Quand nous décidons de traiter un sujet à la rédaction, nous tentons de le faire en profondeur. Notre avis sur les peintures cool roof doit être révisé, dans le sens positif. Certes, nous avons été déçus par la solution SEL (Système d’étanchéité liquide) proposé par les peintures Daniel, mais pour ce qui est de l’effet albedo : Nous sommes en mesure de prouver la véracité du procédé.
Retour d’expérience et analyse de terrain, sur notre chantier école : Oui, la peinture Cool Roof ça marche !
Avant propos et liens vers nos articles existants
C’est factuel, nous avons testé sur le terrain : La peinture Cool Roof fonctionne et pour en attester, nous avons pris la température sur le même chantier, entre toiture blanche et toiture grise. Résultat : 20 degrés de différence entre les deux supports !
Au droit de la peinture thermo réfléchissante le thermomètre affiche 36 degrés. Au droit de la bâche PVC il affiche 54 degrés. No comment ! Pour mieux appréhender notre constat, nous avons capturé cet écart de température directement sur notre chantier, les deux supports étant adossés, les conditions sont donc identiques. Pour aller plus loin, nous vous renvoyons vers nos articles antérieurs :
- Qu’est ce que le cool roofing ?
- Qu’est ce que le SEL ?
- Notre avis négatif sur Peintures Daniel.
- Comment gérer l’étanchéité de toiture terrasse.
Notre vidéo explicative ci-dessous, n’hésitez pas à la commenter sur YouTube.
Notre test IN SITU sur notre chantier école
Les tests peuvent être trompeurs.
Différence des supports, différence d’ensoleillement, écarts entre la prise de température d’un jour sur l’autre, etc. C’est la raison pour laquelle nous avons eu, dans notre malheur, l’occasion de tirer un enseignement de ce couac sur notre chantier. Rappel des faits :
Pour réaliser l’étanchéité de toiture terrasse nous avons opté pour un procédé appelé SEL (Système d’étanchéité Liquide). Le produit proposé était censé garantir une étanchéité sans joints, sans raccord, et parfaite. Le résultat cependant était à l’opposé : Tout le platelage est à reprendre, le procédé est NON FIABLE, ET NON VIABLE. Nous entamons d’ailleurs une expertise sur 3 échantillons inertes hors chantier pour déterminer la cause de la malfaçon.
En revanche, cette triste expérience nous a conduit à rapidement bâcher les supports avant que ce ne soit irrécupérable. Nous utilisons donc une bâche PVC de 960 grammes au m2 pour réaliser la mesure provisoire. Or cette bâche est grise, alors que la peinture est blanche.
Quel meilleur cas de figure pour réaliser un test in situ ! Mêmes supports, mêmes conditions météo (canicule) et même localisation !
Verdict :
36 degrés au droit la peinture et 54 au droit de la bâche. Cela ne laisse aucune place au doute. L’effet d’albedo fonctionne parfaitement. Mais ce révélé est réalisé au droit nu du support extérieur, alors qu’en est-il à l’intérieur du logement ? On sait que la tuile romane monte aisément à 70 degrés, constaté sur le terrain. Du coup, quel impact sur le logement lui même ?
Pour comprendre le phénomène en cause, il faut revenir rapidement sur l’effet albedo :
Qu’est ce que l’effet albedo ?
L’effet d’albédo désigne la capacité d’une surface à réfléchir une partie du rayonnement solaire qu’elle reçoit. Cette propriété joue un rôle particulièrement important au niveau des toitures, car leur exposition directe au soleil peut entraîner un échauffement significatif des matériaux et des espaces situés sous la couverture.
Une toiture présentant un albédo élevé, généralement de couleur claire, réfléchit une part importante du rayonnement solaire incident et absorbe donc moins d’énergie. À l’inverse, une toiture sombre possède un albédo faible : Elle absorbe davantage de rayonnement et sa température de surface peut augmenter fortement sous l’effet du soleil.
C’est exactement le cas sur notre dossier école !
Le choix de la couleur et des caractéristiques de la couverture peut ainsi contribuer à limiter la surchauffe des bâtiments, notamment pendant les périodes estivales. Une toiture claire ou réfléchissante peut réduire la quantité de chaleur transmise à l’intérieur du bâtiment et, par conséquent, diminuer les besoins en climatisation.
Toutefois, l’albédo ne constitue pas le seul paramètre à prendre en compte. Les performances thermiques d’une toiture dépendent également de son isolation, de sa ventilation, de son inertie thermique, de son orientation et de la nature des matériaux utilisés. Le choix d’un revêtement à albédo élevé doit donc s’inscrire dans une réflexion globale sur la conception énergétique et climatique du bâtiment.
Une réelle efficacité : Pour les toitures terrasses !
Dans notre cas de figure (complexe par nature car nous n’avons pas de combles, ni plenum, et sommes sur une structure container) l’albedo est primordial. Par conséquent, nous ne devons pas généraliser notre raisonnement à toutes les toitures, dont un grand nombre dispose d’un vaste volume d’air sur comble par exemple : Les combes perdus.
Nous expliquons d’ailleurs cette différence ULTIME dans notre vidéo sur le déphasage thermique des isolants.
Un véritable atout pour booster le déphasage thermique
Revenons donc à notre cas de figure. Pour pallier au risque de surchauffe de la toiture terrasse en période estivale, nous avons choisi un complexe d’isolation phasé en 2 matériaux distincts. Une première couche de PU plaquée et continue, de faible épaisseur, afin de parer à un éventuel point de rosée. Au dessus de cette première couche, nous avons posé un isolant fibre de bois dont tous les rapports indiquent qu’il présente un excellent déphasage thermique : Le Steico flex 0.36 pour ne pas le nommer.
Une lame d’air conséquente vient couronner le complexe isolant et ventiler le pseudo plénum. Environ 4 centimètres.
Dans ces conditions, et nous avons effectué les relevés de jour en jour, les conditions intérieures (en période de canicule, pour rappel) étaient clairement excellentes : 24 à 25 degrés sans CVC.
Autrement dit : Un excellent résultat en conditions d’inertie. Le CVC est en cours et sera achevé en Septembre.
Résultat de nos tests :
La température intérieure diurne a grimpé, pour la première fois, à 28 degrés au plus fort de l’ensoleillement. Autrement dit, 3 degrés de plus que lorsque la toiture était blanche.
Encore une fois, inutile de commenter ce qui est évident : Mêmes conditions, même lieu, mêmes matériaux, mais une couleur de toiture différente et certes, Un matériau PVC ajouté. Nous irons plus loin dans nos relevés en intégrant la nature du matériau pour un résultat plus factuel.
De manière simplement empirique, disons sans ambiguïté que les peintures cool roof ont un réel impact positif sur le confort d’été, ce n’est pas du bluff.
Consulter notre dossier explicatif sur le déphasage thermique en isolation.
Conclusions
Que nous dit ce test ? Car on peut en tirer plusieurs conclusions factuelles. D’une part on peut légitimement déclarer que l’effet d’albedo au droit des toitures est factuel, vérifiable. Nous venons de le faire !
D’autre part nous pouvons également conclure que pour une toiture terrasse, dont la typologie est proche d’un rampant sans combles (hors notion de pente), la peinture Cool Roof est RÉELLEMENT pertinente. Autrement dit, on dispose d’un véritable outil pour lutter contre les phases de grandes chaleurs et le confort estival, Y COMPRIS en rampant !
A méditer.
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.




