Si comme la plupart des lecteurs vous pensiez que votre raccordement ENEDIS se faisait hors tension, détrompez vous ! Il est temps de rendre hommage aux équipes de professionnels qui réussissent le difficile ouvrage de vous raccorder au réseau électrique, sans couper le courant dans tout le quartier !
Entre prouesse technique, excellent équipement et risques, ces intervenants sont de véritables techniciens qui n’ont peur de rien, pas même d’une petite averse et du vent froid.
Travail sous tension, bravo à ces pros qui œuvrent chaque jour dans un contexte pas toujours très « Safe ».
Raccordement ENEDIS sous tension : Comment les équipes vous raccordent sans couper le courant
Cela peut paraître étrange et pourtant les équipes de raccordement au réseau ENEDIS effectuent bel et bien vos raccordement sous tension. Autrement dit, pour se raccorder, me courant demeure présent dans le réseau principal et les intervenants effectuent un pontage sur ce dernier, alors même qu’il est sous tension. L’opération semble tendue, à la limite d’un salaire de la peur, mais nos petits gars sont sereins et l’ambiance est plutôt joviale. Cause en est, ce sont de véritables professionnels qui maîtrisent leur ouvrage.
Le protocole est rigoureux quant à lui, et même cette ambiance légère ne vient pas interrompre le sérieux de l’acte. Il en va du risque avéré, celui de créer un arc électrique fatal. Par ailleurs nous avons pu mettre la main sur un dossier technique de Michaud, et chaque geste est parfaitement respecté, au détail près.
Nous avons assisté à chaque étape du raccordement, c’est précis, c’est technique, et c’est proche de l’exploit. Chapeau bas messieurs.
Raccordement provisoire ou raccordement définitif ?
Avant tout propos, il s’agit de bien replacer le contexte. Ce raccordement intervient en phase VRD sur notre chantier école. Autrement dit, c’est la phase finale, pour un raccordement définitif au réseau. Le choix se porte sur une ouverture de la voirie pour récupérer les câbles principaux, puis de créer une « boîte » de raccordement. Le chantier était cependant raccordé préalablement sur un point de livraison en contre-bas du terrain, en bordure de la voie départementale. Pour plusieurs raisons, il est convenu que le raccordement définitif sera effectué sur un autre point que le raccord provisoire. Ceci est dû ressort d’Enedis, ce qui en soit ne nous a posé aucun problème. S’il paraissait « logique » que le raccordement finale soit effectué sur le provisoire, il n’en sera définitivement rien et c’est tant mieux pour nos lecteurs. Cette aventure, dont personne ne fait jamais l’éloge, est du plus grand intérêt pédagogique pour nous, experts comme métreurs ou plus simplement, tous les curieux qui nous lisent.
Lire notre article sur le raccordement de chantier provisoire.
Raccordement Enedis : Rappel sur les pré-requis
Le raccordement au réseau électrique public en France est assuré par Enedis pour environ 95 % du territoire. Avant d’engager la démarche, plusieurs prérequis sont nécessaires. Le demandeur (particulier ou professionnel) doit disposer d’un projet suffisamment avancé, avec un permis de construire validé ou une déclaration préalable acceptée (on vous le demandera lors du premier échange avec Enedis).
Il faut également connaître la puissance de raccordement souhaitée, exprimée en kVA, qui dépend des besoins énergétiques du logement ou du site.
La demande de raccordement s’effectue en ligne via le portail dédié d’Enedis. Elle doit être accompagnée de documents essentiels : plan de situation, plan de masse, photos du terrain, et autorisations administratives. Une fois le dossier complet, Enedis étudie la faisabilité technique et transmet une proposition de raccordement précisant le coût et les délais. Ces derniers varient généralement entre quelques semaines et plusieurs mois, selon la complexité des travaux (extension de réseau, création de ligne, etc.).
Après acceptation du devis et paiement de l’acompte, les travaux peuvent être programmés. En parallèle, le client doit faire réaliser l’installation électrique intérieure par un professionnel, conformément aux normes en vigueur (notamment la norme NF C 15-100). Cette installation doit ensuite être validée par une attestation de conformité délivrée par le Consuel.
Enfin, pour mettre en service l’électricité, il est nécessaire de souscrire un contrat auprès d’un fournisseur d’énergie. Une fois cette étape effectuée, Enedis procède à la mise en service du compteur, marquant la fin du processus de raccordement.
Les étapes du raccordement : La création de « boite »
- Ouverture des fouilles .
- Localisation du câble principal.
- Dégagement des abords.
- Pose de la logette (boîte).
- Mise en œuvre des éléments de sécurité .
- Greffe précise sur le réseau existant sans déconnecter.
- Raccordement au boîtier.
Crédit photo : S.USTUN / Google Pixel 9 PRO / Focale native.
Le 4 brins enfouis dispose d’une bague d’identification. Cette dernière comporte un numéro qui sera communiqué aux équipes administratives. Nous y reviendrons plus précisément lorsque nous aborderons le sujet des DICT (dans un dossier à venir).
Crédit photo : S.USTUN / Google Pixel 9 PRO / Focale native.
Crédit photo : S.USTUN / Google Pixel 9 PRO / Focale native.
Crédit photo : S.USTUN / Google Pixel 9 PRO / Focale native.
Complexité du raccordement
La liaison de terre, initialement réalisée par le feuillard qui entoure le 4 brins, doit être continue. Le technicien doit donc réaliser un raccord, pour le moins complexe, avec les deux extrémités du feuillard qu’il a découpé. Il utilise une « maille » ressemblant à un treillis, qu’il entoure sur le feuillard découpé de part et d’autre en le raccordant avec des lamelles de jonction.
