Comment faire un ragrĂ©age ? Ou plutĂ´t, comment rĂ©ussir un ragrĂ©age et ne pas essuyer de malfaçons ? Nous allons rĂ©pondre Ă cette question car ragrĂ©er est devenu systĂ©matique dans de nombreux cas dès lors qu’il s’agit de rĂ©nover les sols. Les Ă©tapes sont simples, suivons les :
- Identifier et curer les supports.
- Délimiter, combler les périphéries, protéger les murs.
- Mélanger le ragréage en respectant la vitesse et le temps de malaxage.
- Appliquer le mortier et le lisser.
Analysons la technique et les dĂ©tails d’applications avec mes conseils et mes astuces pour Ă©viter les pièges. Je vous dis tout dans cet article avec comme support, mes chantiers personnels.
Vous êtes prêts ? Alors allons y étape par étape.
INFO : Chers lecteurs, si vous souhaitez que je rĂ©alise une vidĂ©o de dĂ©monstration qui reprend l’ensemble de cet article, dites le moi en commentaire. Je rĂ©aliserai alors un surfaçage en exemple sur un chantier, que je posterai sur la chaine YouTube du magazine.
Qu’est ce qu’un ragrĂ©age et comment s’y prendre pour ne pas le rater ?
Le nivellement et la planéité.
Ci-dessus : Chantier de ragréage sur carrelage ancien existant. Crédit photo : S.USTUN.
Un ragrĂ©age est un mortier fluide, fin et souvent autonivelant qui permet de rĂ©aliser un surfaçage au droit des sols dans le but de les rendre plans et nivelĂ©s. Ce mortier fin et « liquide » permet de prĂ©parer les sols, qu’ils soient en bĂ©ton, en bois, ou tout autre type de matĂ©riau en les rendant propre Ă la pose d’un nouveau revĂŞtement.
Le ragrĂ©age est gĂ©nĂ©ralement utilisĂ© dans la rĂ©novation, mais Ă©galement dans le neuf pour obtenir une surface parfaitement plane, lisse et de niveau. Il s’applique aussi bien en intĂ©rieur, qu’en extĂ©rieur.
La grande particularitĂ© des ragrĂ©ages tient dans leur incroyable finesse, allant de 1 millimètre d’Ă©paisseur Ă 7 millimètres (moyenne) ou plus selon le nombre de passes successives (jusqu’Ă 30 millimètres selon les produits).
Ce mortier (car cela reste un mortier) est gĂ©nĂ©ralement conditionnĂ© en sac, sous forme d’une poudre extrĂŞmement fine, Ă l’instar du ciment.
Les avantages d’un mortier fin et les nĂ©cessitĂ© d’usage :
- Niveler : Récupérer des différences de niveau dans une même zone.
- Rendre plan : Rendre le support parfaitement plan pour faciliter la pose d’un nouveau revĂŞtement.
- Combler : Combler des manques partiels, des défauts ponctuels du support ou récupérer de la hauteur.
- PrĂ©parer : Adapter le support ancien ou neuf Ă la pose d’un revĂŞtement (carrelage, parquet, moquette, etc.)
Les différents types de ragréages :
- Ragréage courant : Mortier fin, plus ou moins fluide, pas nécessairement autolissant ou autonivelant.
- Ragréage autonivelant : Mortier fin et très fluide qui se nivèle automatiquement.
- Ragréage fibré : Mortier de préparation du support permettant de créer une natte solide sur des supports peu fiables.
- Mortiers intérieur, extérieurs ou polyvalents.
NOTA : Vous devez vĂ©rifier si le mortier est utilisable en intĂ©rieur et en extĂ©rieur (selon les cas) ainsi que la prĂ©sence d’un plancher chauffant le cas Ă©chĂ©ant. Attention aux classes de passage (circulation) de types P2, P3 ou P4 qui sont dĂ©finies par le classement UPEC. J’ai largement dĂ©veloppĂ© ce sujet est nous sommes ici au cĹ“ur du phĂ©nomène classĂ© par cette nomenclature :
- le « P » de résistance au poinçonnement.
