Point de rosée, mauvaise isolation, infiltration ou mauvaise ventilation : La présence de moisissure sur les murs est un symptôme, en aucun cas une cause.
Rassurez vous, les moyens d’y remĂ©dier sont nombreux mais avant tout, il est nĂ©cessaire de clairement identifier la cause de l’apparition de ces moisissures avant d’aller plus loin.
Stopper la cause doit ĂŞtre la prioritĂ©, et nous allons voir ensemble comment l’identifier. Après cette investigation, je vous donnerai les clĂ©s pour retrouver des murs sains.
Avant propos : Dans cet article, j’ai volontairement surdimensionnĂ© toutes les photos (exclusives et issues de mes chantiers) car l’aspect visuel des moisissures est un excellent rĂ©vĂ©lateur de : Niveau de prolifĂ©ration et localisation du problème. Je vous invite Ă cliquer sur ces dernières pour les agrandir en plein Ă©cran.
Présence de moisissure sur les murs : Les 3 principales causes
Figure 1 : Ci-dessus, prĂ©sence de moisissure Ă l’aspect « moucheté », de type « spectre d’humidité ». CrĂ©dit photo : S.USTUN / Monbatiment.fr.
« Moisissure = Champignons »
3 principales causes gĂ©nèrent la prĂ©sence (et la prolifĂ©ration) de moisissures sur les murs et les cloisons. Avant d’entrer dans le sujet du nettoyage et de la rĂ©novation de ces derniers, vous devez comprendre les causes du phĂ©nomène dont le maĂ®tre mot est : L’humiditĂ©.
L’humiditĂ© crĂ©e une stagnation d’eau dans les parois, qui engendre une prolifĂ©ration fongique, autrement dit : Des champignons.
S’il y a prĂ©sence de moisissure, c’est donc qu’il y a de l’humiditĂ© non Ă©vacuĂ©e. Par consĂ©quent, nous pouvons tirer trois grandes causes clairement identifiĂ©es :
- Un dĂ©gât des eaux (dans le logement ou provenant de l’extĂ©rieur du logement).
- Un manque de ventilation du logement (manque d’aĂ©ration, absence de VMC, etc.).
- Une mauvaise gestion du point de rosée.
Je vous propose de décortiquer ces trois causes dans le détail, ce sera le préalable à toute action en prévention ou reprise des moisissures.
Le dégât des eaux
Parfois flagrant, parfois invisible, le dĂ©gât des eaux est une cause principale de l’apparition de moisissures dans un logement. Il peut se situer Ă plusieurs niveaux :
- L’infiltration par la toiture.
- L’infiltration par la façade.
- Percement ou dĂ©tĂ©rioration d’un tuyau dans la dalle ou dans une cloison.
- Inondations (évidemment).
- Remontée de capillarité des dalles mal isolées (sans polyane ou rupture quelconque).
Dans tous ces cas, vous devez identifier d’oĂą vient le dĂ©gât, pour pouvoir le corriger. Entendons nous bien, cette Ă©tape est la première de toutes les Ă©tapes Ă mettre en Ĺ“uvre. Sans correction du problème, il est inutile de vouloir y trouver une solution. Je dĂ©veloppe le sujet plus bas dans cet article.
Le manque de ventilation
Après le dĂ©gât des eaux, la deuxième cause rĂ©currente d’apparition de moisissure sur les murs ou les plafonds provient d’un dĂ©faut de ventilation. En effet, tout logement doit ĂŞtre correctement ventilĂ© et aĂ©rĂ©.
C’est un principe qui peut paraitre anodin, et pourtant il est primordial, et pas seulement pour des raisons de confort. La moisissure, je vous le rappelle, ce sont des champignons. Certaines personnes sensibles peuvent dĂ©velopper de graves problèmes de santĂ© si le sujet n’est pas traitĂ©. Soyez donc vigilants.
Le manque de ventilation peut avoir plusieurs causes :
- Absence ou disfonctionnement de la VMC.
- Remplacement des menuiseries anciennes par des menuiseries neuves.
- Mauvaises habitudes de vie, absence d’aĂ©ration par l’ouverture rĂ©gulière des fenĂŞtres.
Je dĂ©veloppe Ă©galement le sujet plus bas dans l’article, mais je vous invite aussi Ă consulter mon article sur ce sujet :
Lire mon article sur la ventilation d’une maison.
