Télérupteur ou va-et-vient : Lequel choisir en rénovation ? Et Quand le télérupteur est-il pertinent dans un logement rénové ? La réponse n’est pas si évidente en première lecture je vous l’accorde, mais nous pouvons simplifier le raisonnement en reprenant un principe de base communément admis :
- Deux points d’allumage pour un même point lumineux : C’est le va-et-vient qui emporte le choix.
- Trois points d’allumage pour un même point lumineux : C’est le télérupteur qui s’impose sans discussions.
Allons plus loin dans les explications, et analysons les scénarios car cette seule affirmation ne vous suffira évidemment pas pour saisir toutes les nuances et l’importance de bien choisir entre ces types d’appareillages qui sont : Résolument différents.
Quelle différence entre un télérupteur et un va-et-vient ?
Le sujet est riche.
Cette question emporte une notion de technicité évidemment, mais également de stratégie de câblage (en construction neuve mais aussi en rénovation) et une notion de coût (budget). Vous devez vous projeter en phase « avant travaux », bien établir votre distribution et répartir vos appareillages, trouver les bons télérupteurs adaptés, et trancher dans vos choix.
Au sein de la rédaction nous avons posé un schéma conceptuel simple pour expliquer la différence entre va-et-vient et télérupteur :
- Le va-et-vient (comme le simple allumage) interrompt l’énergie émise vers la lampe. Il « rompt » le courant.
- Le télérupteur fait très exactement l’inverse, en envoyant une impulsion qui va ouvrir le courant pour allumer la lampe, sur demande et appui sur le contacteur. La rupture ne se fait plus dans l’appareillage, elle se réalise directement au tableau.
Confus ? Rassurez vous, on ne vous laisse pas tomber, on vous guide : C’est très simple.
Comment fonctionne un va-et-vient et jusqu’où va-t-il ?
La limite d’un va-et-vient est une limite physique simple : 2 boutons poussoirs maximum. Dans la réalité, il est possible de créer un troisième bouton mais cela nécessite l’usage d’un permutateur et notre but ici est de rester simple.
Le schéma de base d’un va-et-vient est lié à son principe de fonctionnement. Un unique câblage d’alimentation en 3G (1.5 le plus souvent) vient desservir 1 point lumineux et 2 boutons de commande (des interrupteurs).
Autrement dit, les 3 appareillages (2 inters et le PL) sont « liés » physiquement avec un unique câble (3 fils) qui arrive de votre tableau principal, au départ d’un mini disjoncteur. Comprenez bien cette notion de « lien » car ce sera fondamental pour comprendre et appréhender la différence avec un télérupteur.
Votre lampe (ampoule, plafonnier, murale, etc.) est constamment alimentée et la rupture du courant se fait au droit de l’interrupteur.
Dans un schéma de type va-et-vient, on utilisera les 3 fils (du 3g) pour apporter la phase, le neutre, et transformer la terre en fil navette. On résume :
- Un flux d’alimentation 3 fils.
- Un point lumineux (ou plusieurs mais dépendants)
- Deux points de commande (les inters).
Le va-et-vient se dispose naturellement aux allumages dans des volumes simples avec peu de distribution. Un petit couloir donnant sur 1 unique chambre par exemple, ou bien encore un allumage en tête de lit couplé à la commande disposée à l’entrée de cette même chambre.
Imaginons maintenant que ce même couloir desserve une deuxième et une troisième chambre et se pose alors la question du nombre d’interrupteurs à positionner :
Comment fonctionne un télérupteur et où se pose-t-il ?
Le télérupteur est un module qui se trouve physiquement dans le tableau. Il prend place comme un mini disjoncteur sur une des rangées disponible. En général, on le place en bout de réglette à droite (c’est un simple usage). Pour le reconnaître c’est simple, il ne ressemble pas à un mini disjoncteur (pas de clavette on/off) et il est souvent assortie d’un témoin lumineux.
Ci-dessus : Gros plan sur deux télérupteurs positionnés au tableau. Ces derniers sont aisément reconnaissables. Crédit photo : S.USTUN / Google Pixel 9 Pro.