Ne pas confondre ragréage et ravoirage
Au delĂ de 40 millimètres d’Ă©paisseur (soit 4 centimètres), il devient lĂ©gitime de recourir Ă un ravoirage plutĂ´t qu’Ă un ragrĂ©age. Certains mortiers de ravoirages permettent de « charger » sur de fortes Ă©paisseurs en une unique passe.
Lire mon article comparatif sur les mortiers de ragréages.
L’amalgame est souvent prĂ©sent dans les esprits lorsqu’on Ă©voque le ragrĂ©age. Il est vrai que les deux termes sont proches. Cependant, un ragrĂ©age ne doit pas ĂŞtre confondu avec le ravoirage. Pour faire simple, un ragrĂ©age c’est quelques millimètres de mortier, alors qu’un ravoirage c’est quelques centimètres de mortier.
Cependant, la confusion n’est pas totalement dĂ©pourvue de bon sens car les deux techniques se fondent sur le mĂŞme principe : Niveler les sols.
Dans le cadre du ravoirage, il est question de forte Ă©paisseur de mortier « maigre » car ce dernier permet de niveler, de sceller le carrelage, mais surtout d’enrober les divers flux : ElectricitĂ© et plomberie.
En outre, un ragrĂ©age peut ĂŞtre « ponctuel et localisé » alors qu’un ravoirage est gĂ©nĂ©ralement complet, sur toute la surface Ă traiter.
En d’autres termes, s’il est simplement question de niveler un sol ancien sans dĂ©passer quelques millimètres, le ravoirage n’est pas ce qu’il vous faut. Cependant, si vous dĂ©passez les 3 centimètres de charge en tout point, la question du ravoirage devient alors lĂ©gitime.
Je vous invite Ă lire mes articles sur ce sujet :
- Lire mon article sur la différence entre ragréage et ravoirage.
- Ravoirage, pose, épaisseur et prix.
Comment faire un ragréage ? Etape par étape
Pour comprendre comment faire un ragréage, il faut suivre ces quelques étapes simples et ne pas se presser.
Nettoyer les sols, quels que soient les supports, dĂ©limiter la zone de ragrĂ©age et prĂ©parer le terrain sont des Ă©tapes tout aussi importantes que l’application de l’auto nivelant en lui-mĂŞme.
Un ragrĂ©age est tellement fin, que cela n’a aucun sens si vous laissez subsister des gratons ou des reliquats de colle en surĂ©paisseur.
1 – PrĂ©parer les sols :
Ci-dessus : Avant la rĂ©alisation d’un ragrĂ©age sur une sol carrelĂ©. Nettoyage complet du support et aspiration de la poussière. CrĂ©dit photo : S.USTUN.
La prĂ©paration des sols est un Ă©tape au moins aussi importante que le ragrĂ©age lui-mĂŞme. Sur la photo ci-dessus, c’est relativement simple car le carrelage est dĂ©jĂ sain. En revanche, sur des supports plus chaotiques (chape maigre, gratons, rĂ©sidus de colle), cette Ă©tape peut s’avĂ©rer assez laborieuse.
Prenez votre courage à deux mains, un grattoir, une crochette ou un coupe cailloux, et faites en sorte de pas laisser de « gros » reliquats en surface.
Ensuite, l’idĂ©al reste tout de mĂŞme le passage de l’aspirateur. Je parle Ă©videmment d’un aspirateur tonneau et non pas un aspirateur domestique. Ces derniers peuvent ĂŞtre louĂ©s pour le temps du chantier.
Nettoyez tout, et aspirez tout ! Il en va de la tenue de votre mortier liquide. Je le répète, cette phase est TRES IMPORTANTE.
- Enlever les gratons : Utiliser un platoir coupant (voir ma photo plus bas).
- Curer les supports : Autant que faire se peut, de toute façon vous allez les niveler.
- Laver et aspirer : Ne laissez pas de poussière et de gras. Notamment sur les sols non poreux (fermés) comme la céramique.
