La boite à eau pluviale : Quand et comment l’installer ? Dans quel matériau la choisir ? Quelles sont les règles à respecter ?
Pour collecter les eaux pluviales il existe plusieurs possibilités. La plus connue demeure celle du duo conventionnel « gouttière & naissance d’eau pluviale ». C’est elle qui longe la majorité de nos toitures en bas de pente. Moins connue, la boîte à eau n’est pas moins intéressante d’autant qu’elle remplit son rôle dans les cas, justement, où il n’est pas possible de poser une gouttière.
Cette boîte, souvent carrée (pas toujours), qu’on distingue généralement en saillie sur une façade est irremplaçable ou presque. On en parle, c’est notre dossier du jour.
Qu’est ce qu’une boite à eau ? Définition et usage
En zinguerie, une boîte à eau est un ouvrage métallique destiné à recueillir les eaux pluviales provenant d’une toiture, généralement à la sortie d’un chéneau ou d’une gouttière, avant de les diriger vers une descente d’eaux pluviales. Fabriquée le plus souvent en zinc, mais également en cuivre, en aluminium ou en acier, elle assure la liaison entre les éléments de collecte horizontaux et la descente verticale.
La boîte à eau peut être apparente en façade et présenter différentes formes : carrée, rectangulaire ou cylindrique. Certains modèles sont équipés d’un trop-plein permettant d’évacuer l’eau en cas d’obstruction de la descente.
Attention : une boîte à eau mal dimensionnée, mal raccordée ou insuffisamment entretenue peut provoquer des débordements et des infiltrations dans les façades. Sa capacité d’évacuation doit donc être adaptée à la surface de toiture collectée et aux débits d’eaux pluviales attendus.
Matériaux très largement utilisés :
- Zinc
- Aluminium
- Tôle laquée
- Cuivre (plus rare)
Elle peut revêtir différentes formes comme une boite rectangulaire ou carrée, une demi-ronde, ou même un trapèze parfois (nous le verrons plus bas dans cet article). Généralement, il est d’usage que la boite à eau soit accolée à la façade (flanquée) et peut également être utilisée pour souligner une ligne architecturale autant que d’assurer son rôle initial de récupération des eaux de pluie. Ses dimensions sont variables, autant que sa forme ou sa teinte.
Dans cet article, je vous explique tout sur le sujet, au travers d’exemples concrets que je réalise sur un dossier école et que je vais décortiquer pas à pas. Serge USTUN / Directeur de la rédaction.
Dans quel cas doit-on poser un collecteur d’eau pluviale de type boîte ?
Et oui, la question est parfaitement légitime car cela ne saute pas nécessairement aux yeux : A quoi sert une BAE et quand doit-on la poser (dans quelle configuration) ?
Le principe de la collecte des eaux pluviales est simple. On récupère toute l’eau de la toiture ou des terrasses (par temps de pluie), on la canalise (via une gouttière ou un cheneau encaissécheneau encaissé) puis on l’évacue via les descentes d’eaux pluviales (EP) soit dans un puits perdu soit dans un bac de récupération.
Les trois principes courants sont :
- Gouttière + naissance (ainsi que le « fond » généralement)
- Surverse libre : Souvent visible en façade, un simple tuyau biseauté qui sort du mur ou de l’acrotère.
- Boite à eau + descente d’eau pluviale.
Je schematise volontairement pour ne pas épiloguer sur un sujet au demeurant simple et courant. Dès lors, pourquoi dont avoir besoin d’une BAE ? Là, le sujet devient intéressant.
Une gouttière longe le bas de pente d’une toiture. Elle est donc généralement déportée et vient se déverser dans une naissance qui dispose bien souvent d’un coude. Tournez le regard n’importe où, et vous verrez ce type de collecteur.
En revanche, lorsque vous disposez d’un toit terrasse, d’une terrasse en surplomb, ou d’un cheneau encaissé pour marier deux toitures (par exemple), le chemin de collecte doit alors « traverser » une paroi (mur, acrotère) et flanquer une façade. Donc nous avons ici déjà deux particularités distinctes :
- Traversée de paroi.
- Pose en saillie.
Pourquoi est-ce nécessaire me direz vous ? Et bien la raison est d’ordre structurel. Sauf à utiliser une surverse libre, au risque que le vent vienne emporter l’eau au droit de la façade, la boîte à eau quant à elle vient « encapsuler » l’écoulement et donc : Elle protège le support !