La mauvaise gestion du point de rosée
Le point de rosĂ©e est un phĂ©nomène physique bien connu dans le bâtiment. Lors des transferts et Ă©changes thermiques gĂ©nĂ©rĂ©s par les fortes diffĂ©rence de tempĂ©rature entre l’intĂ©rieur et l’extĂ©rieur, la vapeur d’eau migre vers les parois.
Au contact des parois, et selon le type et l’Ă©paisseur de l’isolant, la vapeur d’eau condense, puis goutte. Vous voyez ce phĂ©nomène sur vos vitres en hiver.
Dans notre cas, la stagnation de cette vapeur d’eau dans l’isolant va crĂ©er une humiditĂ© importante du support : L’apparition des moisissures ne saurait tarder !
Lire mon article sur le point de rosée.
Identifier et localiser les moisissures
Ci-dessus : ProlifĂ©ration de la moisissure sur les plafonds. Notez la diffĂ©rence de coloration entre les parties en voie d’assèchement, et les parties encore humides. CrĂ©dit photo : S.USTUN / Monbatiment.fr.
Aux angles des murs et plafonds :
L’infiltration d’eau provient nĂ©cessairement de l’Ă©tage, ou de la toiture. Il convient de rapidement intervenir en rĂ©paration de l’Ă©ventuelle fuite ou voie d’eau. Ce n’est pas anodin, c’est peut ĂŞtre les prĂ©mices Ă un dĂ©gât beaucoup plus important.
Cherchez la localisation la plus sombre et vous trouverez l’emplacement de la fuite. Dans le cas ci-dessus, le point principal est localisĂ© dans l’angle supĂ©rieur gauche de la photo.
Lire mon article sur les infiltrations par toiture.
En pied de mur :
- Coupure d’un tuyau dans le ravoirage ou la dalle.
- RemontĂ©e d’humiditĂ© par manque de rupture de capillaritĂ© (maçonnerie) entre le soubassement et la dalle.
- Mur enterré, même cause que précédemment.
- Inondation.
Au milieu d’un mur, dans une zone localisĂ©e :
- VĂ©rifier la prĂ©sence d’une arrivĂ©e d’eau (douche, cuisine).
- VĂ©rifier la prĂ©sence d’une servitude de passage d’une alimentation (ou Ă©vacuation) d’eau chez le voisin.
- PrĂ©sence d’un dĂ©faut d’Ă©tanchĂ©itĂ© (enduit) sur la façade : Fissure, manque d’enduit, etc.
Suivre la couleur des moisissures :
Plus les moisissures sont sombres, plus vous approchez de la cause du problème. La couleur, je le rĂ©pèterai souvent dans cet article, est un excellent indicateur de localisation et de taux d’humiditĂ© des supports.
Les spectres d’humiditĂ© en « points » ou « mouchetĂ©s » : (Cf photo « Figure 1 » ci-dessus)
PrĂ©sence d’une forte humiditĂ© « naissante ». Autrement dit, c’est la première Ă©tape de la prolifĂ©ration des moisissures. Il faut en tirer une seule consĂ©quence : Le phĂ©nomène va s’aggraver si l’humiditĂ© n’est pas Ă©vacuĂ©e.
DĂ©faut de ventilation : Principal vecteur d’apparition de moisissures.
Le dĂ©faut de ventilation demeure le principal problème lorsqu’il est question d’apparition de moisissures sur les murs. C’est imparable, et c’est très largement soutenu par tous les experts en bâtiment.
Il peut y avoir plusieurs causes Ă cela, et vous remarquerez que tous les paragraphes de cet article ou presque, s’imbriquent en terme de cause et de consĂ©quences :
- Défaut de ventilation naturelle ou mécanique.
- Manque d’aĂ©ration des pièces (surtout en hiver), fenĂŞtres fermĂ©es en permanence : La vapeur d’eau et l’humiditĂ© ne s’Ă©vacuent pas.
- Changement des habitudes de vie (travail Ă domicile, augmentation du nombre d’occupants) : Cela gĂ©nère de la vapeur d’eau.
- VMC en panne : On ne le détecte pas forcément, les VMC sont généralement dans les combles.
- Remplacement d’anciennes menuiseries en bois par des menuiseries modernes et Ă©tanches Ă l’air.
- Surchauffage des pièces ou au contraire, absence totale de chauffage d’un logement (logement vacant).