2 – DĂ©limiter les zones & combler les trous :
Ci-dessus : Je rĂ©alise un ragrĂ©age très fin, presque pelliculaire, sur un ancien carrelage. Le faĂŻençage n’est pas dĂ» Ă un manque de matière mais au sĂ©chage plus rapide sur la cĂ©ramique que sur le joint. Chantier : S.USTUN / CrĂ©dit photo : S.USTUN.
Le ragrĂ©age est gĂ©nĂ©ralement très fluide. Il est le plus souvent autonivelant et liquide. Autrement dit, il va littĂ©ralement aller chercher le moindre interstice, le moindre « trou ». Si vous ne bouchez pas ces espaces vides, votre ragrĂ©age autonivelant va se faire un vĂ©ritable plaisir d’aller s’y engouffrer !
Croyez moi, ce n’est pas une vue de l’esprit !
Personnellement je protège tous les bas de murs (plinthes ou placo nu) avec un scotch de peintre jaune, facile Ă poser et Ă enlever. Ce scotch permet non seulement de protĂ©ger les pieds de murs mais surtout, il Ă©vite que le ragrĂ©age liquide n’aille se nicher sous les ossatures. Je vous invite Ă voir ma photo ci-dessus.
Il est également important de créer une limite physique au surfaçage du mortier, au droit des seuils de portes par exemple.
3 – RĂ©ussir le mĂ©lange :
Le mĂ©lange d’un mortier autonivelant est simple. C’est clairement inscrit sur le sac, mais ce n’est pas lĂ le problème. Le principal problème vient du malaxage. Je vois faire beaucoup de mes confrères sur les chantiers : Ils malaxent Ă haute vitesse !
Ce n’est pas une bonne pratique, et cela engendre un gros risque de « craquèlement » du ragrĂ©age. Une visseuse (ou une perceuse) Ă©quipĂ©e d’un malaxeur va atteindre des vitesses proches de 600 tours par minute. C’est beaucoup trop, et cela va dĂ©structurer le mĂ©lange.
Si vous disposez d’un malaxeur professionnel dĂ©diĂ©, alors le problème ne se pose pas (Ă la location par exemple).
Le maximum admissible pour un bon mĂ©lange est un malaxage lent, aux alentours de 300 tours par minutes. Et croyez moi, gâcher 25 kg de mortier liquide Ă 300 tours par minute c’est long.
Je reviens plus bas dans l’article sur ma mĂ©thode personnelle, je rentrerai dans le dĂ©tail de mise en Ĺ“uvre, rassurez vous.
4 – Les bons outils :
Comme pour toute chose dans le bâtiment, pour rĂ©aliser un bon travail il faut les bons outils. Dans notre cas, inutile d’aller chercher bien loin mais tout de mĂŞme, certains Ă©lĂ©ments ne sont pas nĂ©cessairement dans vos tiroirs. Et je pense plus particulièrement Ă la lisseuse flamande, littĂ©ralement l’outil indispensable pour ragrĂ©er.
La lisseuse flamande :
25 euros TTC en grande surface de bricolage.
Bannissez les lisseuse de moins de 50 centimètres, elles sont inutiles. Optez pour 50 centimètres et plus (60 c’est bien). Cette dernière va vous permettre d’accompagner le mortier liquide et d’aller le placer dans les angles.
Ci-dessus : Une lisseuse flamande standard de 60 centimètres permettant de ragréer confortablement. Crédit photo : S.USTUN / Pixel 9 PRO.
Le malaxeur :
8 euros TTC en grande surface de bricolage
Le malaxeur est un accessoire vraiment standard, et multi-usages. Il pourra vous servir pour tout autre type de mélange ou gâchage. Ce modèle est le plus courant et son prix est inférieur à 10 euros.
Ci-dessus : Malaxeur standard permettant de réaliser tout type de gâchage. Crédit photo : S.USTUN / Pixel 9 PRO.
Un seau lisse au fond plat de 30 litres :
10 euros TTC pièce.
