ce schéma qui s’impose très clairement comme le plus pertinent aujourd’hui. Autrement dit, chez Berner vous dégagez votre temps de réappro « perdu » pour vous concentrer sur vos chantiers.
Pas de surstock, mais de la disponibilité !
Prenons des exemples simples.
En charpente, en ossature bois, et en bardage nous consommons de la visserie à outrance. Mais chaque chantier est différent, chaque chantier demande une vis en particulier, plutôt qu’une autre. Trop longues, pas assez épaisses, pas le bon Torx, pas adaptées pour tel essence de bois trop nerveux et votre chantier s’arrête. Deux ou trois jours dans le meilleur des cas, au détriment d’aller à la pêche aux matériaux.
Alors revenons sur nos deux écoles, celle du charpentier qui stocke du 4/4.5/5 en longueur 40/45/50/60 … Vous l’aurez compris, c’est exponentiel et l’immobilisation en surstock est colossale. 300 M2 de bardage (un maison individuelle) c’est 5000 vis, voire plus.
L’autre école se veut en flux tendu. Mais à commander la veille pour le lendemain, c’est du 5 pour du 4 qui va fendre le bois, ou du 60 pour 80 qui ne va pas fermer le vissage. C’est du vécu.
Le stock dans le bâtiment c’est quoi ?
Évidemment on songe aux parements quand on évoque le sujet. Ça « saute au yeux », dès qu’il s’agit des revêtements, du carrelage, des sols LVT, ou des plots de Mélèze. Mais le surstock, ou son insuffisance ne se résume pas aux aprioris visibles et tangibles. Si les raccords en laiton sont une évidence pour les plombiers, les cartouches de PU une évidence pour les menuisiers et les vis ou les clous pour un charpentier : Multipliez ça par 12, car une construction c’est 12 lots ! Et multipliez ça par 30, car chaque lot a des besoins particuliers, pluriels et singuliers.
Pour une entreprise du BTP, et notamment une entreprise générale, c’est un cauchemar !
Surstock ou course permanente ?
investissements importants ou non, la question n’est pas là. Ce qui est stocké sans prévision d’être installé est une charge, et ce qui est absent dans l’atelier est une faute. Nous n’allons pas faire de longs discours inutiles, c’est évident pour tout le monde.
Un inventaire qui n’en finit plus
Stocker c’est pointer.
Qui dit stock dit comptabilité. Autrement dit, et selon la taille de l’entreprise et du volume d’affaires, il va falloir comptabiliser toutes ces fournitures qui dorment dans l’atelier. C’est du temps, et par conséquent, c’est de l’argent. Nous avons tous connu ça, et c’est clairement une corvée en plus d’être une perte de rentabilité. En revanche, l’avantage est simple : On dispose de tout et on ne perd pas de temps le matin ou le soir au moment de préparer son camion.
Une course permanente pour trouver les matériaux et consommables
A l’opposé celui qui travaille en flux trop tendu va devoir faire la course au réassort. Jongler entre les négoces pour trouver le produit ou le consommable dont il a besoin pour son chantier, en quantité suffisante. Autrement dit, des kilomètres et des heures perdues.
Bref, ces deux méthodes ne fonctionnent pas et vous l’aurez compris.
Le réassort express : une solution pertinente !
Nos besoins et usages sont simples. De la chimie à ma quincaillerie nous savons que ce sont une petite dizaine de produits que nous utilisons au quotidien :
- La visserie
- Le PU
- Les forets et embouts
- Les feuillards, les cornières
- Etc.
Pour les plombiers c’est évidemment un dilemme, mais pour tous les autres corps de métiers, faites le test, et vous verrez que vos besoins se limitent bien souvent à 10 références produits.
Ok, vous avez identifié ces dix produits, et bien ayez le réflexe du réassort express.
Choisir un fournisseur qui dispose d’un large catalogue
Dans l’idéal l’entreprise est située à deux pas de son fournisseur et ce dernier ouvre à 6 heures du matin, de sorte qu’en cas de manque, nos équipent puissent se réapprovisionner et être sur le terrain pour 8 heures. Ça c’est un doux rêve évidemment.
Dans la réalité, on perdra aisément 1 heure pour deux boîtes de vis ou une feuille de zinc car même si le fournisseur est ouvert, nous ne sommes pas les seuls en bout de comptoir. L’idéal est donc double :
- Avoir un fournisseur dont le catalogue est vaste, le plus vaste possible.
- Qu’il puisse fournir rapidement, du jour au lendemain dans le meilleur des cas.
Faites vous livrer ! Épargnez vous du temps perdu et payé !
Nous en avons longuement parlé dans nos nombreux articles. Nous sommes passés aux négoces 2.0 depuis bien des années. Aujourd’hui, certains fournisseurs ont établi leur pertinence sur le tout dématérialisé et la livraison sur chantier. Autrement dit, vous avez un besoin ponctuel ou récurrent, on vous le livre, directement sur chantier. Nous avons connu ça au sein de la rédaction et du moins pour les métiers de la charpente, c’est un « game changer ».
Les rebus, le surstock, et l’économie solidaire
Maintenant que nous avons posé les bases d’une bonne stratégie en matière de stock, dans le BTP, que faire avec le stock présent inutilisable ? Les menuisiers connaissent bien ce sujet, il en ont fait un art : Les rebus !
Dès lors, pourquoi ne pas en faire profiter les filières spécialisées dans l’économie circulaire et faire de vos surstocks un atout ?
C’est aussi ça l’artisanat qui se traduit dans le réel par un petit coup de main aux autres !
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.