Vous l’aurez compris, tous ces critères ont le mĂŞme fondement : La ventilation (ou aĂ©ration) des volumes.
La moisissure sur les murs n’apparait pas par enchantement, ou par malĂ©diction ! C’est un phĂ©nomène physico-chimique qui ouvre la porte Ă la prolifĂ©ration de champignons. Autrement dit, la moisissure c’est du champi !
Tout individu respire, et par consĂ©quent, Ă©met de la vapeur d’eau. Cette vapeur d’eau doit ĂŞtre extraite du logement (ou de la pièce) par tout moyen possible : VMC, ouverture des fenĂŞtres, renouvellement de l’air ambiant.
NOTA : L’air chauffĂ© augmente l’emprisonnement de la vapeur d’eau dans les isolants minĂ©raux ou vĂ©gĂ©taux, crĂ©ant une cage d’humiditĂ© et une baisse d’efficacitĂ© de l’isolant.
A force d’ĂŞtre chargĂ© en eau, les murs vont laisser prolifĂ©rer les champignons, crĂ©ant graduellement des « spectres » d’humiditĂ© puis de la moisissure. C’est inĂ©luctable.
Solutions :
- Ouvrir les fenêtres, aérer les pièces (y compris en hiver).
- Vérifier que la ventilation mécanique contrôlée (VMC) fonctionne correctement.
- Adapter la ventilation au nombre d’habitants dans le logement.
Apparition de moisissures après le remplacement des fenêtres
MĂŞme si cela peut vous paraitre incongru, le remplacement des fenĂŞtres (ou plus gĂ©nĂ©ralement des menuiseries) peut ĂŞtre la cause de l’apparition des moisissures sur vos murs. C’est un cas de figure qu’on rencontre très rĂ©gulièrement en après sinistre, lors d’une expertise.
Les menuiseries anciennes, souvent en bois, n’Ă©taient absolument pas hermĂ©tiques Ă l’air et jouaient par consĂ©quent le rĂ´le de rĂ©gulateur. En permettant (sans le vouloir), une ventilation naturelle de la pièce, l’humiditĂ© n’avait pas le temps de s’installer durablement dans les murs.
Après une rĂ©novation, le remplacement de ces mĂŞmes menuiseries (transpirantes) par des menuiseries neuves (Ă©tanches) est bien souvent la principale cause dans l’apparition soudaine de moisissure.
- Absence de ventilation mécanique.
- Menuiseries parfaitement Ă©tanches Ă l’air.
- Désastre en terme de ventilation = Moisissure.
Lire mon article sur la présence de moisissure dans la salle de bain.
Moisissure sur murs placo : Rassurez vous !
Ci-dessus : Forte présence de moisissures sur les cloisons intérieures en placo. Crédit photo : S.USTUN / Monbatiment.fr.
Evidemment, sur la photo ci-dessus, la cloison doit ĂŞtre entièrement rĂ©novĂ©e, avec dĂ©pose et repose de plaque de plâtre. C’est le cas de figure le plus extrĂŞme. En revanche, c’est rarement aussi prononcĂ© dans la grande majoritĂ© des cas.
- Spectres d’humiditĂ© en « points » ou « mouchetĂ©s » : Inutile de remplacer le placo.
- Tâches marrons, jaunes, circulaires même très évasées : Inutile de remplacer la plaque de plâtre.
- Aplats « noir profond » et déstructuration du support (testez avec un crayon) : Il est temps de remplacer le placo.
Je vous rassure, la nécessité de remplacer le placoplâtre est minoritaire dans les dégâts des eaux. Peu ou proue, ce taux se situe à moins de 5% des sinistres.
Les plaques de plâtre, mĂŞme celles qui ne sont pas hydrofuges, sont extraordinairement rĂ©sistantes Ă l’eau. Dans l’immense majoritĂ© des cas, le placo reprendra toutes ses qualitĂ©s structurelles et esthĂ©tique après sĂ©chage.
Moisissure sur mur non doublé et enduit plâtre
Ci-dessus : Exception à la règle, la cloison doit être totalement purgée du plâtre et entièrement rénovée. Cloison brique / Fuite au droit du mitigeur de la cuisine. Crédit photo :S.USTUN / Monbatiment.fr.