Attention, lisez bien ceci.
Pour rĂ©aliser le mĂ©lange, il vous faut impĂ©rativement un grand seau (30 litres minimum), dont le fond et les parois sont LISSES. Dans le cas contraire, au bout de quelques gâchages, le mortier va s’agglomĂ©rer dans les Ă©ventuelles stries ou le fond du seau.
Ces résidus vont « vicier » votre mélange et le ragréage ne sera pas bon. Un sac de ragréage standard étant de 25 kg, un seau de 30 litres ne sera pas de trop.
Le scotch de peintre :
7 euros TTC le rouleau.
VoilĂ , c’est presque fini en terme d’outillage. Il ne manque plus que le scotch de peintre, le fameux scotch jaune. Ce dernier permet une protection rapide des pieds de murs (placo ou plinthes). Il est très facile Ă enlever une fois le ragrĂ©age effectuĂ© et n’accroche pas sur le placo (ou le plâtre).
En outre, il vous permettra de « boucher » les trous, les fentes, et tout ce qui pourrait laisser filer le mortier liquide.
Ci-dessus : L’inĂ©vitable scotch de masquage de peintre. Il permet de protĂ©ger et de boucher les Ă©ventuels trous ou fentes dans les supports. CrĂ©dit photo : S.USTUN / Pixel 9 PRO.
C’est fini en ce qui concerne l’outillage, il ne vous faut absolument rien d’autre si ce n’est le nĂ©cessaire de nettoyage, Ă©ponges pour les outils etc.
Passons maintenant aux aspects plus techniques de mise en œuvre.
Ne pas se presser, et s’y prendre Ă deux si possible
Etre deux Ă l’Ĺ“uvre pour rĂ©aliser un ragrĂ©age est prĂ©fĂ©rable.
La question n’est pas tant de savoir comment faire un ragrĂ©age, mais comment « bien » faire un ragrĂ©age. Hors, en Ă©tant seul, la tâche est rendue plus difficile.
J’ai souvent eu le problème (surtout en Ă©tĂ©) du lapse de temps qui sĂ©pare le mĂ©lange et le coulage.
En étant seul, une fois mon mélange lissé au sol, je devais interrompre le coulage pour réaliser le prochain mélange. Comme je malaxe le ragréage très lentement (300 tr/mn max), un fois ce dernier correctement gâché, ma première passe commence déjà à « tirer ».
Autrement dit, on voit les « raccords » et c’est potentiellement la cause de prĂ©sence de « cotes ». Les « cotes » sont les surĂ©paisseurs qui rĂ©sultent du raccord entre une première passe interrompue et la seconde.
Le fait d’ĂŞtre deux sur le chantier permet au premier de lisser, pendant que le second rĂ©alise le prochain gâchage. Par consĂ©quent, on peut couler « frais dans frais » et ne pas interrompre l’application du mortier.
Le résultat est non seulement meilleur, mais vous divisez très clairement le temps de coulage par deux.
A retenir : Pour ragrĂ©er une moyenne ou grande surface (au dessus de 12 m²), mieux vaut s’y mettre Ă deux.
Etape 1 : Le bon mélange pour réussir le bon ragréage
Le mĂ©lange est l’Ă©tape la plus importante pour obtenir un bon rĂ©sultat.
Cette Ă©tape est souvent nĂ©gligĂ©e surtout lorsqu’on dose « à la louche ». En aucun cas un mortier autonivelant ne doit ĂŞtre dosĂ© au doigt mouillĂ©. Il faut respecter le dosage en eau avec une certaine latitude pour obtenir un ragrĂ©age plus ou moins Ă©pais.
Car oui, comme tout type de mortier, vous pouvez « travailler » votre mélange, même les autonivelants.
- Sac de 25 kg : de 6 Ă 6.5 litres d’eau selon les mortiers.
- Temps de repos (dans le seau) : 2 Ă 3 minutes selon les produits.
- Temps de pose : 20 minutes sur la plupart des produits.
- Temps de prise : 20 minutes pour la plupart des mortiers.