Quand on actionne un interrupteur relié à un télérupteur, le bruit caractéristique est « clac clac ». Le bouton poussoir reste en position haute, on émet juste une « impulsion » qui active notre fameux télérupteur.
Dans ce cas, la rupture de courant est réalisée DANS LE TABLEAU et non au droit du bouton.
Contrairement au va-et-vient , qui est physiquement lié au point lumineux et à son jumeau placé plus loin dans un couloir, le télérupteur n’est PAS lié au point lumineux. Il est totalement indépendant de ce dernier. Pour reprendre notre schéma plus haut, et comprendre en quoi ce schéma est singulier, il nous faut revenir aux câbles.
- Un flux (3g ou 2g) alimente le point lumineux.
- Un autre flux (totalement indépendant) alimente le bouton poussoir (ou les boutons poussoirs).
- Les deux flux se rejoignent physiquement sur le télérupteur posé dans le tableau.
Résultat : Avec ce schéma, nous pouvons alimenter n’importe quelle source lumineuse (reliée au tableau) avec le nombre d’interrupteurs désirés, 2, 3, 4 ou plus.
Consulter notre dossier sur le schéma d’un télérupteur.
Quand faut-il encore prévoir un télérupteur dans un logement rénové ?
En rénovation tout autant (peut-être même plus) qu’en construction neuve il s’avère parfois judicieux d’opter pour le télérupteur. Je songe notamment à nous épargner des créer de nombreuses saignées inutiles dans des supports parfois douteux.
Rappelez vous : Un va-et-vient est physiquement lié à ses deux interrupteurs ! Autrement dit, si vous ne disposez pas de vides de construction, il va falloir saigner ! Je vous vois suer rien qu’à la lecture de ces mots. Nous le savons tous, il est toujours préférable de tirer des flux horizontaux, en simple traversée de cloison ou de murs, plutôt que de s’aventurer dans le vertical ou la diagonale. Un gros bon point pour le télérupteur !
À partir de combien de points de commande le télérupteur s’impose-t-il ?
Deux ! (J’écarte les notions puristes qui évoquent le va-et-vient à 3 commandes pour des raisons techniques). Restons simples ! Sincèrement, ne vous aventurez pas dans la création d’un va-et-vient à 3 points de commande sauf évidemment si vous êtes électricien. Épargnez vous des heures de réflexion inutiles et soyez pragmatiques.
Dès que vous voyez 3 portes dans un couloir, pensez immédiatement « télérupteur » et rien d’autre. Il serait malhonnête de prétendre qu’il n’existe pas de solutions complémentaires (commande radio, commande connectée, etc.) cependant il est pertinent de rendre les choses simples.
Dès 3 accès pour un même point lumineux : Réflexe télérupteur !
Un télérupteur est-il obligatoire dans une rénovation électrique ?
Non. Aucune obligation emporte l’usage d’un télérupteur en rénovation, c’est plutôt une recommandation pour obtenir un schéma de câblage saint et bien organisé lorsqu’on souhaite commander les points lumineux de manière efficace et « prévisionnelle » : Si vous changez vos plans ou si vous envisager un réaménagement. Qui peut le plus, peut le moins.
Comment trancher entre télérupteur, va-et-vient et minuterie ?
La nécessité fait loi ! Si vous disposez d’une distribution complexe (plusieurs pièces desservies par un même couloir par exemple) ou bien de grands espaces subdivisionnés : Me télérupteur emporte le choix.
Je reprendrai l’exemple d’un grand salon séjour ouvert avec de nombreuses baies vitrées donnant sur l’extérieur : Inutile de songer au va-et-vient, vous allez rendre votre installation complexe et peu pertinente.
Dans quels cas le va-et-vient reste-t-il la meilleure solution ?
Le va-et-vient demeure la meilleure option pour des raisons économiques et juste pour cela. Un unique flux d’alimentation permet de relier le point lumineux et le bouton. Deux sont nécessaires pour un télérupteur. Pour simplifier, c’est juste une question de coût de câblage. En outre, le télérupteur physique représente lui aussi un coût conséquent car il nécessite un module unique au tableau, là où le va-et-vient peut être relié à un mini disjoncteur partagé sur plusieurs lignes.
