Densification, raréfaction du foncier et ZAN, les stratégies des grands constructeurs et promoteurs doivent évoluer et s’adapter. C’est notamment le cas du Grand Ouest où nous assistons à un véritable renouveau des programmes qui génèrent des trésors d’ingéniosité et de mutation architecturale. En préparation de notre dossier annuel sur les enjeux à venir dans le bâtiment, nous avons sélectionné Angers Loire Métropole et deux projets distincts.
Sur ce segment, certains font preuve d’une rare efficacité, qui ouvre un champ des possibles faisant honneur à l’architecture. La résidence Ekko pour son concept au niveau local, et la métropole Angevine pour ses ambitions globales.
Faisons le point.
PLUi, aménagement urbain, et développement durable : Sur Angers Loire Métropole le pari sera t’il tenu ?
Nous retenons la métropole Angers Loire pour ses ambitions.
L’objectif est audacieux : 27 300 logements doivent être édifiés pour une deadline qui se rapproche, 2027. Or depuis l’entrée en vigueur du PLUi, ces objectifs de production neuve n’ont pas été atteints. En 2025, ALM (Angers Loire Métropole) ouvre sept zones à l’urbanisation (zone 2AU). En 2024, c’était déjà 4 zones qui ouvraient sur le même classement. Cette même année, une révision générale du PLUi (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) entrait dans une démarche de transition écologique. Visant notamment la trajectoire du « zéro artificialisation nette » (ZAN) fixée par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021.
Autant de challenges qu’il faut relever, en gardant à l’esprit l’art de l’architecture et la gestion des ressources. L’action, vous l’aurez compris, s’inscrit dans une démarche de réduction du bilan carbone de la construction, entre autre. Un slogan sort alors pour appuyer la stratégie de ALM : « Cap pour 2040 : Angers Loire Métropole se réinvente ».
Dans ce contexte, certains groupes viennent épauler l’ambition publique locale par un véritable tour de force d’ingénierie et de conceptualisation. Nous voyons naître des projets fous, et cependant réalistes. C’est ici que le sujet éveille l’attention de la rédaction : Construire en mode « contraint » tout en innovant (plus particulièrement sur le sujet construction/climat). Nous avons récemment étudié le problème des ICU (Ilots de chaleurs urbains) dans nos lignes, occasion inespérée de poursuivre cette investigation en proposant des modèles fiables, et éprouvés.
Pour notre dossier annuel, que vous pourrez compulser dès Janvier 2027 ici même, nous retiendrons donc ALM pour le volet « gestion de l’urbanisme en zone dense ». Cependant, à la gestion collective nous souhaitions ajouter un projet local, et si possible mené à terme. La résidence Happy était notre premier choix, mais nous finirons pas opter pour la résidence EKKO à Bordeaux.
Ekko, le modèle « écologique » à l’architecture détonante !
Raréfaction des terrains, sur-densification des zones urbaines, il faut aujourd’hui composer entre possibilité de construire sainement, intelligemment, et prendre en compte les nouveaux enjeux comme le climat, en édifiant des bâtiments « intelligents ». Dans le Grand Ouest, il y a cependant des gens qui font bouger les lignes.
Certes le projet Ekko n’est pas édifié dans le Grand Ouest à proprement parler, mais à Bordeaux. En revanche c’est bel et bien sur Angers qu’il a pris naissance. Nous devons cette initiative au groupe Launay, innovateur sur ce segment parmi les promoteurs immobiliers à Angers.
En quoi est-ce intéressant, si nous excluons le formidable aspect architectural du site ? Et d’ailleurs, pourquoi citons nous Ekko ? La réponse est simple : Nous sommes au cœur d’une révolution (actuellement) dans la construction, sur le segment du collectif. Pour ne pas dire, ENFIN ! Le rapport entre Ekko et ALM ? Encore une fois la réponse est simple, nous devons ce prodige au groupe immobilier Angevin, Launay. Et nous verrons d’ailleurs que sans cet acteur local, il serait difficile de coller aux ambitions de la métropole avec réalisme.
Notre dossier complet sur la conception et la réalisation de la résidence EKKO sera bientôt en ligne. Restez connectés !
Ekko intègre très légitimement nos lignes en vue de la préparation d’un dossier d’étude complet (Janvier 2027) sur les gestes architecturaux qui viennent en appui du développement durable dans la construction.
Une ambition va nécessairement se confronter à des contraintes
- Tension entre construction et sobriété foncière : ALM doit à la fois relancer une production de logements qui n’a pas atteint ses objectifs, tout en intégrant les contraintes ZAN qui poussent à limiter l’artificialisation des sols. C’est un vrai numéro d’équilibriste.
- Un territoire élargi : depuis l’approbation de 2017, le périmètre a évolué avec l’intégration de communes nouvelles (Pruillé au sein de Longuenée-en-Anjou, Loire-Authion), ce qui complique la cohérence du document unique.
- Horizon 2040 : la révision n’est pas un simple ajustement, c’est une refonte du projet de territoire à 10 ans minimum.
Zone dense, hauteur pilotée, bande de construction, accès complexes… Autant d’éléments qui rendent une construction ou un programme immobilier complexe. Il n’est pas permis de se projeter sur des programmes ambitieux sans tenir fermement toutes ces contraintes avec minutie, plannings, et ressources adaptées. Sur ce type de zones, les brides sont nombreuses : Parcelles divisées, opérations en « dent creuse », complexité des chantiers sur site contraint ! Bref, que du bonheur pour les ingés et les archis !
Notre terrain de jeu favori à la rédaction.
Sur Rennes, un autre exemple notable : La résidence HAPPY
La résidence Happy, aux portes de Rennes, illustre une approche du logement collectif qui cherche à rompre avec les standards habituels de la promotion immobilière. C’était notre premier choix à la rédaction.
Confiée à l’architecte Julien de Smedt, connu pour des réalisations qui mêlent audace formelle et attention au vivant, cette résidence de 56 logements se distingue dès l’entrée : Le parvis d’accueil prend la forme d’une serre bioclimatique plantée d’arbres fruitiers, brouillant la frontière entre espace bâti et jardin nourricier.
Ce geste architectural donne le ton d’un projet pensé autour du partage et du bien-être collectif plutôt que de la simple juxtaposition d’appartements. Les logements, du deux au cinq pièces, bénéficient tous d’un prolongement extérieur — terrasse, balcon ou jardin d’hiver — offrant à chaque foyer un lien direct avec la lumière et l’air libre, un point devenu central dans les attentes des acquéreurs depuis quelques années. Le projet va plus loin en intégrant des espaces communs pensés comme de véritables lieux de vie : une salle destinée aux activités récréatives et des zones de coworking permettent aux habitants de se croiser, de travailler à distance sans quitter leur immeuble, ou simplement de se retrouver.
En misant sur ces usages partagés et sur une végétalisation généreuse dès le seuil du bâtiment, la résidence Happy témoigne d’une évolution notable dans la manière dont les promoteurs régionaux du Grand Ouest conçoivent aujourd’hui l’habitat collectif contemporain. Consulter le programme sur le site Rennes Métropole.
Happy, ou Ekko, nous pourrons évidemment revenir sur chacun de ces deux cas dans un dossier dédié alors aucune amertume, il fallait bien choisir pour finaliser notre travail documentaire à venir.
Crédit photo de couverture : Bastideniel.fr
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.