- DĂ©lai d’attente avant circulation : 2 Ă 3 heures pour la plupart des produits.
- Délai avant recouvrement par un revêtement : de 3 à 24 heures selon les revêtements (carrelage, parquet, moquette, etc.).
- Consommation : 1.5 kilo par millimètre par m2 en moyenne = 1.5 kg/mm/m².
Vérifiez de temps à autre que votre seau ne contient pas un fond de mortier non dilué. Nettoyez le si nécessaire tous les 3 à 4 gâchages.
Mon conseil : Se garder deux ou trois bouteilles vides d’eau minĂ©rale sous la main. Cela permet d’obtenir un dosage prĂ©cis sans se poser de question.
NOTA : Un mĂ©langĂ© ne se rĂ©utilise pas. Si votre mortier a commencĂ© sa prise dans le seau, vous devez le jeter. Ces produits ne permettent pas l’ajout d’eau au malaxage en deux phases. Si vous interrompez le travail, s’en est fini de votre mĂ©lange. Pour savoir comment faire un ragrĂ©age il faut surtout comprendre que c’est un mortier, et qu’il « tire » comme tout mortier.
Etape 2 : Le malaxage du mortier
Je ne compte plus le nombre de m² que j’ai surfacĂ© dans ma carrière, alors je peux dire que ma mĂ©thode est bonne. Avant tout, prĂ©parez vous un espace de travail adaptĂ©, proche du point d’eau.
Les étapes pour réaliser un bon mélange
1 – DĂ©coupez un carton quelconque pour le mettre sous le seau, vous verrez qu’au bout du premier coulage le seau va « baver » du mortier liquide. Ne prenez aucun risque, protĂ©gez le sol au droit du seau (mĂŞme si vous avez un polyane prĂ©alablement posĂ©).
2 – PrĂ©parez vos bouteilles d’eau de dosage, remplissez le nombre de volumes nĂ©cessaire (gĂ©nĂ©ralement 6 litres). Une fois les 6 litres atteint, dans le seau, remplissez de nouveau vos bouteilles pour les prochaines passes.
3 – Votre seau Ă©tant dosĂ© en eau, dĂ©coupez le haut du sac de mortier de manière Ă faire un « bec » versoir. Gardez le sac fermement entre vos genoux (et oui quand on est seul !) puis utilisez le seau pour crĂ©er un point de dĂ©versoir (et soulager votre dos).
4 – Placez le malaxeur dans l’eau, et prĂ©parez votre « gâchette » pour malaxer. Avec une visseuse ou perceuse dont le nombre de tour est rĂ©glable, positionner la vitesse au strict minimum. Si nĂ©cessaire, adaptez la pression de votre doigt pour aller LE PLUS LENTEMENT POSSIBLE.
5 – Commencez Ă malaxer l’eau, « dans le vide », puis exercez des pressions avec vos genoux, le mortier doit se dĂ©verser lentement, et rĂ©gulièrement. Si vous versez tout dans le seau, votre mĂ©lange sera mauvais, et vous allez abimer votre malaxeur. Allez-y par paliers successifs.
6 – N’arrĂŞtez jamais le malaxage, lentement et allez chercher la pĂ©riphĂ©rie du seau, puis le centre, et enfin de haut en bas. Le but est de ne pas laisser de zones non malaxĂ©es, qui crĂ©eraient des « grumeaux ».
Laissez reposer le mélange
7 – Une fois le temps de malaxage prĂ©conisĂ© atteint (c’est indiquĂ© sur le sac de mortier), sortez votre malaxeur et positionnez le dans un seau quelconque rempli d’eau (pour Ă©viter que le mortier ne colle Ă ce dernier).
8 – Laisser tranquillement le mĂ©lange se poser, vous devriez voir des petites bulles d’air se produire. C’est le but recherchĂ©, l’air doit impĂ©rativement s’Ă©chapper.
9 – Une fois la surface du seau plein de « petites bulles », votre mĂ©lange est prĂŞt Ă ĂŞtre appliquĂ©.