Bref, ça coûte plus cher.
Quand une minuterie est-elle plus logique qu’un télérupteur ?
Ci-dessus : Dans un ERP la minuterie est parfois couplée à un détecteur de présence (photo ci-dessus). Crédit photo : S.USTUN / Pixel 9 PRO.
Pour les communs, dans les copropriétés, ou bien encore pour les établissements recevant du public, la minuterie peut s’avérer réellement utile et pertinente. Dans tous les autres cas, plus précisément pour le résidentiel, il faut privilégier les contacteurs traditionnels. Cette dernière est par ailleurs souvent couplée avec un détecteur de présence qui permet d’éviter tout action manuelle des utilisateurs. Pour du résidentiel, le choix peut être pertinent pour les accès non clos (devenus obligatoires), ou bien les chemins d’accès menant à une porte d’entrée ou une dépendance.
Dans ce cas, la minuterie peut s’avérer précieuse car nul doute que personne n’oubliera de couper la lumière… C’est pas Versailles ici !
Faut-il plutôt passer à une commande connectée ?
Il ne faut pas amalgamer la commande connectée et les interrupteurs radios. Ces derniers sont des « issues de secours » quand il n’est pas possible de passer du simple allumage au va-et-vient sans réaliser de lourds travaux. C’est une simple commande radio avec 1 émetteur au droit de l’interrupteur principal (existant), puis un autre bouton autonome placé où vous le souhaitez.
La commande connectée quant à elle entre dans une véritable stratégie domotique. C’est un système qui prend de l’ampleur. Ici, on ne parle pas d’une simple pulsion radio mais d’un module complet qui lui aussi, comme le télérupteur, prend place au tableau. Si vous souhaitez rendre votre maison totalement connectée alors oui, ce type de commande peut devenir réellement intéressant car il vous offrira les mêmes services que les appareils connectés vendus en complément d’une installation standard. Là, vous rendez votre installation pilotable à distance « à la source », autrement dit en natif.
En revanche, et pour répondre à la question posée, il n’est pas plus simple de passer sur une commande connectée quand on dispose de simples va-et-vient car encore une fois, le schéma est plus proche du télérupteur et cela vous obligera donc à tirer une alimentation séparée pour relier vos boutons. Ceci dit, si vous êtes décidé à rénover, alors oui ! C’est pertinent !
Quels usages résidentiels justifient encore un télérupteur ?
Principalement, le réflexe « télérupteur » vient dès lors qu’on parle de « distribution ». Autrement dit les couloirs, les halls, les escaliers, etc.
Un couloir par exemple, va nécessairement desservir des pièces (chambres, toilettes, salles de bains etc.). Si vous desservez plus de 2 pièces, alors le télérupteur devient pertinent. Cela évitera de scinder les points lumineux en deux réseaux et de se perdre dans les allumages. Avec le télérupteur, vous placez autant de boutons que vous le souhaitez, idéalement à l’entrée de chaque pièce.
Pourquoi le télérupteur reste pertinent dans un couloir ou une cage d’escalier ?
Il est parfois préférable d’utiliser un télérupteur dans une cage d’escalier plutôt qu’un va-et-vient mais cette affirmation est purement stratégique. Il s’agit de comprendre que le va-et-vient nécessite impérativement un lien physique entre le point lumineux et le bouton. Le télérupteur quant à lui, est justement dispensé de ce lien (câble 3g). En d’autres termes, il est bien souvent plus simple de relier les boutons directement au tableau indépendamment des boutons pour éviter de passer l’étape de traversée de niveau (étage). Il est toujours préférable de tirer à l’horizontale qu’à la verticale pour des raisons pratiques simplement. Cela évite de percer les muraillères ou les rails placostyl par exemple. De nombreux électriciens préfèrent largement ce procédé.
- On part du point lumineux en plenum puis on revient au droit du tableau.
- Pas de traversée de niveau.
- Moins de risques de coudage des fourreaux.
- Moins de risques de perçage d’un fourreau en cas d’aménagement futur.
