Édito — Septembre 2026 : bientôt 700 articles… Merci.
On approche les 700 articles.
Je pourrais commencer cet éditorial avec des chiffres, des statistiques, des courbes de fréquentation ou des positions dans les moteurs de recherche.
Mais ce n’est pas ce que j’ai envie de faire aujourd’hui. Aujourd’hui, j’ai simplement envie de vous dire merci. Merci à celles et ceux qui lisent Monbatiment.fr depuis longtemps. Merci à ceux qui arrivent ici après avoir cherché la réponse à une question technique. Merci aux professionnels, artisans, experts, fabricants, assureurs, étudiants, particuliers et simples curieux qui passent chaque jour quelques minutes (parfois beaucoup plus) sur ces pages.
Parce que derrière ce chiffre de bientôt 700 articles, il y a quelque chose que l’on ne voit pas forcément.
700 articles, ce sont près de 1,4 million de mots
Mes articles dépassent régulièrement les 2 000 mots.
À l’échelle du magazine, nous approchons donc probablement les 1 400 000 mots consacrés au bâtiment, à ses techniques, à ses matériaux, à ses métiers et à ses pathologies.
Mais finalement, les mots ne représentent qu’une partie du travail. Il faut aller chercher l’information. Et très souvent, cela signifie quitter le bureau.
Aller sur les chantiers. Rencontrer ceux qui œuvrent, ceux qui posent, ceux qui réparent. Observer un détail constructif. Démonter quelque chose. Tester un produit. Prendre des mesures. Photographier une pathologie. Filmer une mise en œuvre. Parfois dans la poussière. Parfois sous la pluie.
Parfois à quatorze mètres de hauteur sur une toiture et, puisque je tiens quand même à continuer cet éditorial quelques années, je reconnais volontiers que certaines prises de vues auraient mérité un peu plus de prudence.
Puis il faut rentrer.
Classer les photos. Vérifier les informations. Monter les vidéos. Écrire. Reprendre une phrase. Vérifier un calcul. Chercher une norme. Relire. Corriger. Publier.
Et recommencer. C’est laborieux. C’est chronophage.
Je ne veux pas parler du bâtiment depuis une chaise
Depuis le début de Monbatiment.fr, je me suis imposé une règle assez simple : ne pas expliquer quelque chose que je ne serais pas capable de comprendre, de vérifier ou de confronter au réel.
Je ne prétends évidemment pas savoir exercer tous les métiers du bâtiment. Personne ne le peut. Mais lorsque j’explique un geste, un matériau, une pathologie ou un principe constructif, je veux pouvoir aller voir ce qui se passe derrière les mots.
Le bâtiment est une discipline physique.
Un trait sur un plan finit par devenir du béton, du bois, de l’acier, un câble, une canalisation ou une membrane d’étanchéité. Et lorsque le trait est mauvais, le bâtiment finit généralement par nous le rappeler. C’est cette confrontation permanente entre la théorie et le terrain que je veux continuer à documenter.
Monbatiment.fr est devenu un véritable magazine
Lorsque j’ai commencé cette aventure, l’ambition était déjà déraisonnable. Je voulais construire progressivement une sorte de « bible du bâtiment ». Pas un catalogue. Pas une succession de petites définitions destinées uniquement à répondre à une requête. Une bibliothèque.
Un endroit où l’on pourrait comprendre aussi bien une technique traditionnelle d’utilisation des matériaux, une pathologie du bâti, une règle de construction, un métier, un détail architectural ou une innovation. Et surtout aller chercher les singularités.
Parce que le bâtiment est un art vaste.
Plus j’écris, plus je découvre tout ce qu’il reste à écrire. Après presque 700 articles, je pourrais avoir l’impression d’avoir fait le tour de la question. C’est exactement l’inverse. Je vois maintenant l’étendue du chantier. Et quelque part, c’est une excellente nouvelle.
L’aventure est aussi devenue audiovisuelle
La chaîne YouTube accompagne désormais de plus en plus naturellement le magazine. Et là encore, l’objectif n’est pas de fabriquer des vidéos simplement pour fabriquer des vidéos.
La caméra permet de montrer ce qu’un texte explique parfois difficilement. Voir une mise en œuvre. Observer un phénomène. Rencontrer un industriel. Tester un système. Entrer sur un chantier.
Comparer la théorie avec ce qui se passe réellement lorsque quelqu’un prend un outil et commence à travailler.
Ces derniers mois, les rencontres et les tournages se sont multipliés. Certaines vidéos sont réalisées directement sur le terrain, d’autres prolongent des articles publiés sur le magazine.
Petit à petit, le texte, la photographie et la vidéo commencent à former un seul ensemble.
C’est exactement la direction que je voulais prendre.
Et puis il y a eu un livre
2026 aura également marqué une autre étape importante : la publication de mon livre sur Amazon. Passer de centaines d’articles indépendants à un ouvrage est un exercice très différent. Un article doit répondre précisément à une question.
Un livre doit construire un chemin.
Il oblige à organiser les connaissances, à revenir sur certaines certitudes, à expliquer différemment et parfois à réaliser que ce qui nous semblait évident ne l’est absolument pas pour celui qui découvre le métier. Là encore, l’objectif reste le même :
transmettre.
Parce qu’une connaissance professionnelle qui ne circule plus finit par disparaître.
Nous avons presque atteint 700 articles. Ce n’est pas encore assez.
Je pourrais considérer que 700 articles constituent déjà une belle bibliothèque. Mais ce serait oublier ce qu’est le bâtiment. Il reste les matériaux.
Et ces milliers de petits détails que l’on apprend parfois en cinq minutes auprès d’un artisan qui pratique son métier depuis trente ans et que l’on ne trouvera jamais dans un manuel.
C’est cela que je veux aller chercher. Chaque singularité. Chaque savoir-faire. Chaque détail qui mérite d’être expliqué, photographié, filmé et conservé.
Faisons du bâtiment. Mais faisons aussi de l’art.
Il y a enfin quelque chose que j’aimerais défendre encore davantage dans les prochaines années.
Nous parlons beaucoup de performances thermiques, de résistance mécanique, de coûts, de normes, de délais ou de réglementation. Nous avons raison. Mais à force de tout mesurer, nous avons peut-être oublié une chose essentielle. Nous construisons. Nous dessinons des volumes. Nous travaillons la matière. Nous choisissons des proportions.
Nous faisons entrer la lumière.
Et parfois, lorsque tout cela fonctionne ensemble, quelque chose apparaît qui dépasse largement la simple conformité technique.
Pendant des siècles, on a parlé des bâtisseurs comme des « hommes de l’art ». Le terme n’était pas usurpé.
Alors continuons à parler de résistance des matériaux, de DTU, de pathologies, d’étanchéité et de performance énergétique. Mais continuons également à parler de dessin, de savoir-faire, de patrimoine, de matière et de beauté.
Faisons du bâtiment.
Presque 700 articles. Des milliers de photographies. Des heures de vidéos. Une chaîne YouTube qui grandit. Un livre désormais publié.
Des rencontres extraordinaires avec celles et ceux qui font réellement vivre nos métiers. La « bible du bâtiment » que j’avais promise n’est pas terminée. Mais, doucement, on y vient.
Et si Monbatiment.fr est encore là aujourd’hui, vivant, indépendant et avec toujours cette même envie d’aller voir ce qui se passe derrière la prochaine porte de chantier, c’est aussi parce que vous êtes là pour le lire.
Alors je vous remercie du fond du cœur.
Serge Ustun / Directeur de la rédaction — Monbatiment.fr