Important : Nettoyez la lisseuse et le malaxeur à chaque nouvelle passe. Le mortier de ragréage colle vite aux outils et devient rapidement dur.
Etape 3 : L’application sur les sols
Vous avez fait le plus dur, votre (lourd) seau de mortier est prêt à être appliqué et nivelé. Car je le répète, même un autonivelant doit être accompagné par la lisseuse.
- Commencez par un angle de pièce, le plus éloigné de la porte de sortie.
- Versez une première « louche » de seau, en Ă©vitant d’en vider trop : Le mortier va rapidement s’Ă©taler et vous empĂŞcher d’aller lisser. Avancez par ajouts successifs et progressifs.
- Utilisez la lisseuse flamande pour bien « placer » le ragréage notamment dans les angles. Je le répète, même un autonivelant doit être « accompagné » par la lisseuse.
- Réalisez des grands gestes circulaires avec la lisseuse afin de trouver votre geste à vous, celui qui surface le mieux.
- Reculez progressivement, et ajoutez à nouveau du produit en raccord au droit de votre précédente passe, puis reculez, etc.
- N’hĂ©sitez pas à « accompagner » le produit, cela ne risque rien, c’est du mortier après tout !
- Vous pouvez « travailler » le mortier, le placer, le contraindre à atteindre des angles par exemple. La lisseuse est faite pour ça.
- Evitez de trop attendre entre deux applications sur une même passe. Vous risquez de voir les « cotes » se créer en surépaisseur.
- Laissez bien tirer, lassez la pièce bien aĂ©rĂ©e et mettez un balai en travers de la porte pour que personne n’entre dans la pièce.
Le ragréage fibré : Dans quel cas de figure ?
Parfois, il sera nĂ©cessaire d’avoir recours Ă un ragrĂ©age fibrĂ©. Cela dĂ©pend essentiellement de la nature du support :
- Platelage OSB ou CTBH = Dans tous les cas, utilisez du fibré sur des supports en aggloméré.
- Parquet bois massif = Nécessité obligatoirement du fibré.
- Tomette non collée (les anciennes tomettes étaient scellée sans colle).
- Forte fissuration du support en général.
Combien de sacs de ragréage : Calcul de consommation
Le calcul de consommation pour prĂ©voir le nombre de sacs de ragrĂ©age est d’une grande simplicitĂ©. Cette règle est valable pour la quasi totalitĂ© des marques : 1.5 Kilo x 1 millimètre x 1 m² .
Autrement dit, un sac de 25 kg vous permet de ragréer 8,5 m² environ, sur une épaisseur de 2 millimètres.
Je vous donne quelques exemples pour une chambre de 12 m² :
- Pour 2 mm d’Ă©paisseur : 36 kilos (1 sac et demi).
- Pour 3 mm d’Ă©paisseur : 54 kilos (environ 2 sacs).
- Pour 4 mm d’Ă©paisseur : 72 kilos (environ 3 sacs).
- Pour 5 mm d’Ă©paisseur : 90 kilos (un peu moins de 4 sacs).
- WEBER : Weberniv primo / 25 Kg / 17 euros TTC le sac (Leroy Merlin).
- PAREX LANKO : Lankosol / 25 kg / 34 euros TTC le sac (Chausson Matériaux).
- PRB : Autolissant P3 / 25 kg / 25 euros TTC le sac (Bricomarché).
Quand doit-on faire un ragréage ? Est-ce obligatoire ?
Il existe de nombreux cas de figure qui imposent de rĂ©aliser un ragrĂ©age. MĂŞme si rien ne l’oblige au sens strict, il est ici question de bon sens et de volontĂ© d’obtenir un rĂ©sultat sans appel.
Par consĂ©quent, les diffĂ©rents cas ci-dessous « obligent » Ă ragrĂ©er d’un point de vue technique et Ă©conomique (Ă©conomie de temps et de colle). Je vous propose de lister les cas les plus frĂ©quents.
