Noquet (zinguerie) : Définition, usages, explications sur cet élément de zinguerie singulier qu’il ne faut pas confondre avec un solin ou un couloir de zinc, même s’il en est souvent l’extension.
En couverture et en zinguerie, un noquet est une petite pièce métallique façonnée qui assure l’étanchéité à un point singulier de la toiture, généralement au fond d’un angle rentrant (noue) ou à la jonction entre un versant et un élément vertical (souche de cheminée, lucarne, mur). Posé sous les éléments de couverture (tuiles, ardoises), il capte et canalise les eaux de ruissellement vers un point d’évacuation, évitant ainsi les infiltrations dans les zones les plus exposées de la toiture.
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Le noquet est l’un des ouvrages fondamentaux du métier de zingueur, aux côtés du solin, de la bavette ou des larmiers, du chéneau et de la gouttière.
Étymologie du mot Noquet
Le mot « noquet » appartient au vocabulaire régional et technique de la couverture traditionnelle française. Il désigne un diminutif de forme façonnée en petite pièce, à rapprocher du terme « noue », qui décrit la ligne de rencontre concave entre deux pans de toiture. Le noquet est ainsi, étymologiquement et fonctionnellement, une petite « noue » localisée, une pièce d’appoint venant renforcer l’étanchéité à un endroit précis plutôt qu’une ligne continue de faîte à égout.
Fonction du noquet
Le rôle du noquet est de garantir l’étanchéité aux points où deux surfaces de toiture se rencontrent, ou où un versant rencontre un obstacle vertical. Ces zones concentrent un débit d’eau plus important que le reste du toit, car elles reçoivent le ruissellement de plusieurs pans à la fois. Un noquet mal dimensionné, mal soudé, ou insuffisamment développé sous la couverture, est l’une des causes les plus fréquentes d’infiltrations localisées et persistantes sur les toitures présentant une géométrie complexe (lucarnes, cheminées, pénétrations diverses).
Concrètement, le noquet est toujours posé sous les tuiles ou ardoises des versants adjacents. Il peut être apparent lorsqu’il habille une tuile plate type redland par exemple, ou invisible lorsqu’il vient étancher une ardoise.
Distinction avec les ouvrages voisins
Le vocabulaire de la zinguerie distingue plusieurs pièces dont les fonctions sont proches mais pas identiques :
| Terme | Fonction | Emplacement typique |
|---|---|---|
| Noquet | Étanchéité en fond d’angle rentrant horizontal, ou en pied aval d’un obstacle | Fond de noue, pied de souche, rive à noquets, jonction avec lucarne |
| Solin | Jonction étanche entre la couverture et une surface verticale | Mur pignon, souche de cheminée, muret |
| Noue | Ligne inclinée à l’intersection latérale de deux pans de couverture | Angle rentrant entre deux versants |
| Abergement | Ensemble complet des pièces métalliques assurant l’étanchéité autour d’une pénétration de toiture (cheminée, VMC, antenne) | Souche de cheminée, sortie de toit |
| Dos-d’âne | Pièce en forme de V inversé qui répartit l’eau de part et d’autre d’un obstacle, côté amont | Face amont d’une souche de cheminée |
| Bavette | Pièce plate rejetant l’eau vers l’extérieur, sans former d’angle rentrant | Bas de mur, appui de fenêtre |
Un abergement de cheminée complet associe ainsi typiquement un dos-d’âne (côté amont), des noquets latéraux (le long des deux faces de la souche) et un solin (raccordement à la maçonnerie), chaque pièce se recouvrant selon la règle générale de la zinguerie : l’élément du haut recouvre toujours celui du bas, afin que l’eau ne puisse jamais remonter sous une pièce inférieure.