La greffe sur le réseau
Oui, c’est peu intuitif mais bel et bien factuel : le technicien se greffe littéralement au réseau, sur les phases, en tension ! Pour se faire, il utilise des modules de type sectionneurs qu’il vient ponter sur le câblage de phase existant (3 brins) ainsi que sur les départs jumelés (vers la logette en 35 mm).
C’est juste impressionnant.
La protection du pontage
Une fois le pontage réalisé sur les 4 brins, chaque partie est protégée individuellement puis l’ensemble également, par un treillis prévus à cet effet. Une grosse « chaussette » en somme, qui entoure la greffe.
Le raccordement au tableau
Sur ce point nous avons déjà très largement évoqué le sujet.
Votre tableau doit être irréprochable, et vous devez disposer de l’attestation consuel. Sans cette dernière, tout s’arrête et nos petits gars tournerons les talons. Veillez à ce que la gaine TPC (rouge standard ou Ik10) vienne au bord gauche de la goulotte et que rien ne traverse la verticalité du talon jusqu’à la coupure générale.
1 journée et demi : cela reste un exploit
Décaisser le terrain, rocailleux dans notre cas, et ouvrir si possible très large. Protéger les abords, ne pas taper dans le câble principal et laisser les terres à proximité. Offrir à celui qui fait le raccordement un espace de travail confortable, donc peaufiner la fouille manuellement avec une pelle, c’est du boulot. Nos gars le font avec un professionnalisme certain, tout est propre et le « trou » est balisé. Il faut noter que nous sommes à -1.50 m du terrain naturel. Ceci prendra la première demi journée.
Le lendemain, nos trois hommes s’activent. Celui qui va opérer au raccordement sur le réseau se prépare, les deux compagnons lui apportent un soutien. C’est parfaitement réglé, et c’est ici que les risques vont aller grandissant.
Ne vous y trompez pas : Ce travail est non seulement hautement technique, mais il demeure également extrêmement physique.
Le prix du raccordement Enedis définitif
Pour notre chantier école les choses sont simples. La société en charge du raccordement, partenaire d’Enedis, œuvre en fonction d’un forfait strict. Ce forfait est établi par Enedis : 1600 euros TTC.
Pour ce forfait de raccordement, voici les critères :
- Tirage de la gaine IK10 sans câblage (par nos soins)
- Identification de l’emplacement de la logette (par nos soins)
- Terrassement, excavation en voirie : Enedis.
- Pose de la logette avec fourniture de la logette, de la gaine, et du câble : Enedis.
- Tirage du câble et raccordement au tableau à l’intérieur de la maison / 10 mètres environ : Enedis.
- Pose du compteur Linky et tests : Enedis.
- Durée : 1 jour et demi.
- Travail propre et sans appel.
La gaine IK10 nous aura coûté 275 euros pour 25 ml, dont la moitié passera en perte. Le grillage avertisseur nous aura coûté environ 30 euros. Tout le reste est intégralement pris en charge par Enedis. Bilan : 1835 euros TTC pour l’opération de raccordement (VRD) sans aucun souci sur un chantier atypique et complexe au demeurant.
Le type de câblage : Aluminium à l’honneur, exit le cuivre !
Nous en avions déjà parlé dans nos lignes (lors d’un sujet en après sinistre) sur les réseaux cuivres vs aluminium. En tant qu’experts nous le savons, si un incendie se déclare au droit du tableau (TGBT) l’aluminium fond jusqu’au PDL (Point de Livraison). Mais soit. Dorénavant, plus question de faire autrement, c’est une question d’économie. Exit le cuivre, Bonjour l’alu !
Ci-dessus : Détail du 4 brins en aluminium / Crédit photo : S.Ustun / Google Pixel 9 Pro / Focale native.
Le 4 brins fourni par ENEDIS est en aluminium, de section 4 * 35. C’est assez imposant. Ce dernier va relier les 3 phases et le neutre jusqu’ au boîtier de raccordement extérieur (la logette). De là inutile de tirer un aussi gros câble car nous repartirons en mono, avec 2 brins de 25 mm. Le tout dans une gaine IK10 de 75 mm de diamètre que nous avons préalablement tirée sans la couder, pour les besoins de notre chantier école.
Dans ce cadre, vous l’aurez compris, le schéma est simple :
- Boite de raccordement extérieure, fine, de type logette simple.
- Pose du linky à l’intérieur de la maison.
Le compteur n’est donc pas à l’extérieur. Le raccordement demeure en type 1, avec peu de longueur de câble qui sépare la boite du tableau. Nous étudierons la différence entre un raccordement type 1 et type 2 dans un article, ultérieurement.
Du triphasé au mono : Et alors ?
Si vous avez prêté attention aux photos prises lors de cette intervention, vous savez sans aucun doute remarqué un détail discret mais cependant évident. Nous sommes bien passé de 3 phases et 1 neutre, à une phase et neutre dans la logette. Ceci, grâce aux modules spécifiques et adaptés à l’opération.
Autrement dit, nous sommes passés d’un raccordement triphasé à une alimentation en monophasé. Vous avez donc sous les yeux, le plus simplement du monde, la matérialisation du passage d’un tri, à un mono.
Magique !
Lire notre article : Différence entre monophasé et triphasé.
Liens utiles
- Raccordement Enedis / Explications sur le site du gouvernement
Conclusions
Il est assez rare de pouvoir assister aux premières loges d’un raccordement sous tension, sans coupure du réseau. C’est donc une expérience documentée que nous avons souhaité vous offrir, du pain béni pour la rédaction, mais avant tout nous souhaitons saluer cette équipe formidable pour le professionnalisme dont ils font preuve au quotidien, dans des conditions peu engageante.
Un seul mot : Bravo.
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.