Cas nécessitant un ragréage n° 1 :
En rĂ©novation, suite Ă la dĂ©pose d’un revĂŞtement de sol existant, le support est impactĂ©, irrĂ©gulier et prĂ©sente de nombreux reliquats de colle ou de « gros manques ». C’est un des cas les plus frĂ©quents.
Dans ce cette situation, inutile d’essayer de « tricher » ou combler Ă la colle, le rĂ©sultat sera pĂ©nible et non cohĂ©rent.
Ci-dessus : Sur un de mes chantiers, au premier Ă©tage d’une grande maison individuelle Ă Cassis. Après dĂ©pose du carrelage existant, les sols prĂ©sentent une forte irrĂ©gularitĂ©, de nombreux « manques », et des reliquats de colle important (Voir en bas Ă droite de la photo). CrĂ©dit photo : S.USTUN.
Ce cas de figure ne laisse aucun doute possible, un ragrĂ©age s’impose.
Cas nécessitant un ragréage n° 2 :
Ci-dessus : Sur ce chantier, vous noterez (Ă gauche) l’Ă©tat dĂ©sastreux des sols avant le ragrĂ©age. Il est plus que recommandĂ© de ragrĂ©er dans ce type de cas. Chantier : S.USTUN / CrĂ©dit photo : S.USTUN.
En cas de forte diffĂ©rences de niveaux et de planĂ©itĂ© sur un sol ancien, ou une dalle neuve mal surfacĂ©e. Dans l’ancien, il n’est pas rare d’avoir 1 Ă 2 centimètres de diffĂ©rence de niveau entre la porte du salon et la porte fenĂŞtre par exemple. Dans ce cas, si vous essayez de « tricher » Ă la colle vous faites une erreur d’apprĂ©ciation.
Un simple nivellement au mortier fin va vous rendre la tâche beaucoup plus facile.
Cas nécessitant un ragréage n° 3 :
En cas de rĂ©novation, suite Ă la pose d’un plancher en OSB ou CTBH par exemple, il faut impĂ©rativement rĂ©aliser un ragrĂ©age avant de poser un revĂŞtement cĂ©ramique (carrelage par exemple) ou un revĂŞtement souple (lino ou moquette).
Dans le cas contraire, vous risquez de voir vos carreau se fissurer (pour le carrelage) et le sol souple se « plisser » (pour le lino ou la moquette).
Cas nécessitant un ragréage n° 4 :
Dans le cadre de la pose d’un carrelage sur du carrelage existant, quand ce dernier est très inĂ©gal, il convient de rĂ©aliser un ragrĂ©age. Attention, ce n’est pas systĂ©matique. Dans de nombreux cas, si le support initial est « sain », il est tout Ă fait possible de coller le carrelage directement sur l’ancien sans aucune prĂ©paration.
Cependant, cela suppose que le prĂ©cĂ©dant carrelage est parfaitement plan, qu’il soit prĂ©alablement sondĂ© (les carreaux creux), et qu’il soit parfaitement dĂ©graissĂ©.
Dans tous les autres cas, rien de vaut un mortier fin de surfaçage.
Lire mon article : Coller du carrelage sur du carrelage.
Les pièges à éviter
Je vous propose mes conseils de pose afin d’Ă©viter les pièges les plus courants quand on rĂ©alise un ragrĂ©age. Ces quelques notions de base vous Ă©viterons bien des dĂ©boires !
Surtout en ce qui concerne l’autonivelant, qui demeure un produit technique simple Ă mettre en Ĺ“uvre, mais nĂ©cessitant les bons rĂ©flexes.
Malaxer trop vite :
Au risque de me rĂ©pĂ©ter, le malaxage est la phase qui va clairement dĂ©terminer si votre ragrĂ©age sera rĂ©ussi ou non. L’erreur la plus courante est de malaxer le mortier Ă trop grande vitesse. Si vous devez retenir une seule chose de cet article, c’est celle-ci.
En outre, respectez le temps de repos du mortier dans le seau après le malaxage (les petites bulles) et avant la pose. C’est très important.