Paradoxalement, les murs non doublĂ©s et simplement enduits au plâtre sont les plus simples Ă traiter. D’ailleurs, il faut noter que sur ces derniers, les moisissures atteignent rarement le stade de spectres noirs. La coloration (donc la prolifĂ©ration et le sĂ©chage) est gĂ©nĂ©ralement brun clair, ou jaune.
En revanche, cela ne veux pas dire que les cloisons et murs pleins sont « à l’abri » des moisissures (voir ma photo ci-dessus). Certes, j’ai pris un cas extrĂŞme en exemple, mais il est assez parlant.
Si ces derniers n’offrent aucune, ou peu de nourriture aux champignons, il n’est pas rare qu’il laissent apparaitre du salpĂŞtre. A terme, les desquamations et le revĂŞtement vont se dĂ©sagrĂ©ger et le rĂ©sultat sera sans appel.
Sur ce type de parois, il faudra « purger » le revĂŞtement (gĂ©nĂ©ralement du plâtre) et laisser respirer le support avant d’enduire Ă nouveau. Evidemment, la fuite doit ĂŞtre stoppĂ©e et/ou l’humiditĂ© rĂ©gulĂ©e.
La couleur de la moisissure est révélatrice
Crédit photo : S.USTUN / Monbatiment.fr.
La couleur est un indicateur très prĂ©cis du stade de dĂ©veloppement de la moisissure (champignons) et de la localisation du problème. C’est un excellent rĂ©vĂ©lateur qui permet de poser un diagnostic très fiable, utile aux experts notamment.
Cette différence de coloration nous indique deux choses :
- Localisation de la voie d’eau : Plus c’est sombre, plus on s’approche du point singulier.
- Taux de sĂ©chage du support : Plus le support est brun, jaune, plus ce dernier est en Ă©tat de sĂ©chage. Plus il est sombre, plus il indique un niveau Ă©levĂ© de moisissure, donc d’humiditĂ©.
Exception à la règle : (voir ma photo ci-dessus).
J’ai volontairement utilisĂ© cette photo d’un de mes dossiers pour vous donner un exemple d’exception Ă la règle de localisation. Sur la photo ci-dessus, il serait lĂ©gitime de penser que la voie d’eau provient du sol, car les supports les plus sombres sont en pieds de murs. Et bien c’est un faux positif.
Dans ce cas, la fuite provient du mitigeur de douche encastrĂ©. Hors, comme l’eau ruissèle vers le bas, la cause est effectivement Ă 1.20 mètre du sol, dans la cloison, mais le dĂ©gât se « voit » en pied de mur car c’est lĂ que l’eau s’accumule et stagne.
L’isolant est-il en cause ?
L’isolant est EN PARTIE en cause.
« En partie » seulement car ce dernier n’est pas la principale cause de l’apparition des moisissures, mais il tend Ă les aggraver. Pour rappel, les isolants sont thĂ©oriquement imputrescibles. Cependant, ils ont la fâcheuse tendance à « prĂ©server » l’humiditĂ© d’une part, et l’aggraver par ailleurs.
Il faut comprendre ce comportement particulier des isolants (laines minérales et végétales) :
- Les isolants « retiennent » la forte humiditĂ© prĂ©sente en cas de dĂ©gât des eaux. C’est donc « a postĂ©riori » que l’isolant aggrave le dĂ©gât, en ne permettant pas au support de sĂ©cher. En ce sens, c’est un accĂ©lĂ©rateur de dĂ©veloppement des moisissures.
- Les isolants « crĂ©ent » les moisissures « a priori » car ils retiennent la vapeur d’eau, transformant cette dernière en liquide. C’est le rĂ©sultat du point de rosĂ©e ou du manque de ventilation dans une pièce trop humide. En ce sens, l’isolant n’est pas « la » cause, mais demeure « en » cause dans l’apparition des moisissures.
Tester l’humiditĂ© des murs : Le TH
L’arme fatale pour mieux apprĂ©hender les moisissures et leur Ă©ventuelle prolifĂ©ration : L’humidimètre !
Ci-dessus : J’utilise un humidimètre d’appoint (très peu coĂ»teux Ă l’achat) pour vĂ©rifier la prĂ©sence d’humiditĂ© dans les murs. CrĂ©dit photo : S.USTUN / Monbatiment.fr.