Types de noquets
Noquet de noue
C’est le cas le plus courant. Il s’agit d’une bande métallique pliée en V (ou en U selon le profil), posée en fond de noue entre deux versants, et qui remonte sous la couverture de chaque côté. On parle alors de noue à noquets, par opposition à la noue « en ardoises » (dite noue ronde), où l’étanchéité est assurée uniquement par le façonnage des ardoises elles-mêmes sans pièce métallique continue. Sur les grandes longueurs, les lés de zinc du noquet de noue sont soudés entre eux à l’étain à intervalles réguliers pour former un ouvrage continu.
Rive à noquets
Utilisée notamment en couverture d’ardoises, la rive à noquets consiste à poser, à chaque rang, une petite pièce en équerre (noquet) contre un mur latéral, la partie verticale plaquant contre la maçonnerie et la partie horizontale débordant sous l’ardoise. Le recouvrement successif des noquets, rang après rang, forme une véritable rigole continue le long du mur.
Noquet de souche de cheminée
Sur les côtés d’une souche de cheminée, les noquets latéraux longent la maçonnerie en suivant la pente du toit, glissant sous la couverture côté versant et remontant contre le conduit de l’autre côté. Leur façonnage est possible en limite d’abergement, à la manière d’un couloir de zinc (voir ma photo ci-dessous). Sur la tuile galbe (moyen ou fort galbe) on utilisera pas ce type d’ouvrage mais plutôt le couple solin/abergement.
Ci-dessus : J’ai réalisé une photo pour illustrer l’utilisation d’un noquet en complément d’un abergement zingué. Photo : S.USTUN / Google Pixel 9 Pro / Zoom x5.
Noquet de lucarne
Autour d’une lucarne, des noquets assurent la jonction entre les joues de la lucarne et le versant de toiture, en complément d’un raccord souvent appelé dos-d’âne ou doublis sur la partie haute. Sur une tuile à pureau plat, un mauvais traitement de l’angle (utilisation d’un solin au lieu du noquet) peut entraîner un désordre.
Source : SMABTP
Matériaux
Historiquement façonné en plomb (ce n’est plus le cas de nos jours), le noquet est aujourd’hui le plus souvent réalisé en zinc. Il est parfois fait mention d’aluminium ou de tôle laquée mais nous n’avons jamais rencontré ce cas de figure sur un chantier, ou bien chez un fournisseur.
- Zinc naturel : se recouvre naturellement d’une patine grise protectrice (carbonate de zinc) au fil du temps.
- Zinc prépatiné : aspect gris homogène dès la pose, pour une durée de vie équivalente au zinc naturel.
- Cuivre : très durable, développe une patine verte caractéristique, apprécié en rénovation de bâti ancien.
A vérifier selon les sources : Vu sur Wikipédia / Ne ne pouvons garantir la véracité de l’information
- Aluminium : plus léger, bonne résistance à la corrosion, disponible en plusieurs teintes.
- Acier prélaqué ou inoxydable : utilisé notamment dans certaines constructions contemporaines.
Le choix du métal se fait notamment en fonction de la nature de la couverture existante, pour éviter les phénomènes de corrosion galvanique entre métaux incompatibles (par exemple entre zinc et plomb en contact direct et prolongé avec de l’eau de ruissellement).
Ci-dessus : Crédit photo / Queguiner.fr
En règle général les zingueurs débitent et façonnent les noquets dans des lames de zinc. Cependant il existe également des modèles déjà façonnés, vendu à l’unité, et que vous pourrez adapter sur place.
Dimensions et mise en œuvre
Les règles de mise en œuvre des noquets sont encadrées par les Documents Techniques Unifiés (DTU) applicables à la couverture :
- Le développé (largeur totale) d’un noquet de noue doit permettre une remontée minimale sous chaque versant, de l’ordre de 100 à 200 mm de chaque côté selon les DTU 40.11, 40.21 et 40.22, cette valeur étant augmentée dans les zones exposées (fort vent, forte pluviométrie, faible pente).
- Pour une rive à noquets en ardoise, la largeur à plat du noquet correspond généralement à celle d’une demi-ardoise, sa hauteur à celle d’une ardoise entière ; ardoises et noquets sont montés en rangs alternés. Le relief et généralement de 6 centimètres.
- Les noquets sont fixés en partie haute (clous, pattes ou crochets), jamais en plein courant d’eau, afin de ne pas créer de point de percement là où l’eau circule.
- Les jonctions entre lés de zinc se font par soudure à l’étain, technique traditionnelle du zingueur garantissant la continuité de l’étanchéité, notamment tous les 1,5 à 2 mètres sur les grandes noues.
- Le DTU 40.41 (NF P 34-401), relatif aux travaux de couverture en zinc, précise les prescriptions de mise en œuvre et de soudure des ouvrages de zinguerie, noquets compris.
Un noquet est toujours posé sur un support sain (voliges ou planches) et, si un écran de sous-toiture est présent, celui-ci doit être correctement raccordé pour ne pas piéger l’humidité contre le bois.
Outillage et techniques de pose
La confection et la pose d’un noquet mobilisent l’outillage classique du zingueur :
- Pince à plier le zinc et pinces plates, pour réaliser des plis nets, généralement à 90°.
- Marteau de couvreur et chasse-clous pour la fixation.
- Cordeau traceur pour l’alignement.
- Fer à souder et étain pour l’assemblage des lés.
- Crochets et clous adaptés (crochets à pointe inox, clous parapluie torsadés) selon le type de couverture.
Le façonnage se fait le plus souvent à la main, pièce par pièce, en particulier lorsque le profil des tuiles ou l’irrégularité d’une souche ancienne imposent un ajustement sur mesure. C’est cette étape de façonnage qui distingue le plus nettement un travail de zingueur professionnel d’une pose amateur : Un noquet plat posé sous des tuiles ondulées, par exemple, laisse des vides où l’eau peut s’accumuler et finir par s’infiltrer.
Réglementation (DTU)
En France, la pose des noquets relève des documents techniques unifiés relatifs à la couverture, notamment :
- DTU 40.11 (couverture en ardoises),
- DTU 40.21 et 40.22 (couverture en tuiles de terre cuite),
- DTU 40.41 / NF P 34-401 (couverture par éléments métalliques en feuilles et longues feuilles, incluant les règles de zinguerie).
Ces textes définissent les développés minimaux, les recouvrements, les modes de fixation et les tolérances applicables aux noquets, en fonction du type de couverture, de la pente du toit et de la zone climatique.
Pathologies courantes (après sinistre)
Les désordres les plus fréquemment observés sur les noquets sont :
- un développé insuffisant sous la couverture, ne remontant pas assez haut pour contenir les eaux par vent fort ;
- des soudures défectueuses ou absentes entre lés, créant des points de fuite ;
- un façonnage inadapté au profil des tuiles, laissant des vides propices à la stagnation d’eau ;
- une fixation en plein courant d’eau, perçant le métal là où l’eau circule ;
- la corrosion galvanique liée au contact prolongé entre deux métaux incompatibles.
Ces défauts se traduisent le plus souvent par des infiltrations localisées, visibles en premier lieu sur les plafonds ou les charpentes situés en dessous des noues, souches de cheminée ou lucarnes.
Entretien
Un noquet ne nécessite pas d’entretien spécifique lorsqu’il est correctement dimensionné et posé, hormis un nettoyage périodique des feuilles, mousses et débris qui peuvent s’accumuler en fond de noue et gêner l’écoulement de l’eau. Une vérification visuelle régulière, notamment après de fortes intempéries, permet de détecter précocement un déboîtement, une déformation ou une corrosion naissante.
Voir aussi
- Zinguerie
- Couverture (bâtiment)
- Noue (toiture)
- Solin
- Abergement
- Gouttière
- Chéneau
- Zingueur
Sources
- Article (assez pauvre en contenu) sur Wikipédia.
- Le Noquet sur Wikibati.
- Désordre sur lucarne / SMABTP
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN / Expert Bâtiment / Directeur de la rédaction.