Eviter les « gratons » et les coulures :
Ci-dessus : Lors d’une de mes inspections de chantier, vous remarquez la prĂ©sence de « gratons » ou « coulures » sur le ragrĂ©age sec. Il faut savoir que ces derniers sont extrĂŞmement solides.
Cela reste du mortier avant tout.
Le carreleur ou le solier va donc devoir « buriner » ces reliquats, et la prĂ©sence d’une menuiserie aluminium a proximitĂ© va gĂ©nĂ©rer un gros risque d’accident ! Je vous laisse imaginer un coup de burin mal placĂ©. CrĂ©dit photo : S.USTUN.
Combler tous les trous avant de ragréer :
Ci-dessus : Le ragrĂ©age autonivelant rĂ©alisĂ© au premier Ă©tage s’est infiltrĂ© dans le moindre trou. Les consĂ©quences sont clairement visibles, le mur du rez-de-chaussĂ©e est entièrement Ă reprendre. CrĂ©dit photo : S.USTUN
Ce n’est pas une vue de l’esprit, je vous le rappelle. Un mortier liquide fin va chercher absolument tous les « vides » et les fentes prĂ©sentes dans les supports. Soyez vigilants.
Le plus simple Ă©tant l’utilisation d’un scotch de masquage, comme je l’explique plus haut dans l’article.
Ne pas surcharger en produit
Une des erreurs les plus courantes lorsqu’on est pas Ă l’aise avec le ragrĂ©age est de vouloir surcharger. En effet, mĂŞme si un ragrĂ©age est censĂ© ĂŞtre auto-nivelant la plupart du temps, il est possible que certaines zones soient surchargĂ©es.
Cette diffĂ©rence d’Ă©paisseur n’est pas nĂ©cessairement très sensible lorsque le coulage se fait « en plein » mais vous risquez d’avoir des surprises si cette surĂ©paisseur se situe au droit des seuils de portes.
Dans ce cas, au moment de la pose du revêtement de sol, vous risquez de créer un désaffleurement des revêtements.
Soyez très vigilants sur ce point.
Le plancher chauffant :
Attention à ne pas ragréer sur un plancher chauffant sans vérifier que le produit est apte à cette destination. Tous les ragréages ne sont pas nécessairement élaborés pour être compatibles avec un chauffage au sol.
Reportez vous Ă la notice du produit.
Les marques de ragréages
- WEBER : Voir la page des mortiers fins.
- PAREX LANKO : Voir la page des mortiers de préparations des sols.
- PRB : Un mortier P3.
Questions et réponses (FAQ) :
- Q: Peut-on faire un ragréage sur un ragréage ?
- R : Oui évidemment, sous réserve que le premier ragréage soit suffisamment sec. Aucun souci dans ce cas.
- Q: Peut-on faire un ragréage sur un plancher bois ?
- R : Oui, mais ce dernier doit ĂŞtre stabilisĂ©. C’est le cas pour les platelages en OSB ou CTBH. C’est plus risquĂ© sur un vieux plancher bois qui craque. En revanche, sur un parquet bois type mosaĂŻque ou massif bien stable, cela ne pose aucun problème. Il faudra utiliser un ragrĂ©age fibrĂ©.
- Q: Est-il possible de faire un ragréage sur une dalle extérieure ?
- R: Oui sans aucun souci, la plupart des mortiers sont dorénavant aptes aux mises en œuvre en extérieur. Vérifiez simplement les indications sur le sac, et respectez les températures de mise en œuvre.
Conclusion
Si ce sujet vous intéresse et que vous êtes nombreux à me solliciter, je réaliserai une vidéo complète sur le sujet : Comment faire un ragréage avec les bons produits et dans de bonnes conditions. Je vous donnerai également ma méthode personnelle de préparation et de coulage. Une vidéo est parfois plus parlante que les mots.
Dites le moi simplement en commentaire et je serai heureux de mettre en images mes préconisations.
Merci pour vos lectures et bon chantier.
Serge USTUN.