Avant d’entamer une quelconque action sur les moisissures (nettoyage ou curation), vous devez impĂ©rativement mesurer le taux d’humiditĂ© prĂ©sent dans les murs ou les cloisons. Cela ne se fait pas au doigt mouillĂ©, mĂŞme si la coloration peut ĂŞtre un bon indicateur par ailleurs.
L’humidimètre (ou THmètre) est votre alliĂ© le plus prĂ©cieux. Et en plus, il ne coĂ»te vraiment pas cher !
L’usage veut que la tranche « acceptable » d’humiditĂ© des supports se situe entre 15% et 20%. Il n’est pas rare de constater des murs qui atteignent la saturation du testeur. Autrement dit, l’humiditĂ© est de 100%.
Si tel est le cas, au risque de me rĂ©pĂ©ter, seul l’assèchement technique des murs sera possible, et aucune autre action ne pourra ĂŞtre envisagĂ©e.
Dans l’idĂ©al, achetez un testeur sur internet, et testez rĂ©gulièrement vos murs. Faites un teste tous les 24 heures en gardant les support parfaitement aĂ©rĂ©s et ventilĂ©s. Si le taux baisse, patientez jusqu’Ă ce que ce dernier soit infĂ©rieur ou Ă©gal Ă 20%.
Cela peut prendre littéralement des mois, alors armez vous de patience.
Voir le modèle d’appoint chez Trotec (celui que j’utilise sur la photo). Entre 15 et 17 euros TTC.
Comment nettoyer les moisissures sur les murs ?
Je le rĂ©pète, mais avant d’entamer un nettoyage, il faut assĂ©cher le support. Si ce dernier demeure humide, il est parfaitement inutile d’essayer de le nettoyer sauf si c’est une nĂ©cessitĂ© de salubritĂ© immĂ©diate.
Sans surprise, le meilleur nettoyant fongique (moisissures) demeure l’eau de javel ! Et oui ! Autrement dit, il y a de grandes chance que vous disposiez dĂ©jĂ d’un des meilleurs nettoyants disponible du marchĂ© dans un de vos placards.
Pour les professionnels, il existe d’excellentes solutions anticryptogamiques (oui le terme est barbare je vous l’accorde) qui fonctionnent parfaitement en première Ă©tape curative et nettoyante. En revanche, ces solutions sont chimiques, et très agressives (gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©es en toiture ou sur les murs extĂ©rieurs).
Quand vous voyez un bidon bien jaune ou bien « flashy », vérifiez que ce ne soient pas des solutions agressives utilisables uniquement sur les façades ou toitures.
Depuis quelques années, les industriels ont développés des solutions moins agressives mais tout aussi efficaces. Certains produits sortent du lot et sont de bonnes solutions préventives ou curatives pour le traitement de moisissures sur les murs.
Je ne vais pas vous donner la liste complète mais je vous conseil de vous tourner vers des professionnels de la peinture. La raison est simple, une fois nettoyés, les murs devront être imprimés puis repeints.
Autant Ă©viter les produits risquĂ©s et autres produits magiques qu’on ne maĂ®trise pas.
- Le Fongi + de Zolpan : Excellent Ă tout points de vues, mĂŞme en terme de prix. / Solution en phase aqueuse.
- Le STOP Moisissure chez Arcane : Très bon produit, très économique et fiable / Solution également blanchissante.
Dans certains cas, il n’y a aucune autre solution que de reconstruire totalement la cloison, ou remplacer totalement le doublage. Les indicateurs restent les mĂŞmes : Surfaces noires ou spongieuses = Remplacement du support.
Les solutions curatives et le traitement des moisissures
Aussi simpliste que cela puisse paraitre, les solutions les plus efficaces contre les moisissures sur les murs demeurent l’assĂ©chement, et la ventilation du logement.
L’assèchement par des dĂ©shumidificateurs d’air
Ci-dessus : Exemple d’assĂ©cheurs disponibles Ă la location. C’est très efficace mĂŞme si cela reste contraignant. CrĂ©dit photo : Kiloutou.
Lien vers les assécheurs en location chez Kiloutou.
Les assĂ©cheurs sont utilisĂ©s dans les cas les plus graves, notamment lors des inondations (et par extensions, les dĂ©gâts de eaux). Ces appareils vont extraire l’humiditĂ© contenue dans l’air et la rĂ©cupĂ©rer sous forme d’eau liquide, dans un bac de rĂ©cupĂ©ration.
L’opĂ©ration est assez contraignante mais demeure la plus efficace.
