Une fissure est apparue au-dessus de la porte du salon à la fin de l’été, et elle n’existait pas en juin. Vous vous demandez si le sol y est pour quelque chose. Le retrait gonflement des argiles explique une bonne partie de ces cas, surtout pour les maisons individuelles. Voici comment savoir si vous êtes concerné, et dans quel ordre agir.
Le phénomène expliqué : Quel effet sur les fondations ?
L’argile est un sol qui réagit à l’eau. Quand la terre sèche pendant des semaines, elle se rétracte et perd du volume. Quand la pluie revient, elle se réhydrate et gonfle de nouveau.
Sous votre maison, ce mouvement ne se fait pas partout au même rythme. Le côté exposé au soleil sèche plus vite que la façade restée à l’ombre. Les fondations suivent alors un sol qui descend d’un côté et reste en place de l’autre.
Une maison à fondations superficielles, c’est-à-dire posées près de la surface, subit ce décalage de plein fouet. Le mur est tiré d’un côté et retenu de l’autre. Il finit par se fendre.
Le phénomène est lent. Les fortes variations d’eau fragilisent les constructions petit à petit, et un été sec peut suffire à rendre visible ce qui se préparait depuis des années.
Vérifier l’exposition de son terrain
Commencez par la carte. Le portail officiel Géorisques propose une carte argile de la maison à la parcelle : vous y tapez votre adresse, et le site affiche le niveau d’exposition de votre terrain. Ce niveau est faible, moyen ou fort.
Ne lisez pas ce résultat comme un verdict. Une exposition forte ne signifie pas que votre maison va se fissurer. Une exposition faible n’exclut pas non plus des dégâts, car la carte décrit le sol, pas l’état de votre bâtiment.
Cette carte officielle a été mise à jour par un arrêté pour intégrer les effets du changement climatique. Si votre parcelle se trouve près de la limite entre deux niveaux, la mairie peut vous renseigner, notamment grâce au plan local d’urbanisme.
Les désordres typiques : fissures en escalier, décollement de terrasse, etce
Un matin de septembre, une porte intérieure refuse de se fermer alors qu’elle glissait sans bruit en juin. Vous pensez d’abord que le bois a gonflé. Si deux autres portes qui coincent s’ajoutent à la première, regardez les murs de plus près.
Les fissures en escalier suivent les joints entre les parpaings, ces blocs de ciment qui forment le mur. Elles se creusent plutôt là où le mur est le plus fragile, autour des fenêtres. Les fissures de sécheresse ressemblent souvent à cela, mais elles n’ont pas toutes cette forme.
Les désordres ne s’arrêtent pas aux murs. Une terrasse peut se décoller de la façade. Un garage accolé à la maison peut aussi se séparer du mur. Le dallage peut aussi se disloquer, et une canalisation enterrée peut se rompre.
Une fissure fine n’est pas toujours grave, et une grande fissure n’a pas toujours le sol pour cause. Seul un examen sur place permet d’en connaître l’origine.
Les bonnes démarches avant de déclarer le sinistre
Une fissure dans votre salon n’est pas qu’une affaire de plâtre. Vous la voyez tous les jours, et vous vous demandez si elle va grandir. Cette inquiétude est normale, et une méthode simple aide à la garder sous contrôle.
Constatez d’abord les dégâts. Photographiez chaque fissure avec un mètre ruban posé à côté, puis notez la date sur chaque cliché. Vous pouvez reprendre les mêmes photos de temps en temps, pour montrer si la fissure bouge.
Votre assurance habitation ne prend en charge ces fissures que si la commune est reconnue en état de catastrophe naturelle. Cette reconnaissance passe par un arrêté publié au Journal officiel, après une demande déposée par la commune. Il arrive que l’arrêté paraisse des mois après l’été concerné, donc ne vous alarmez pas si vous n’avez encore rien à déclarer.
Quand l’arrêté concerne votre commune, un compte à rebours commence. Vous disposez de 30 jours après sa publication pour déclarer le sinistre à votre assureur. Surveillez donc les publications et gardez une preuve de l’envoi de votre déclaration.
Après votre déclaration, l’assureur envoie en général son propre expert examiner les fissures et chercher leur cause. Pour faire expertiser ses fissures de votre côté, un expert d’assuré peut le faire. Son intérêt tient à sa position, car l’expert de l’assureur est mandaté par la société qui indemnisera, alors que l’expert d’assuré travaille pour vous. Les deux peuvent donc ne pas conclure la même chose sur la cause ou sur le coût des réparations.
L’indemnisation des fissures de sécheresse n’est jamais automatique. Elle dépend de la reconnaissance de la commune et de l’avis des experts, et seul votre assureur peut vous dire ce que votre contrat prévoit.
Prévenir : drainage, gestion de la végétation, trottoir périphérique
Le sol bouge moins quand son humidité reste stable. Commencez par chercher les fuites des réseaux d’eau enterrés. Une canalisation qui fuit mouille toujours le même endroit, et ce sol-là peut gonfler pendant que le reste se rétracte.
Éloignez ensuite l’eau de pluie des murs. Les descentes de gouttières doivent déboucher loin de la maison. Si l’eau stagne au pied de la façade, faites étudier un drainage par un professionnel.
Les arbres puisent beaucoup d’eau dans la terre. Plus ils sont proches de la maison, plus ils assèchent le sol sous les fondations en été. Quand on ne peut pas déplacer un arbre, un écran anti-racines limite son effet, et cette végétation demande donc un vrai choix d’emplacement.
Le trottoir périphérique est une bande étanche posée tout autour de la maison. Large d’au moins un mètre, il empêche la pluie de s’infiltrer près des murs et freine l’évaporation de l’eau du sol. Ces gestes réduisent les variations d’humidité, mais ils ne remplacent pas l’avis d’un professionnel si vos fissures évoluent.
Questions fréquentes
Si votre commune n’est pas reconnue, l’assurance habitation ne prend pas ces fissures en charge au titre de la catastrophe naturelle. Les demandes sont examinées période par période, et la décision figure dans l’arrêté. Votre assureur peut vous indiquer les suites possibles.
Une zone d’exposition faible sur la carte ne vous met pas à l’abri. La carte décrit le terrain, pas l’état de votre maison.
Vous n’avez pas besoin d’attendre l’arrêté pour constater les dégâts. Photographiez dès maintenant, puis déclarez dans les 30 jours qui suivent la publication. Si les fissures s’aggravent vite, demandez conseil à un professionnel du bâtiment sans attendre.
Les travaux de prévention limitent les écarts d’humidité du sol. Ils ne donnent aucune garantie contre les fissures, surtout sur une maison déjà touchée.