- Pas de nécessité de faire des saignées (en rénovation)
- Rien dans les murs ! Tout simplement.
Combien de boutons poussoirs peut-on raccorder sur un télérupteur ?
Autant qu’on le souhaite ! Aucune limite !
Soyons plus sérieux, la seule limite est effectivement le nombre de pièces ou d’ouvertures nécessitant de commander un point lumineux. Mais factuellement, l’avantage du télérupteur est qu’il n’est justement pas limité en termes de boutons de commandes qui lui sont associés. Vive les Wago !
Grands volumes, longs couloirs, espaces ouverts (grandes terrasses donnant sur plusieurs baies coulissantes) : Le choix est simple et vous l’aurez compris.
Comment vérifier qu’un télérupteur modulaire est adapté à son tableau électrique ?
Faites confiance aux pros ! Demandez simplement à votre fournisseur.
Comment savoir si un télérupteur modulaire convient à mon tableau ?
Le problème n’est pas de savoir si un module convient pour votre tableau mais plutôt et surtout si votre tableau peut encore accepter des modules. La plupart des modules télérupteurs sur le marché s’adaptent à tous types de tableaux qui sont de facto normalisés. Pour rappel, en électricité les normes sont draconiennes et il y a fort à parier que vous puissiez utiliser un module sur une installation qui ne date pas de 1970.
Prenez en photo votre tableau, si possible ouvert (cela permettra de vérifier le type de connecteurs) et une fois ce dernier refermé le nombre de « slots » encore disponibles. Ces derniers se « voient » car le clapet obturateur (ou cache) est clairement visible, et il correspond à 1 emplacement. Il n’est pas ici question de puissance, donc vous pouvez mettre de côté la notion de règles amont/aval, mais surtout question de place. C’est la norme NF C 15-100 qui détermine le dimensionnement de ce dernier.
Prenez des photos, et demandez à votre fournisseur ou votre électricien si la pose de modules est possible. Le tour est joué.
Combien coûte le passage d’un va-et-vient à un télérupteur ?
Pour alimenter un va-et-vient , un seul flux suffit (autrement dit un 3G1.5) et une navette entre les deux boutons. Or pour alimenter un point lumineux en télérupteur, il faut 1 flux par bouton et 1 pour le PL ! Passer d’un simple Va-et-vient à un télérupteur va donc nécessiter de retirer une alimentation par bouton. Le tirage de l’alimentation pourra s’effectuer en plenum, en contre cloison, ou tout autre vide de construction disponible.
Ensuite il faudra ajouter les télérupteurs physiques au tableau et enfin remplacer les appareillages (grossièrement les interrupteurs).
Le coût sera donc relativement conséquent selon le niveau d’accessibilité de vos boutons.
- Tirage des alimentations du tableau jusqu’aux boutons.
- 1 flux par bouton.
- Ajout des télérupteurs au tableau (attention à la place disponible).
- Remplacement des boutons physiques (les interrupteurs) qui ne sont pas de même nature que les boutons en simple allumage.
Quelles erreurs éviter avant de valider son choix au tableau ?
Anticiper les principes que nous venons de voir ensemble est nécessaire pour dimensionner son tableau. Autrement dit, évitons les écueils et voyons pourquoi il est nécessaire de définir ces éléments avant le raccordement au tableau :
Quels mauvais réflexes reviennent le plus souvent en rénovation ?
Au risque de me répéter, le principal mauvais réflexe est de réfléchir en termes de longueurs de câble à consommer. Oui, le télérupteur nécessite clairement le double de câblage en rapport avec un simple allumage ou un va-et-vient. Mais quel confort !
Évitez les saignées, évitez les erreurs en raccordant le fil navette d’un va-et-vient et simplifiez vous la vie. En rénovation, notamment en rénovation lourde, choisissez le pragmatisme et non l’économie de moyens. Un télérupteur c’est simple, c’est fiable, et c’est confort. Pas de diagonales, aucun de risque de « taper » dans un fourreau et de se retrouver les cheveux dressés sur la tête au moindre coup de perceuse dans un mur.
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.