On utilise Ă©galement le terme de dĂ©shumidificateur. Certains fonctionnent avec une pompe, permettant ainsi de les relier Ă un tuyau que vous pouvez laisser couler dans une baignoire par exemple. Cela dispense d’avoir Ă vider le bac de rĂ©cupĂ©ration en permanence.
- Assécheurs : 1ère étape dans les cas les plus extrêmes.
- AĂ©ration : Quoi qu’il arrive, les locaux doivent ĂŞtre aĂ©rĂ©s, sinon les traitement seront inutiles.
- Traitement : Une fois les supports secs (TH infĂ©rieur Ă 20%), il est possible d’envisager un traitement. Solutions anticryptogamiques, schuss, BIN peinture, rĂ©novation du plâtre ou mise en peinture.
NOTA : Dans les cas les plus graves, il est possible de rĂ©aliser un assĂ©chement en profondeur dans les cloisons ou les doublages. Cela nĂ©cessite de percer les parements et de crĂ©er une circulation d’air dans les parois.
Les professionnels de l’après sinistre ont souvent recours Ă ce procĂ©dĂ©.
Les sociétés spécialisées dans le traitement des murs humides
Il existe des sociĂ©tĂ©s qui se sont spĂ©cialisĂ©es dans le traitement des parois humides par nature. Il s’agit des cas natifs de murs semi enterrĂ©s ou enterrĂ©s, des caves, des sous-sols, ou du mauvais drainage des eaux de pluies, etc.
Je vous en parle ici, car ces sociĂ©tĂ©s existent et je n’ai personnellement jamais eu d’avis nĂ©gatifs mais je n’y ai jamais eu recours. Mon avis est donc purement indicatif.
J’ouvrirai un dossier dĂ©diĂ© si le cas se prĂ©sente et que je peux vĂ©rifier « in situ » les procĂ©dĂ©s utilisĂ©s par ces entreprises.
Quelques liens :
Repeindre sur un mur impacté par la moisissure
Repeindre un mur impactĂ© par les moisissures est une chose des plus anodine. Dans l’après sinistre, on le fait tous les jours, et mĂŞme plusieurs fois par jour. Il n’y a donc aucune fatalitĂ©, mĂŞme si vos murs ont Ă©tĂ© sĂ©rieusement attaquĂ©s.
En revanche, je le rappelle, ces derniers doivent être parfaitement secs et dépourvu de toute humidité résiduelle (taux acceptable : 18 à 20%).
Attention, si vous utilisez de l’eau de javel en nettoyage des moisissures, il est hors de question de repeindre de suite. Il faudra patienter de trois semaines Ă un mois après un lessivage et un rinçage complet des parois.
Certains produits opacifiants sont très efficaces, que ce soit en sous couche ou en finition.
- Le schuss : Fonctionne très bien, je valide totalement le produit.
- Le BIN : Comme pour le Schuss, excellent produit très largement testé et validé.
- Easy White : Plus difficile Ă trouver, une alternative au BIN.
- Lire mon article sur l’utilisation du BIN Peinture.
- Lire l’article très intĂ©ressant de ZOLPAN.
- IntĂ©ressant, l’avis de Placo France sur la moisissure des murs.
Vérifier le bon fonctionnement de la VMC
Les solutions imparables pour vérifier le bon fonctionnement de la VMC sont simples :
- PrĂ©senter un feuille de papier toilette au droit d’une des bouches de VMC, cette dernière doit virevolter. Si elle ne bouge pas, la VMC ne fonctionne pas ou manque de puissance d’extraction.
- PrĂ©senter une flamme (attention tout de mĂŞme) au droit des bouches d’extractions Ă l’aide d’un briquet. La flamme doit ĂŞtre « aspirĂ©e » de façon visible par la ventilation. Ne le faites que si la bouche d’extraction est propre et saine.
Conclusion
Dans cet article, je n’ai utilisĂ© que des cas de figures que j’ai rencontrĂ© sur mes dossiers. Par ailleurs, les photos ci-dessus sont toutes issues de mes reconnaissances et expertises. Par consĂ©quent, j’ai peut-ĂŞtre survolĂ© ou Ă©ludĂ© certains critères ou Ă©lĂ©ments intĂ©ressants que je vous invite Ă partager pour enrichir au maximum ce dossier.
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.