Il existe de nombreux modèles de BAE, dans de nombreux matériaux différents. Faisons le tour.
Boite à eau en tôle laquée ou en aluminium
La tôle laquée ou l’aluminium sont les matériaux les plus courants lorsqu’il est question de boites à eaux qui vont se positionner au droit de toitures terrasses par exemple. Généralement, contrairement au zinc, on recherche ici une lecture architecturale en teinte (souvent du 7016 ou comme ici, du 7022) pour s’harmoniser avec les couvertines d’acrotères par exemple (voir mon article sur les couvertines en lien). Il est donc question de ne pas dénaturer le style que vous souhaitez donner à l’ensemble de votre bâtiment.
A lire également : Notre dossier sur le pliage de la tôle laquée.
Boite à eau en zinc
Le zinc naturel est le matériau historique pour la réalisation d’une boite à eau (BAE pour simplifier). Ce dernier est plus sobre et plus discret que les modèles en Aluminium ou en tôle laquée tels que je vous les présente plus haut dans cet article. Ce sera donc un usage plus traditionnel, qui vise à rendre l’appareillage plus discret, rappelons nous qu’il va flanquer notre façade.
Prix de différents modèles de boites à eaux pluviales
Pas de jaloux, cet article n’est pas sponsorisé, je vous propose un panel de différents modèles chez plusieurs fournisseurs afin de ne privilégier personne. Le prix « moyen » d’une BAE gravite autour de 70 euros TTC.
- BAE en zinc chez Chausson matériaux : 62 euros TTC / Voir le modèle
- BAE en tôle laquée ANTHRACITE chez Tecnomat (avec gille anti feuilles) / 69.90 euros TTC / Voir le modèle
- BAE en zinc chez SAMSE (avec grille ALU) : 84 euros TTC / Voir le modèle
- BAE en PVC chez Point P (gamme Nicoll) : 154 euros TTC / Voir le modèle
NOTA : Ces tarifs sont les prix publics accessibles en ligne, en date de Novembre 2026, et peuvent donc varier selon la période ou le fournisseur.
Boite à eau : Dimension et positionnement sur la façade
La dimension la plus courante pour les BAE standards est le format 20 x 20. Je vous en donne le parfait exemple en photo sur le premier paragraphe. En revanche, la dimension qui diffère très fréquemment est le diamètre de l’évacuation qui elle peut osciller entre un diamètre 80 et un diamètre 100. Attention donc à ne pas vous tromper sur le diamètre de vos descentes d’eaux pluviales.
Qui installe le collecteur d’eaux pluviales ?
Généralement c’est au zingueur d’effectuer l’installation d’une BAE. C’est son domaine de prédilection et ce dernier sera certainement mieux équipé que vous ! Pour les autoconstructeurs, il est tout à fait possible de réaliser l’installation soit même en gardant à l’esprit qu’il ne faut pas venir abimer vos façades en cas de défaut de pose. Après tout, cela reste un élément mécanique statique qui nécessite juste du bon sens (et une bonne échelle bien stable : Ne prenez pas de risques inutiles).
Et le PVC ?
Et oui, le PVC s’utilise également dans la fabrication des boites à eaux pluviales. Cela semble presque évident (car la majorité des descentes d’EP sont aujourd’hui en PVC) cependant ces dernières demeurent assez rares dans les faits. Manque de noblesse ? Manque de possibilités d’adaptation ? Si le PVC demeure pourtant l’idéal en matière de récupération des eaux pluviales nous noterons que le procédé n’est clairement pas courant du moins, dans le cadre des maisons individuelles. En outre, son prix peut également en rebuter plus d’un, car il se situe plutôt aux alentours de 130 euros TTC l’unité. Du moins chez vos négoces professionnels, car les prix sont plus avantageux dans les grandes surfaces de bricolage.
Toutes les teintes habituelles sont disponibles :
- Blanc
- Anthracite
- Sable
- Gris
- Noir
- Etc.
Le pliage d’une boite à eau
Vous pouvez faire plier vos BAE directement sur mesure auprès d’un plieur spécialisé. Lorsque l’architecture est complexe, ou bien qu’elle nécessite une BAE spécifique, le mieux est encore de passer par une entreprise de pliage. Ces dernières peuvent évidemment être adaptées sur le chantier (voir mes exemples en photo).
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN







